Crise de l’hôpital : les médecins intérimaires ne veulent pas être les boucs émissaires !

Chapitre suivant dans le conflit qui oppose titulaires et remplaçants à l’hôpital. Ces derniers multiplient les actions fortes pour faire entendre leur voix. 

Dernièrement, nous vous informions du conflit qui fait rage à l’hôpital entre titulaires et intérimaires. Un conflit sur fonds de rémunérations largement différentes et qui bénéficieraient en priorité aux remplaçants. Mais ces dernières, regroupés en syndicats, refusent d’être les boucs émissaires de cette crise.

« Les médecins remplaçants ne peuvent accepter d’être traités de mercenaires… »

Mis en cause dans leurs pratiques et pour leurs rémunérations, les médecins intérimaires qui étaient regroupés en collectif, ont créé le SNMRH, le Syndicat National des Médecins Remplaçants en Hôpitaux le 28 mars dernier. Cette manoeuvre vise à avoir un poids plus conséquent dans les débats mais aussi et surtout à  » structurer et défendre le statut ainsi que les intérêts des médecins remplaçants dans les établissements publics de santé tout en améliorant l’offre de soins car les médecins remplaçants font partie intégrante du système sanitaire qui ne pourrait tenir sans leur intervention.« 

Le communiqué continue en revenant sur les émoluments que perçoivent les intérimaires. Des rémunérations justes au vu de leur pratique mais qui serait tout de même éloignée de ce qu’ils pourraient prétendre au regard de leur formation.

Nous vous rappelons aussi que la rémunération des médecins remplaçants (qui n’a pas été revalorisée depuis 15 ans) intègre les primes de précarité, les congés payés, l’indemnité de fin de mission à l’identique de n’importe quelle profession
intérimaire. Elle correspond à un taux horaire de 50 euros, ce qui n’est en rien exceptionnel pour des professions qui ont un diplôme universitaire de dix ans et plus.

Une vingtaine d’hôpitaux boycottés par les intérimaires

Le communiqué conclut en affirmant que le syndicat compte plus de 1 300 « adhérents et sympathisants ». Il appelle aussi à boycotter les intérimaires à boycotter les hôpitaux appliquant le décret 2017-1605 de novembre 2017 qui fixe les tarifs horaires des intérimaires à moins de 65€ de l’heure.

En réponse, l’Ordre des médecins a publié une lettre dans laquelle il fait part de sa crainte quant à la prise en charge des patients. Une crainte partagée par les intérimaires mais qui ne les fera pas reculer leur dans leur combat.
 

Par ailleurs, suite à notre dernier article sur le sujet, Anne Geffroy-Wernet a souhaité clarifier la situation.

Le SNPHARE n’est pas en guerre contre les intérimaires : il y a toujours eu et il y aura toujours des besoins de remplacements dans les hôpitaux ; mais ceux-ci auraient dû rester anecdotiques. Le SNPHARE est en guerre contre les pratiques actuelles de l’interim, notamment en matière de rémunération, qui effondre totalement l’attractivité de l’hôpital public. L’hôpital public, pour survivre, a besoin d’équipes stables et investies, rémunérées à leur juste valeur, mais aussi travaillant dans de bonnes conditions : c’est ainsi qu’il sera attractif.

Les médecins remplaçants ne peuvent accepter d’être traités de «mercenaires» et de «mafieux» ou d’être indexés sur le déficit des hôpitaux publics de France, lequel est structurel.

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