Collecte de sang : les médecins ne seront plus les seuls à être habilités

Le décret du 15 février publié au Journal Officiel prévoit que les infirmiers, sous réserves qu’ils contentent plusieurs exigences, puissent réaliser des collectes de sang. Une mesure bénéfique pour les donneurs mais qui pourrait faire grincer des dents les professionnels de santé.

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En France, les évènements autour du don du sang tendent à se multiplier du fait que les réserves de sang disponibles sont très basses. L’établissement français du sang estime qu’environ « un million de malades sont soignés chaque année grâce au don du sang et que 10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour » pour couvrir les besoins. 

Seulement, ces chiffres sont en augmentation alors que la durée de vie des plaquettes prélevées n’est que de cinq jours, 42 jours pour les globules rouges et 365 jours pour le plasma. Pour contrer ce phénomène et augmenter le nombre de collectes possibles, le gouvernement a pris la décision d’accroître le nombre de personnes habilitées à réaliser des prélèvements. Les médecins ne seraient plus les seuls personnels qualifiés. 

Collecte de sang : les infirmiers seront de la partie

Actuellement, seuls les médecins « titulaires du diplôme d’études spécialisées complémentaires d’hémobiologie-transfusion, de la capacité en technologie transfusionnelle, du diplôme universitaire de transfusion sanguine ou d’un diplôme de médecine du don figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de la santé » sont habilités à réaliser des prélèvements sanguins. 

Mais le décret du 15 février 2019 prévoit qu’en « l’absence d’un médecin sur le site de collecte », ce soient des infirmiers qui réalisent le processus. Ces derniers doivent cependant justifier de deux ans d’expérience dans la « collecte, l’encadrement ou la coordination de soins. » Ils ont aussi l’obligation de se soumettre à « une formation spécifique relative à la surveillance du déroulement du prélèvement ». Enfin, lors de prélèvement, les infirmiers devront toujours avoir un moyen de communiquer immédiatement avec « un médecin titulaire des diplômes mentionnés précédemment ». 

Si cette nouvelle mesure a pour but de multiplier les collectes, elle pourrait ne pas faire l’unanimité du côté des médecins qui devraient déjà subir l’arrivée des infirmiers de pratiques-avancées. Surnommés les « super-infirmiers », ils pourront réaliser des consultations, pratiquer des examens, renouveler des ordonnances – le tout en semi-autonomie. 

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