La Commission boycotte une partie de la franc-maçonnerie française

Depuis le traité de Lisbonne, la Commission consulte les francs-maçons comme les responsables religieux. Mais le choix des obédiences montre un goût prononcé pour la maçonnerie athée et une étrange absence des "déistes". 

L'article 17 du Traité de Lisbonne prévoit un dialogue régulier avec les églises, les religions et les organisations philosophiques et non confessionnelles. C'est pourquoi le vice-président de la Commission Frans Timmermans (néerlandais) reçoit régulièrement des clercs et des représentants de mouvements maçonniques. 

Hier, cet ancien des services secrets néerlandais recevait des francs-maçons pour évoquer avec eux l'avenir de l'Europe. Et, surprise! il avait éliminé de sa liste tous les francs-maçons français qui acceptent l'existence d'un grand architecte de l'univers. Seules étaient présentes les obédiences françaises athées, sauf Marie-Thérèse BESSON, présidente de l'institut maçonnique européen, grande maîtresse de la Grande loge féminine de France. 

On s'étonnera de cet ostracisme sans raison apparente... ou connue. 

Le contexte de cette rencontre

Selon la Commission, la réunion de haut niveau avec des représentants d'organisations philosophiques et non confessionnelles qui s'est tenue aujourd'hui est la huitième d'une série de réunions qui a été lancée par la Commission en 2009, lorsque le dialogue avec les églises, les religions et les organisations philosophiques et non confessionnelles a été inscrit dans le traité de Lisbonne (article 17 du TFUE). Le dialogue relève de la compétence du premier vice-président Timmermans.

La Commission tiendra sa réunion annuelle avec les responsables religieux le 7 novembre 2017 et abordera le sujet de l'avenir de l'Europe.

Le 1er mars 2017, la Commission européenne a adopté un livre blanc sur l'avenir de l'Europe (IP/17/385). Ce livre blanc a pour but d'encourager le débat sur la manière de faire en sorte que l'UE protège l'ensemble de ses citoyens, les défende et renforce leur autonomie. Il énonce les principaux défis et opportunités pour l'Europe au cours de la décennie à venir: l'incidence des nouvelles technologies, la mondialisation, les questions de sécurité et la montée du nationalisme. Il souligne la nécessité de profiter des évolutions récentes et de saisir les occasions qui se présentent. Le livre blanc énonce cinq scénarios possibles quant à la manière dont l'Union pourrait évoluer d'ici à 2025 en fonction de la réponse apportée par les États membres.

Le livre blanc marque le coup d'envoi d'un processus dans lequel les 27 États de l'UE décideront de l'avenir de leur Union. Pour encourager ce débat, la Commission, en collaboration avec le Parlement européen et les États membres intéressés, organisera une série de «débats sur l'avenir de l'Europe» dans les villes et les régions de toute l'Europe. La Commission a aussi contribué au débat avec une série de documents de réflexion sur cinq questions essentielles pour l'UE d'ici à 2025. Quatre documents de réflexion ont déjà été adoptés: sur le développement de la dimension sociale de l'Europe (26 avril), la maîtrise de la mondialisation (10 mai), l'approfondissement de l'Union économique et monétaire (31 mai) et l'avenir de la défense de l'Europe (7 juin). Un document de réflexion sur l'avenir des finances de l'UE est prévu pour adoption le 28 juin.

Le discours sur l'état de l'Union que prononcera le président Juncker en septembre 2017 reprendra et développera ces idées et de premières conclusions pourraient être tirées à l'occasion du Conseil européen de décembre 2017. Cela permettra de décider d'une ligne d'action à mettre en œuvre dans les temps pour les élections européennes de 2019.

Liste des participants à la rencontre avec Frans Timmermans

- Mme Marie-Thérèse BESSON, présidente de l'institut maçonnique européen, grande maîtresse de la Grande loge féminine de France

- Mme Martine CERF, secrétaire générale d'Égalité Laïcité Europe (EGALE)

- Mme Claudette CLAVEL, grand maître adjoint de l'Ordre maçonnique mixte international «le Droit humain»

- M. Andrezj DOMINICZAK, président de l'Association humaniste polonaise

- M. Giulio ERCOLESSI, président de la Fédération humaniste européenne

- M. Philippe FOUSSIER, premier grand maître adjoint du Grand Orient de France

- M. Manuel LÓPEZ ALVÁREZ, président de la fédération espagnole de l'Ordre maçonnique mixte international «le Droit humain»

- Mme Lone Ree MILKAER, présidente de la Société humaniste danoise

- M. Keith PORTEOUS WOOD, directeur exécutif de la National Secular Society

- M. Jean-Michel REYNAUD, président de la Contribution des obédiences maçonniques adogmatiques et libérales à la construction européenne (COMALACE)

- M. Claude WACHTELAER, président de l'Association européenne de la pensée libre (AEPL)

- M. Oscar de WANDEL, grand maître de la Grande loge de Belgique

- M. Frieder Otto WOLF, président du Humanistischer Verband Deutschlands (HVD)

6 commentaires sur La Commission boycotte une partie de la franc-maçonnerie française

  1. Il n’existe pas de maçonnerie athée. Il existe une maçonnerie déiste et disons une maçonnerie laïque. On peut trouver quelques personnes athées en maçonnerie laïque, mais elles restent très minoritaires.

  2. La maçonnerie chrétienne est minoritaire et très élitiste, je ne vois aucun problème à ce qu’elle ne soit pas consultée. Le grand architecte suivra les réunions depuis son nuage.
    Est-ce donc si dramatique, d’autant que les responsables religieux sont, eux, consultés ? Sans doute en faites-vous partie pour en être tant agacé.

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