Chômage: le livre noir de François Hollande

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Article écrit pour le Figaro vox, sur le livre noir du chômage.

Encore une cérémonie du chômage et de ses chiffres, ce soir! L’homélie rituelle peut recommencer, avec la tension qu’on lui connaît, puisque François Hollande avait subordonné sa candidature à une amélioration des courbes. Si l’on en croit les rumeurs qui enflent dans Paris, les chiffres sont bons, puisque Hollande annoncerait sa candidature le 1er décembre et tiendrait son premier meeting de campagne le 10, à Paris, dans le 18è arrondissement.

Un vrai livre noir du chômage

Hollande pourra, de toute façon, tordre les statistiques dans tous les sens, et détourner l’attention avec toutes les confidences du monde auprès de tous les journalistes de la presse francophone qu’il voudra, le seul livre qu’il est légitime à écrire est le livre noir du chômage sous son quinquennat.

Rappelons que lorsqu’il arrive au pouvoir, la France compte un peu moins de 3,2 millions de demandeurs d’emploi en catégorie A. Elle en compte aujourd’hui près de 3,8 millions. Les cinq ans du quinquennat Hollande ont constitué un choc de 600.000 demandeurs d’emploi en plus. L’inversion de la courbe ne suffira jamais à faire oublier ce cataclysme.

Parlons, si l’on préfère, des chômeurs indemnisés. Durant le temps du quinquennat, ils sont passés de 2,3 millions à 2,8 millions. 500.000 personnes indemnisées en plus, alors que le nombre de mises en stage explose, dont le principal objet est de cacher le chômeur sous le tapis statistique.

Hollande, l’homme qui ne comprenait rien au chômage

Personne ne sera au demeurant surpris par la déroute française en matière de chômage. Pendant que tous nos voisins du Nord faisaient régresser le fléau dans leur pays, la France élisait un ancien haut fonctionnaire devenu professionnel de la politique à sa tête, un homme pour qui le chômage est un chapitre dans un manuel d’économie ingurgité avant le grand oral de l’ENA, entre le chapitre « politique monétaire » et le chapitre « politique énergétique ».

Quand on est dirigé par quelqu’un qui n’a jamais de sa vie recruté la moindre personne, sauf des fonctionnaires financés par l’impôt, on ne se surprend à contempler le désastre dans sa politique en matière d’emploi. Hollande fait en effet partie de cette caste d’énarques qui croient que ce sont les politiques publiques qui créent l’emploi, et qui peuvent tout en général.

Or, pour lutter contre le chômage, il faut un Président qui comprenne que les principaux acteurs de la bataille de l’emploi, ce sont les chefs d’entreprise qui recrutent, et non Pole Emploi ou les acteurs de la formation professionnelle.

Hollande ou le malthusianisme en matière d’emplois

De façon assez curieuse, et pour ainsi dire suicidaire, Hollande a donc, en 2013 lié son destin à une courbe du chômage qu’il a savamment fait monter par une série de tortures chinoises extrêmement raffinées.

Par exemple, François Hollande a concédé à la CFDT de multiples dispositifs bureaucratiques qui sont autant de tue-l’emploi et de trappes à chômage. Le compte pénibilité en est une superbe illustration. Il faudrait lui demander de le remplir chaque jour pour les collaborateurs de l’Elysée (coiffeur à 10.000 euros par mois compris) pour qu’il comprenne que cette invention est impraticable et participe des bonnes raisons que peut avoir une entreprise de quitter la France.

Par exemple, François Hollande n’a toujours pas réformé le mode du financement de notre sacro-sainte sécurité sociale, dont plus du tiers des ressources est apporté par les cotisations patronales. Nous sommes le seul pays industrialisé à pratiquer des charges patronales aussi élevées. Le message qui est envoyé de cette manière est simple: recruter, c’est une faute qu’il faut expier en payant une amende mensuelle massive.

On pourra faire toutes les baisses de charges, tous les crédits d’impôt que l’on voudra, le seul symbole demeure: qui recrute est en faute.

Bref, Hollande a, durant son quinquennat mis en place une doctrine malthusienne de l’emploi: moins on recrute, mieux on se porte. Et on s’étonne, dans ces conditions, que le pire survienne…

L’immobilisme en matière éducative est une bombe à retardement

Hollande ne s’est d’ailleurs pas contenté de sinistres son mandat. Il a organisé la défenestration économique de son successeur. Depuis 5 ans, en effet, Hollande pratique une politique totalement immobiliste en matière éducative, laissant éventuellement sa jeune ministre à la mine tirée à quatre épingles casser au collège ce qui pouvait encore marcher.

Les résultats à long terme de cette absence de politique se feront méchamment sentir: l’implosion éducative à laquelle nous assistons se traduit par une baisse cataclysmique du niveau des étudiants, qui complique singulièrement leur employabilité. Ce phénomène, bien sûr, échappe au statistiques, et c’est pour ça qu’il est très dangereux: il faudra des années pour l’enrayer. Et les jeunes peu formés qui sortent de l’université mettront toute une vie à rattraper leur retard.

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