Chez Pénicaud, on pantoufle à 300 000 euros

Pénicaud

En ces temps socialement et politiquement troublés, l’affaire vaut son pesant d’or, c’est le cas de le dire : Claire Scotton, jusqu’à présent directrice de cabinet adjointe de Muriel Pénicaud, vient d’être recasée chez Orange, pour un salaire de 250 000 à 300 000 euros par an.

Une nomination qui, inévitablement, fait grincer bien des dents chez l’opérateur historique. 

Une nomination en dépit du bon droit ?

C’est un communiqué de presse de la CFE-CGC Orange qui a rendu publique la nomination, chez Orange, de Mme Scotton. Le syndicat n’y va pas par quatre chemins pour dire tout le mal qu’il pense de cette affaire. 

Il insiste d’abord sur les questions juridiques posées par cette nomination. Il rappelle qu’en application de « l’article 6-4-1 de la CCNT [la CCN des télécommunications, ndlr] », « le poste aurait dû être publié pour permettre à un collaborateur du groupe de candidater ». La CFE-CGC ironise à ce sujet, s’étonnant du fait que Claire Scotton, qui a beaucoup travaillé, chez Muriel Pénicaud, sur les Ordonnances Travail, s’accommode d’un tel manque de respect des accords collectifs. Reconnaissons que le paradoxe ne manque pas de piquant. 

Un profil jugé curieux

Outre ce problème, la CFE-CGC en souligne un second, potentiellement plus problématique du point de vue d’Orange. Reconnaissant que le « parcours de formation de Madame Scotton apparaît brillant » – elle est notamment normalienne et énarque – le syndicat s’interroge toutefois sur ses capacités à remplir la fonction qui lui a été assignée, « Directrice Groupe Stratégie Prospective et Solutions RH » – un intitulé qui, soit dit en passant, paraît quelque peu complexe. 

Haut fonctionnaire depuis le début de sa carrière – à la direction de la Sécurité sociale puis à la direction du Travail – Claire Scotton ne connaît rien au secteur privé et n’a aucune expérience à l’international et dans le domaine des nouvelles technologies. Partant de tous ces éléments, la CFE-CGC « s’interroge sur sa capacité à identifier les enjeux RH clefs pour notre groupe ». Si donc Mme Scotton n’a pas été recrutée par Orange pour son expérience professionnelle, pourquoi donc l’aurait-elle été ? Les mauvais esprits pourraient presque en venir à imaginer un recasage de complaisance organisé par Mme Pénicaud… 

La reconnaissance de Pénicaud

Quoi qu’il en soit de ces réflexions, on relève finalement que Mme Scotton n’a pas à se plaindre du traitement qui lui a été réservé. La CFE-CGC Orange estime en effet que sa rémunération annuelle devrait désormais évoluer entre 250 000 et 300 000 euros, soit trois fois plus que sa rémunération actuelle. Qu’on se le dise : Muriel Pénicaud sait récompenser ses bons serviteurs. 

Les « gilets jaunes » et, avec eux, tous ceux qui travaillent dur pour gagner à peine de quoi payer leurs factures et leurs impôts, seront soulagés de l’apprendre.

« Tous ces éléments apparaissent particulièrement choquants pour les personnels d’Orange, et maladroits dans la période actuelle, qui devrait imposer une rigueur accrue dans toutes les décisions de l’entreprise pouvant revêtir un caractère symbolique. » (CFE-CGC Orange)

2 commentaires sur Chez Pénicaud, on pantoufle à 300 000 euros

  1. HONTEUX !!! ARRETEZ DE NOUS INFORMER SUR CES SALAIRES INDECENTS ! CA ME REND VRAIMENT MALADE ET CA ME DONNE ENVIE DE VOMOR !!! CA ME CONFORTE DANS MON IDEE QUE TOUS LES POLITIQUES SONT POURRIS JUSQU’À LA MOELLE !!!!!!!!!

  2. Pour la place en question et vue la taille de l’entreprise, le salaire ne me défrise pas (au lieu de couiner comme un cochon que l’on étripe à propos des hauts salaires, il serait mieux séant de s’inquiéter de vérifier si les bas salaires sont suffisament hauts pour que les gens puissent en vivre dignement…), ce qui me met hors de moi, c’est non-seulement ce pantouflage (rappel : la direction d’orange vient aussi du poncktionnariat…), mais plus encore le fait que les intéressés continuent à voir leurs retraites et avancement dans la poncktion publique continuer d’évoluer ; et ce qui m’énerve au-delà de toute mesure, c’est qu’une fois que cette aimable esthète aura fait tout le mal possible là où elle va (parce que, forcément, sans rien connaître à l’entreprise, ses « décisions » vont coûter un bras), sa place dans l’administration sera restée toute chaude.

    UNE FIN **DOIT** ÊTRE MISE À CETTE PANTALONNADE AUX FRAIS DU CONTRIBUABLE D’URGENCE ET UNE BONNE FOIS POUR TOUTES !

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