CHU de Nice : le retour à l’équilibre financier ou la disparition

C’est une situation que ne connait que trop bien le CHU de Nice. Criblé de dettes, il est encore sous le coup d’un Contrat de retour à l’équilibre financier. Sauf que cette fois, ce dernier inclus des suppressions de postes et de lits, ce que contestent fermement les syndicats.

En 2007 déjà, le CHU de Nice affichait l’un des plus gros déficits de France : 37 millions d’euros puis 31 millions d’euros l’année suivante. En cause, des coûts trop élevés. De leur côté, les personnels dénonçaient des cadences infernales où il fallait travailler en flux tendu malgré un manque d’effectif criant. Dix ans après, la situation ne s’est toujours pas arrangée.

Entre 200 et 300 suppressions de postes avant la fermeture ?

Mardi 5 décembre, le comité technique d’entreprise devait présenter le contrat de retour à l’équilibre financier qui concernait le CHU de Nice. Mais la rencontre avec la CGT a tourné court puisque les représentants syndicaux ont claqué la porte quelques minutes après l’ouverture de la réunion. 

Pour Delphine Girard, la communication est rompue. « Ça fait un mois et demi qu’on demande un rendez-vous à la direction, il n’y a pas de dialogue social ! » De son côté, Stéphane Gauberti, secrétaire général CGT pour le CHU de Nice, « le plan proposé pour redresser le CHU est purement comptable et ne prend ni en compte les besoins de la population ni les conditions de travail des personnels qui se dégradent. C’est une casse programmée de l’hôpital ! Les économies de la direction, ce sont 200 lits et 200 postes supprimés, c’est-à-dire une diminution de la couverture sanitaire du département, diminution de la masse salariale. La direction propose aussi de vendre le site de Cimiez pour recentrer l’activité sur Pasteur et l’Archet. »

De son côté, Charles Guepratte, directeur général du CHU réaffirme que « l’effort collectif a porté ses fruits en 2017 » tout en expliquant que l’hôpital de Cimiez est « vétusteLes niçois méritent mieux. Aucune décision n’a été prise concernant des regroupements. Je ne sait pas encore si nous pourrions vendre Cimiez. L’idée est plutôt de moderniser Cimiez. »

146 millions d’euros à trouver !

Pour les syndicats, la vente ou la fermeture du site de Cimiez est impensable surtout si l’on prend en compte la volonté du CHU de Nice de redorer son image et de retrouver les premières places françaises aux classements annuels. Au contraire, ces derniers penchent pour une modernisation et la création de nouveaux services comme un service mère-enfant. En somme, en investissant, c’est de l’activité qui est créée et donc des rentrées supplémentaires d’argent. Seulement, on peut déplorer la vision court-termiste des syndicats et leur manque d’expertise concernant la gestion d’un CHU. 

Ainsi, l’Igas rendait en mai dernier un rapport qui chiffrait à 34 millions d’euros le déficit du CHU de Nice, limitant les investissements à 20 millions d’euros annuels. Entre le désengagement de l’Etat et la construction du centre hospitalier Pasteur II, le déficit cumulé atteint même 146 millions d’euros. 

Alors que les syndicats parlent de « casse » et que la direction évoque une restructuration, nous sommes bien d’accord qu’à part une différence lexicale, des suppressions de postes sont nécessaires. La direction précise par ailleurs que ces dernières concerneront d’abord des non-compensations de départs à la retraite et les secteurs logistiques plutôt que médicaux. 

La direction du CHU précisait d’ailleurs que « le projet du Cref est borné par le national, le reste est à la main des pôles ».

Là est donc le vrai problème. L’Etat est en train de tuer l’hôpital et c’est le contribuable qui en paie les frais. Sous couverts de vouloir faire des économies à tout prix, l’Etat opère des changements à la tronçonneuse et laisse les résultats aux centres hospitaliers qui doivent s’en sortir. Au final, on en vient à rogner sur la santé des patients qui doivent payer plus cher des prestations de qualité moindre pour compenser ces déficits financiers.

Notre programme d’investissement ne repose pas du tout sur la vente de Cimiez. Pour le moment, il s’agit plutôt d’une réflexion médicale

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
La Fédération hospitalière de France alerte des dangers qui pèsent sur le secteur

Vendredi 8 décembre avait lieu la convention régionale de la Fédération hospitalière de France (FHF) dans les Hauts-de-France. L'occasion pour cette dernière...

Fermer