Chic! le pouvoir reste entre les mains des mecs!

Avec l'élection de François de Rugy au perchoir, les hommes trustent le dernier poste d'influence susceptible de leur échapper. Nous voilà rassurés! On avait imaginé un moment qu'Emmanuel Macron tiendrait ses promesses de renouvellement des pratiques. Mais le pouvoir reste aux hommes et le groupe En Marche vote comme un seul d'entre eux. Ouf!

Un moment, on a vraiment eu peur! on a cru que les choses allaient changer... Pendant quelques semaines, l'angoisse de voir des femmes aux manettes, des parlementaires efficaces et inventifs, nous a étreint. Mais il n'aura pas fallu deux mois d'exercice du pouvoir pour que ces craintes soient dissipées et pour que les affaires reprennent comme avant. Et même mieux qu'avant. 

Les femmes écartées du pouvoir par les mecs

Première crainte dissipée: les femmes au pouvoir. 

Macron nous l'avait servie avant les élections: il imaginait nommer une femme Premier Ministre, ajoutant même qu'elle pourrait venir de la société civile. Certaines ne se sont plus senties pisser à ce moment-là, et Laurence Parisot, qui n'a décidément rien compris au renouvellement, s'était empressée d'envoyer son CV par communiqué de presse. 

On a soufflé quand le Macron nous a dégotté l'Édouard Philippe et ses airs de catholique des Yvelines. La France de toujours reprenait le dessus. 

En lisant la liste des conseillers ministériels, on a compris qu'un homme à Matignon n'était pas un choix contrarié, mais un vieux réflexe machiste. Aucun grand cabinet n'est dirigé par une femme, et les postes-clés sont tenus par les hommes: preuve est faite que l'intention était bien de laisser le pouvoir aux hommes. 

Restait un doute: la présidence de l'Assemblée Nationale, dernier poste-clé à attribuer, reviendrait-elle à une femme? Barbara Pompili, députée écologiste sortante, ralliée à En Marche, aurait pu faire l'affaire. Mais non! ouf! on lui a préféré François de Rugy, incarnation de la petite noblesse bretonne traditionnelle. 

Que de gens bien élevés, pétris d'obéissance et ennemis du conflit, pour diriger le pays! Eh les louloutes, vous pensiez quoi? qu'on allait tout vous donner? vous avez la moitié du gouvernement, de quoi vous plaignez-vous?

Les députés En Marche votent comme un seul homme!

Autre angoisse: un pouvoir législatif qui s'aviserait de jouer son rôle, avec des députés qui contrôleraient le gouvernement ou l'administration. Après tout, les inconnus qui arrivent à l'Assemblée Nationale pourraient se voir pousser des ailes. 

Mais non! ouf! François de Rugy, choix du monde ancien, a obtenu 343 voix, alors que le groupe En Marche compte 350 députés. Pas une voix n'a manqué!

On avait cru un instant qu'il y aurait des divergences ou du pluralisme. On sait maintenant que rien de tout cela n'arrivera. En fait, tout redevient comme avant: les députés obéissent, le pouvoir est tenu, et un seul parti dévoué à un seul homme tient la machine. 

Il faut que tout change pour que rien ne change. 

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