Les conservateurs polonais face à l’élection de Trump

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Cet article sur les conservateurs polonais est initialement paru sur le site Hu-lala.org.

L’élection présidentielle américaine a été suivie de très près en Pologne, pays dont la position atlantiste est notoire. Si la victoire de Donald Trump semble ravir les ultraconservateurs au pouvoir, elle soulève de nombreuses inquiétudes concernant la Russie et les politiques de défense. Petit tour des réactions suscitées, de Jarosław Kaczyński à Lech Wałęsa.

La presse internationale n’a pu s’empêcher de faire le rapprochement entre l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis et l’arrivée au pouvoir il y a un an en Pologne du parti ultraconservateur Droit et Justice (PiS) –  deux exemples de la “vague populiste” qui déferle sur le monde occidental. Incontestablement, le chef du parti, Jarosław Kaczyński, partage des points communs avec le président-élu Donald Trump : tous deux ont fait campagne sur le rejet des migrants, critiquent vertement les médias et les élites et veulent instaurer des mesures protectionnistes.

Witold Waszczykowski, le ministre polonais des Affaires étrangères, s’est déclaré « plein d’espoir » : « Une grande partie des Américains a choisi le retour aux valeurs et à la tradition. (…) La voie de la permissivité est inacceptable pour un bon nombre d’Américains. Dans un monde globalisé, au moment où les Américains et les Européens moyens doivent prendre des décisions concernant leur vie, ils recherchent des leaders qui peuvent les y aider. ». Il estime qu’il s’agit là d’un avertissement pour l’Union européenne, dont « les politiques ont besoin d’une sérieuse correction ».

L’ancien président et dissident Lech Wałęsa, pourtant très critique à l’égard du PiS, s’est félicité sur Facebook d’avoir inspiré Donald Trump, qui lui aurait envoyé ses « salutations cordiales » : « Je suis heureux qu’il se souvienne de notre conversation en 2010 dans son club en Floride. Apparemment, il a pensé : “Si en Pologne un travailleur a renversé le communisme puis est devenu président, alors pourquoi un millionnaire ne pourrait pas être président de l’Amérique capitaliste ?Comme vous pouvez le voir, mon histoire a été pour lui une source d’inspiration pour agir. Comme vous le savez, je soutiens toujours des changements, aussi longtemps qu’ils mènent à bien ! (…) J’espère que nous allons bientôt nous rencontrer et parler sérieusement. »

Malgré ces messages de félicitations, l’élection de Donald Trump inquiète une partie des Polonais. Son « respect » pour Vladimir Poutine – le président russe lui rend bien, le qualifiant d’homme « remarquable » – est un premier point de désaccord, alors que les relations entre Varsovie et Moscou sont très tendues. Il y a moins de deux semaines, le gouvernement s’est alarmé du déploiement en mer Baltique de deux navires russes « capables de transporter des armes nucléaires », qualifié de « comportement agressif et irresponsable ».

Ces tensions ont conduit l’Otan à accepter de déployer, début 2017, 4 bataillons dans les États baltes et en Pologne. Les soldats stationnés en Pologne seront sous commandement américain. Une victoire pour les Polonais, obtenue en juillet lors du sommet de l’Organisation, à Varsovie. Les déclarations du candidat Donald Trump au sujet de l’interventionnisme américain, au même moment, avaient inquiété les Polonais : il avait assuré qu’en cas d’attaque des membres de l’Otan, il vérifierait avant d’impliquer les États-Unis qu’ils « ont bien respecté leurs obligations à leur égard ».

Donald Tusk, le président du Conseil Européen et ancien Premier ministre polonais, a choisi l’optimisme en estimant que Washington n’avait « tout simplement pas d’autre option » que d’intervenir en Europe : « Je ne crois pas qu’un pays aujourd’hui puisse prétendre à être grand en restant isolé ».

Andrzej Duda, le président polonais, a donc très vite rappelé, dès le résultat de l’élection connu,  que « pendant le sommet de l’Otan tenu cette année à Varsovie, les États-Unis ont décidé de renforcer leur présence militaire en Pologne, renforçant ainsi le flanc oriental de l’Alliance ». Et de conclure : « Nous espérons sincèrement que votre leadership ouvrira de nouvelles opportunités pour notre coopération fondée sur un engagement mutuel ».

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