Dans la culture, la moitié des emplois se trouve en Ile-de-France

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L’INSEE vient de publier une étude sur les emplois dans la culture. Ceux-ci représentent près de 700.000 personnes en France, dont 500.000 salariés.

La culture : une activité capitale

Paris et l’Île-de-France occupent une place privilégiée en matière d’emploi dans les activités culturelles, notamment dans l’audiovisuel et le multimédia, les activités liées au patrimoine, l’édition écrite, les arts visuels et la publicité. Mais l’architecture, l’enseignement culturel et le spectacle vivant irriguent davantage les autres territoires de métropole et d’outre-mer. Les emplois de la culture représentent 3 % de ceux de l’ensemble de l’économie. Ils se caractérisent souvent par une multiplicité de postes occupés dans l’année. Le cumul des statuts de salarié et d’indépendant est également fréquent.

L’emploi culturel a crû fortement ces vingt dernières années

Quelles sont les activités économiques spécifiques à Paris et à sa couronne ? La finance ? La gestion des sièges sociaux ? La recherche et le développement ? En partie, mais surtout les activités culturelles qui, du patrimoine à l’audiovisuel ou à la publicité, sont particulièrement bien implantées dans la capitale et sa région. Les emplois de la culture sont globalement urbains, davantage présents dans les grandes villes que dans les petites. Ils sont plus franciliens que de province et plus développés à Paris que dans sa banlieue. La culture mobilise 691 000 emplois au 1er janvier 2013 selon le recensement de la population : 500 000 salariés et 191 000 non-salariés (figure 1). Les effectifs des professions culturelles ont beaucoup progressé ces vingt dernières années, avec une augmentation de moitié sur l’ensemble du territoire métropolitain [Gouyon et Patureau, 2014]. Cette croissance trouve peu d’équivalents dans le reste de l’économie, sauf dans les emplois à domicile ou l’informatique.

Patrimoine et audiovisuel à Paris

Les emplois principaux de salariés dans la culture sont pour 52 % implantés en Île-de-France : 29 % à Paris intra-muros et 23 % au-delà du périphérique selon les déclarations annuelles de données sociales de 2014 (figures 2 et 3). Les emplois salariés franciliens pèsent particulièrement dans l’audiovisuel et le multimédia, avec 72 % des emplois nationaux. Ce constat renvoie à l’histoire de la radio et de la télévision qui se sont développées près des lieux de pouvoir. La chaîne franco-allemande Arte est installée à Strasbourg. L’économie de l’édition audiovisuelle fait la part tout aussi belle à la région parisienne avec une unique entreprise provinciale importante : TeamTO, spécialisée dans les films d’animation et implantée à Bourg-les-Valence (Drôme). L’Île-de-France est également prééminente dans le domaine de l’édition de jeux électroniques, même si quelques gros établissements existent en province. L’économie du patrimoine est à peine moins implantée en Île-de-France avec des emplois, pour l’essentiel, parisiens. Ceci s’explique par la forte présence de monuments dans la capitale et par l’ancienneté de la politique culturelle française qui, de la royauté à la république, a longtemps privilégié Paris (bibliographie). Au sein de l’édition écrite, les éditeurs de livres sont avant tout franciliens, parisiens et même germanopratins. La réussite d’Actes Sud installée à Arles (Bouches-du-Rhône) constitue un des rares contre-exemples. L’édition de journaux est au contraire majoritairement provinciale avec les leaders de la presse quotidienne régionale : Ouest-France, Sud Ouest ou encore La Montagne. Mais, du Figaro à Le Monde et à L’Équipe, de grosses unités fonctionnent à Paris ou à proximité.

Les salariés du spectacle vivant, de l’enseignement culturel ou de l’architecture sont plus équitablement répartis dans l’ensemble du territoire national pour se rapprocher des populations. Loin derrière Paris, les zones d’emploi de Lyon et de Toulouse se distinguent, pour le spectacle vivant, grâce notamment à leur opéra, ainsi que pour l’architecture. Celles de Bordeaux, Marseille, Nantes, Lille, Rennes, Montpellier et Strasbourg accueillent également au moins 1 % de l’emploi salarié culturel français. Il en est de même de Roissy (Val-d’Oise) et de Saclay (Essonne) avec des spécialisations variées : spectacle vivant et publicité autour de Roissy, patrimoine grâce au domaine national de Versailles dans la zone d’emploi de Saclay.

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