Chronologie complète des attentats du 13 novembre

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Cette chronologie est établie selon les faits connus au 25 novembre, à 15h30.

2010, Belgique

Salah Abdeslam, l’ennemi public n°1 après les attentats de Paris, est incarcéré en Belgique pour des affaires de braquage. En prison, il rencontre Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le cerveau de ces attentats.

2010, France

Début de la radicalisation d’Ismaël Omar Mostefaï, l’un des assaillants du Bataclan, qui rentre dans le club fermé des “fiches S”. L’intéressé totalise cette année-là 8 condamnations sans aucune incarcération pour des faits de délinquance. Il est né à Courcouronnes, mais vit dans une zone pavillonnaire de Chartres. Il est en contact avec Abdelilah Ziyad, l’un des cerveaux d’un attentat qui a ensanglanté Marrakech en 1994. Cet émir, qui vivait clandestinement en France, a dirigé à Chartres un groupe radical d’une dizaine de personnes (dont Mostefaï), adepte des entraînements façon commando.

2012, Turquie

Installation d’Ismaël Omar Mostefaï en Turquie avec sa femme et son enfant de 2 ans.

Mars 2012, Toulouse

Attentat de Mohammed Merah contre des militaires puis contre une école juive. 

Juin 2012, Drancy

Samy Amimour (l’autre assaillant du Bataclan), machiniste à la RATP, démissionne et présente tous les signes de la radicalisation. 

Septembre 2012, Belgique

Début de la radicalisation d’Abaaoud, à sa sortie de la prison de Forest.

15 octobre 2012, Drancy

Arrestation et mise en examen de Samy Amimour pour “association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste”, comme deux autres jeunes. Ils sont soupçonnés d’avoir voulu rejoindre le Yemen pour faire le djihad. La justice les place sous contrôle judiciaire. 

Février 2013, Syrie

Abdelhamid Abaaoud part en Syrie avec six autres Belges. Il y reste plusieurs mois et s’y fait appeler Abou Omar al-Baljiki (le Belge). Il crée une page Facebook appelée “La katiba al-muhajireen” qui lui permet de correspondre avec ses connaissances belges.

Septembre 2013, Belgique

Abdelhamid Abaaoud revient en Belgique. Il est vu à Molenbeek avec un homme qui est ensuite parti en Syrie.

11 septembre 2013, France

Samy Amimour s’affranchit de son contrôle judiciaire et rejoint Raqqa, en passant par Marseille, puis l’Italie et la Turquie. Selon les services turcs, il franchit la frontière en même temps qu’Ismaël Omar Mostefaï.

Décembre 2013, Creutzwald

Hasna Ait Boulahcen, cousine d’Abaaoud, abandonne son emploi de gérante d’une entreprise de construction à Creutzwald, et revient en banlieue parisienne. 

20 janvier 2014, Cologne

Abdelhamid Abaaoud, qui est en contact avec Mehdi Nemmouche, auteur de l’attentat au musée juif de Bruxelles (24 mai 2014), est contrôlé à l’aéroport de Cologne, où il s’embarque pour Istanbul, avec son frère Younès (13 ans) qu’il vient “d’enlever” à la sortie de l’école, et un Malien (mort au combat depuis lors).

Mars 2014, Syrie

Abdelhamid Abaaoud apparaît dans une vidéo en Syrie, où il “tracte” des cadavres derrière une voiture. Il menace la France d’attentats massifs.

Avril 2014, France

Retour d’Ismaël Omar Mostefaï et de sa famille.

Printemps 2014

Les services de renseignement surveillent le groupe de Chartres auquel appartient Mostefaï. Mais cette surveillance s’arrête en janvier 2015. 

Août 2014, Belgique

Mandat d’arrêt belge et international contre Abaaoud.

Novembre 2014, Turquie

Les services de renseignement turcs informent les services secrets français de la présence concomitante de Mostefaï et d’Amimour en Syrie l’année précédente. Cette information ne déclenche aucun processus spécifique de surveillance de la part de la police française. 

Janvier 2015, Turquie

Brahim Abdeslam est arrêté à la frontière syrienne, en Turquie. Il est renvoyé en Belgique où il est arrêté par les services de renseignement belge, en compagnie de son frère Salah, aujourd’hui recherché activement. Le parquet les relâche finalement en arguant: “nous n’avions pas de preuve qu’ils participaient aux activités d’un groupe terroriste”. Ils ne font l’objet d’aucun signalement. 

15 janvier 2015, Belgique

Abdelhamid Abaaoud est probablement en Belgique lorsque la police belge déjoue un attentat en préparation dans un groupe installé à Verviers. Il quitte la Belgique à ce moment-là. Un attentat était programmé pour le 16 janvier. Le jour même, son troisième frère, Yassine Abaaoud, est libéré de la prison d’Audenaerde où il était détenu pour des faits de délinquance.

Février 2015, Belgique

Bilal Hadfi, étudiant à l’Institut Anneessens de Bruxelles (et kamikaze du stade de Seine-Saint-Denis), quitte la banlieue de Bruxelles pour la Syrie. Il revient probablement en juillet.

Février 2015, Pays-Bas

Salah Abdeslam est arrêté lors d’un contrôle routier. Il est en possession de cannabis. 

Mai 2015, USA

Un rapport de la CIA met la France et la Belgique en garde contre des attentats plus élaborés de Daesh. Le rapport attire l’attention sur la personnalité d’Abaaoud. 

Juillet 2015, Syrie

Les services de renseignement pensent reconnaître Younès Abaaoud, le plus jeune frère du cerveau des attentats, sur une vidéo le montrant en train de décapiter un officier syrien.

29 juillet 2015, Bruxelles

Le tribunal correctionnel condamne Abdelhamid Abaaoud par contumace à 20 ans de prison.

1 août 2015, Italie

Salah Abdeslam embarque le 1er août avec Ahmad Dahmani, djihadiste belge de 26 ans, à bord d’un ferry à Bari, un port du sud de l’Italie, à destination de Patras, en Grèce.

3 août 2015, Aulnay

Hasna Aït Boulahcen, cousine d’Abaaoud, affiche sur sa page Facebook un portrait d’Hayat Boumedienne armée d’une arbalète, la compagne d’Amedy Coulibaly, auteur de la prise d’otage de l’Hyper Cacher en janvier. Hasna écrit vouloir partir comme elle. Cette publication ne semble toutefois pas avoir alerté la police française, qui découvre l’existence de cette cousine après le signalement par les services marocains, le 14 ou le 15 novembre. 

4 août 2015, Grèce

Abdeslam et Dahmani sont contrôlés à Patras, en Grèce.

5 août 2015, Bari

Salah Abdeslam est contrôlé par la police italienne, de retour de Grèce. 

6 août 2015, Conegliano

Salah Abdeslam verbalisé par la police italienne à Conegliano, au nord de Venise.

11 août 2015, Paris

Reda Hame, djihadiste français, est interpellé à son retour de Syrie. Il reconnaît s’être entraîné pendant six jours à Raqqa.

Cette fois-ci, le nom d’Abdelhamid Abaaoud apparaît de façon explicite. Il est désigné comme le commanditaire qui aurait demandé à Reda Hame de passer par Prague, pour éviter d’être repéré, avant de frapper la France. Il aurait remis au jeune homme une clé USB contenant des logiciels de cryptage et 2 000 euros en lui demandant de viser une cible « facile », telle une « salle de concert », pour « faire un maximum de victimes ».

Interrogé durant sa garde à vue sur l’existence d’autres projets d’attaques, Reda Hame avait prévenu les enquêteurs : « Tout ce que je peux vous dire, c’est que cela va arriver très bientôt. Là-bas, c’était une vraie usine, et ils cherchent vraiment à frapper la France et l’Europe. »

Mi-août 2015, Molenbeek

La police fait une descente au bar tenu par Brahim Abdeslam à Molenbeek: les Béguines. Elle y découvre des preuves manifestes de consommation de drogue.

Septembre 2015, Autriche

Salah Abdeslam est contrôlé par la police autrichienne après qu’il a passé la frontière allemande. 

3 octobre 2015, Grèce

Deux des trois kamikazes qui meurent au stade de France sont enregistrés comme migrants et réfugiés syriens en Grèce.

10 octobre 2015, Agadir

Yassine Abaaoud, le frère d’Abdelhamid, est extradé par la police turque à Agadir. Il est détenu à la prison de Salé (près de Rabat), réputée pour ses conditions difficiles.

12 octobre 2015, Paris

Renouvellement de la fiche S d’Ismaël Omar Mostefaï.

5 novembre 2015, Molenbeek

La police ordonne la fermeture administrative du bar de Brahim Abdeslam pour « consommation de substances hallucinogènes prohibées ».

11 novembre, 19 heures, Ressons

Salah Abdeslam et Mohammed Abrini sont filmés à bord d’une Clio noire (finalement retrouvée dans le 18è arrondissement) en route pour Paris, dans la station essence de Ressons. Il pourrait s’agir d’un voyage de reconnaissance.

12 novembre

Salah Abdeslam réserve, avec sa carte de crédit, pour une semaine, deux chambres dans un appart-hôtel d’Alfortville (Val-de-Marne), la Polo noire ayant conduit le commando du Bataclan ainsi que la Clio retrouvée place Albert-Kahn, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. La somme totale dépasse 3.400 euros. 

12 novembre 2015, 20h, Bruxelles

Les frères Abdeslam sont à Molenbeek. Ils se disputent dans la rue.

Moi j’irai pas si j’ai pas l’argent!” Et l’autre il lui dit: “Non, tu vas y aller!” Il lui dit: “Moi si j’ai pas le pognon, je bouge pas. Sans pognon, j’y vais pas!” Et ça, ça s’est passé jeudi soir.”

Ce témoignage laisse penser qu’au moins un des deux frères Abdeslam commet les attentats en échange d’une promesse financière. Une telle motivation paraît peu compatible avec une logique de kamikaze.

13 novembre, matin, Paris

Le SAMU organise un exercice de préparation à une attaque terroriste multiple. “Le scénario d’une fusillade sur différents sites avait été testé par les équipes du Samu de Paris”.

13 novembre, Istanbul

La police turque procède à cinq arrestations. Les suspects sont soupçonnés d’avoir prévu de commettre un attentat majeur ce jour-là dans la capitale turque. L’un d’eux serait “Jihadi John”, le Britannique accusé d’être l’un des bourreaux de Daesh.

13 novembre, 19h30, Paris

Une Polo noire immatriculée en Belgique avec au moins deux hommes à son bord se gare rue de Crussol, près du Bataclan. Un témoin affirme qu’elle était occupée par les terroristes qui ont attaqué le Bataclan. Ils auraient attendu plus de deux heures dans leur voiture avant de passer à l’acte. “Je suis allé les voir pour leur dire qu’ils étaient mal garés. Ils n’ont pas ouvert la fenêtre et m’ont regardé méchamment. On aurait cru des morts-vivants, comme s’ils étaient drogués.”

13 novembre, 20h, Paris

Le frère d’Ismaël Omar Mostefaï, probablement stationné à cette heure-là rue de Crussol en attendant l’assaut du Bataclan, se rend au spectacle de Dieudonné, au théâtre de la Main d’Or. Il ajoute: “Je ne suis pas du tout antisémite. Je prône l’amour de son prochain. C’est juste pour me divertir.”

13 novembre, 21h20, stade de France

Une première explosion a lieu à Saint-Denis, à hauteur de la porte D. Un kamikaze vient de se suicider: Bilal Hadfi, un jeune (20 ans) de Molenbeek. Il a semble-t-il actionné sa ceinture d’explosif, composée de TATP (explosif artisanal) et de boulons. Il tue un passant: Manuel Colaco Dias, 63 ans, chauffeur d’autocar portugais, installé depuis quarante-cinq ans à Paris. Les circonstances de cette explosion sont encore mal connues.

13 novembre, 21h25, Paris

Une Seat Leon noire s’arrête à l’angle des rues Bichat et Allibert, près de l’hôpital Saint-Louis. Des tireurs en sortent et mitraillent les clients attablés au bar Le Carillon et au restaurant le Petit Cambodge. Certains affirment que l’un des tireurs a commencé par crier “Allah Akbar”. Une centaine de douilles est retrouvée sur place.

Des témoins affirment avoir vu deux tireurs, d’autres trois.

Les témoins indiquent que la voiture est ensuite repartie. Ils donnent toutefois peu de précisions sur la direction prise par les terroristes. Cette fusillade a fait 15 morts.

13 novembre, 21h30, stade de France

Un deuxième kamikaze se fait exploser à hauteur de la porte H du stade de France, avenue Rimet. Il ne fait pas de victime. Le terroriste n’est pas encore identifié.

13 novembre, 21h32, Paris

Une fusillade éclate rue de la Fontaine-au-Roi, d’abord à la terrasse du café la Bonne Bière, puis à la terrasse de la pizzeria Casa Nostra, à quelques centaines de mètres, des rues Bichat et Allibert. Selon un témoignage, un homme armé est arrivé seul, à pied, et a fait feu pendant une minute sur la terrasse du restaurant Casa Nostra, au coin de la rue de la Folie-Méricourt. Un autre témoignage soutient que c’est une Ford Focus noire qui s’est arrêtée à proximité.

La vidéo diffusée par le Daily Mail  ne montre qu’un tireur à la Casa Nostra.

Un médecin arrivé sur place donne ce curieux témoignage:

J’habite à quelques dizaines de mètre de la rue de la Fontaine au Roy. J’ai tout de suite reconnu le staccato des fusils d’assaut et sans perdre une minute je me suis précipité pour porter secours. La Casa Nostra n’avait pas encore été attaquée et 4 corps gisaient à la terrasse de la « Bonne Bière ». (…)

Que le temps a semblé long d’attendre l’arrivée des camions de sapeur ! 20 minutes c’est une éternité ! J’ai demandé d’urgence le renfort du médecin. Il n’y en avait pas. Le brigadier m’a dit que le SAMU arrivait. Alors j’ai demandé du matériel pour commencer le déchocage de la petite : pour la perfuser et l’intuber afin de la mettre sous assistance cardio-respiratoire. Il n’y avait rien ! Seulement de l’oxygène, des couvertures de survie et des garrots pour les membres. Même pas de morphine pour les blessés qui hurlaient de douleurs ! La petite a alors lâché et est partie entre mes mains… La fusillade à la Casa Nostra a commencé et il a fallu en catastrophe se replier à quatre pattes dans la brasserie en tirant les corps des morts et des blessés graves dans les éclats de verre et le sang comme des sacs de pommes de terre.

Ce témoignage (qui infirme la théorie d’une excellente préparation du SAMU à la séquence terroriste) laisse donc penser que vingt minutes au moins auraient pu séparer la fusillade de la Bonne Bière et celle de Casa Nostra, distants d’une cinquantaine de mètres à peine…

Un témoignage alternatif, donné par Paris Match, raconte ces circonstances curieuses:

On est passé faire quelques courses à la supérette qui se trouve le long du canal Saint Martin…En remontant vers le Faubourg du Temple, au niveau du Mac Donald, on a senti qu’on nous tirait dans le dos. On ne sait pas d’où ça venait, s’il y avait un ou plusieurs tireurs, c’était surréaliste. Je dirais qu’ils étaient à cinq mètres. Une ou des armes automatiques. Trente à cinquante coups de feu. (…)

Ca s’est passé au même moment qu’ils tiraient sur le Carillon et le petit Cambodge, rue Bichat, de l’autre côté du pâté de maison. On entendait les tirs au loin.

Si ce témoignage devait se confirmer, cela signifierait que les fusillades ont éclaté en même temps et sont le fait de deux équipes différentes.

Officiellement, cette fusillade qui donne lieu à des témoignages discordants, est le fait du commando en Seat noire, qui aurait comporté les deux frères Abdeslam et peut-être un troisième tireur (peut-être Abaaoud). Elle a fait cinq morts.

13 novembre, 21h36, Paris

La Seat noire met, selon le Procureur Molins, 4 minutes pour parcourir le chemin qui la sépare de la rue Fontaine-au-Roi et de la rue de Charonne, ce qui, un vendredi soir, paraît une véritable gageure difficile à concevoir (les habitués du quartier savent combien il est pénible d’assurer la traversée d’Oberkampf le vendredi soir…). Elle s’arrête devant la Belle Equipe, au 92. Assez curieusement, c’est la séquence qui a donné lieu au moins grand nombre de témoignages. Si les tirs se concentrent sur le bar La Belle Equipe (19 personnes y laissent la vie), il semble que toute la rue soit mitraillée, y compris le Palais de la Femme où des passants se sont réfugiés.

La voiture repart ensuite vers le boulevard Voltaire. Les policiers mettront un quart d’heure pour arriver sur les lieux, alors que le commissariat se situe à un jet de pierres des événements.

Selon certains témoins, la voiture ayant servi à conduire les tireurs n’était pas une Seat, mais une Mercedes. Ces témoins donnent une description différente des terroristes. 

13 novembre, 21h40, Paris

Manuel Valls, qui habite le 11è arrondissement, à proximité des faits, est exfiltré vers la place Beauvau par un convoi de six voitures.

Au même moment, Brahim Abdeslam se fait exploser au comptoir Voltaire, près de la place de la Nation. Il blesse une serveuse.

Au Bataclan, une prise d’otage commence. Elle est menée par Ismaël Omar Mostefaï, Samy Amimour, de Drancy, et un troisième terroriste non identifié. La tuerie fait l’objet de nombreux témoignages. Elle cause la mort immédiate de 89 personnes qui assistaient à un concert. L’assaut est donné à 0h20 par les forces de l’ordre.

13 novembre, 21h53, stade de France

Un troisième kamikaze se fait exploser au stade de France. Il s’est curieusement isolé dans une impasse, rue de la Cokerie. A côté de lui est retrouvé un passeport syrien au nom de Ahmad al-Mohammad, du nom d’un soldat de l’armée officielle mort plusieurs mois auparavant. Son identité n’est donc toujours pas confirmée.

13 novembre, 22h, Paris

Salah Abdeslam est probablement celui qui gare une Clio noire près de la porte de Clignancourt. Son frère est mort 20 minutes plus tôt boulevard Voltaire. Il appelle des amis bruxellois, Mohammed Amri, 27 ans, et Hamza Attou, 20 ans pour leur demander de l’exfiltrer en Belgique. Ceux-ci viennent le chercher en Golf.

Un peu plus tard, Salah Abdeslam semble repéré à Montrouge où il se serait débarrassé, rue Chopin, d’une ceinture d’explosifs.

La Clio est retrouvée mercredi, avec un papier sur lequel il est écrit “Roissy-Saint-Martin-République”.

Ce point précis de la chronologie pose en réalité problème, dans la mesure où Salah Abdeslam ne peut à la fois avoir conduit le commando du stade de France sur place comme l’indique la presse, avoir participé aux fusillades du centre de Paris et avoir amené la Clio porte de Clignancourt à 22h.

13 novembre, 22h14, Montreuil

Abbaoud est filmé au métro Croix-de-Chavaux. Selon toute vraisemblance, il vient de déposer dans une rue de Montreuil la Seat noire qui a servi aux attentats et dont il aurait été le conducteur. Les localisations de téléphone portable laissent à penser qu’il a tourné pendant 15 minutes dans le 11è arrondissement après les attentats avant d’abandonner la voiture. Il est attesté qu’il a manipulé une des Kalachnikov retrouvées dans la voiture. 

Il est probablement accompagné d’un homme qui serait le troisième tireur. 

La justice identifie son téléphone portable sur les lieux des fusillades, Bataclan compris, entre 22h30 et 0h30.

14 novembre, matin, Cambrai

Salah Abdeslam et ses deux compagnons de route sont contrôlés par la police française à Cambrai. Abdeslam, qui porte un gilet d’explosif, n’est pas encore signalé comme suspect dans les attentats. Il n’est pas arrêté. 

14 novembre, matin, Maroc

Yassine Abaaoud est tiré de sa prison de Salé pour un interrogatoire qui dure cinq jours. Selon toute vraisemblance, cet interrogatoire permet aux services français de localiser Abaaoud à Saint-Denis. Ce sont probablement les services marocains qui signalent aux services français le cas d’Hasna Ait Boulahcen, cousine d’Abdelhamid déjà mise sur écoute pour des affaires de stupéfiants.

14 novembre, Antalya

Arrestation du Belge Ahmad Dahmani à Antalya. L’homme vient d’arriver d’Amsterdam. Il est soupçonné d’avoir effectué des repérages à Paris, en préparation de l’attentat.

17 novembre, 21h30, Saint-Denis

Abaaoud, qui a besoin de costumes de rechange, est localisé à Saint-Denis par la police française. Sa cousine Hasna vient de le récupérer dans un entrepôt d’Aubervilliers en fin de journée, après lui avoir trouvé cette planque de Saint-Denis. 

18 novembre, 4h20, Saint-Denis

Début de l’assaut contre l’appartement occupé notamment par Hasna Aït Boulahcen et son cousin Abdelhamid Abaaoud. Les deux intéressés y laissent la vie, ainsi qu’un troisième homme, un kamikaze que la police n’a toujours pas identifié.

18 novembre, soirée, Aulnay-sous-Bois

L’appartement de la mère d’Hasna est “visité” par une dizaine de personnes venues dans des voitures immatriculées en Belgique. S’agit-il du frère d’Hasna, qui vit à Maasmechelen, près de la frontière hollandaise, et qui est donné comme parti en France après la mort de sa soeur? Les individus auraient “nettoyé” l’appartement avant la perquisition de la police, le jeudi après-midi.

19 novembre, soirée, Bruxelles

Abraimi Lazez, habitant de Jette (banlieue de Bruxelles) est arrêté à Laeken au volent de sa Citroën. Les policiers y retrouvent une arme chargée et du sang, dont l’origine est inconnue. Il est interrogé pendant deux jours avant d’être inculpé. Durant son interrogatoire, il reçoit un texto: “Le Juif n’est pas là”. Il nie avoir vu Salah Abdeslam depuis les attentats. Considéré comme un personnage-clé dans l’enquête, son frère vit en Syrie. 

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