D’abord le FAMAS, aujourd’hui les fusils de précision : et si l’armée française n’était plus équipée par de l’équipement français ?

La Direction Générale de l’Armement a lancé un appel d’offre pour remplacer le fusil de précision FRF2 fournit aux troupes françaises. Seulement, ce fusil fabriqué en France pourrait faire place à un fusil venant d’un autre pays. Au point que l’armée française soit de moins en moins équipée avec du made in France. 

Les différents corps de l’armée française seraient-ils en pleine restructuration ? Si l’on en croit le ministère de la Défense et la Direction générale de l’Armement, ce serait un grand oui. 

Nous vous informions déjà que la Marine nationale allait se doter de six nouveaux navires d’ici 2024. Mais elle ne serait pas la seule concernée par un renouvellement de ses équipements. La DGA a en effet lancé un appel d’offre pour fournir à l’armée de terre de nouveaux fusils de précision. 

La fin du FRF2

Pour les tireurs d’élite, l’armée française avait tendance à fournir, d’après un article de la DGA, un fusil FRF2, un fusil à répétition capable de faire mouche à 800m. Sa portée maximale est de prêt de 3 850m. Mais surtout, il est entré en service en 1986 et paraît de moins en moins adapté aux nouveaux combats.

Il commençait à devenir urgent d’adapter les équipements à ces nouvelles réalités. C’est dans ce cadre que la Directions Générale de l’Armement a lancé l’appel d’offre pour le remplacement de ces fusils.

Ce document précise que les entreprises devront se pencher sur la fabrication d’un fusil « semi-automatique », avec des optiques, des systèmes de soutien et des munitions. En effet, le fusil devra permettre de tirer des munitions de calibre 7,62x51mm de précision et perforante. Autrement dit, des munitions surnommées OTAN car compatibles avec les armements des pays membres de l’OTAN. 

A compter de l’obtention du contrat, l’entreprise sélectionnée aura alors 48 mois pour fournir les premiers fusils. Mais c’est justement ce choix de l’entreprise qui pose question.

Une armée française équipée avec tout sauf de l’armement français ?

On se souvient encore des remous qu’avait l’annonce du ministère de la Défense de remplacer le célèbre FAMAS, fusil d’assaut français produit à la manufacture de Saint-Etienne jusqu’en 1992, par le HK416, un fusil de conception allemande qui équipe déjà le GIGN, certains corps de police ou encore des unités d’élite de l’armée française. 

Avec cette décision de remplacer le FRF2, l’armée française s’expose au même type de critiques. En effet, plusieurs conditions que doivent remplir les entreprises interpellent. 

Par exemple, les candidats doivent déclarer un chiffre d’affaire annuel sur les trois derniers exercices qui soit supérieur ou au moins égal à 50 millions d’euros. Un critère qui semble inatteignables pour les armuriers français. Comme le précise le site opex360, l’armurier Verney-Carron, qui dispose de fusils s’inspirant de l’AR-10 Etats-Unien, ne réalise un chiffre d’affaire que de … 13,5 millions d’euros annuels. La seule solution serait de s’allier avec un autre constructeur.

Par ailleurs, l’appel d’offre précise que les pièces et composantes du fusil ne pourront être fabriquées ou employées par « un État tiers à l’union Européenne ou à l’espace Economique Européen relative à la limitation des droits de l’État à l’utilisation de ces produits, pièces détachées, composants et/ou sous-assemblages, pour les armées françaises, y compris à l’étranger ou en cas de conflit. »

Vous l’aurez compris, les armuriers français n’ont donc que très peu de chances de remporter l’appel d’offre. A l’inverse, l’allemand Heckler & Koch, qui fournit déjà les fusil HK416, fait office de grand favori. Rappelons par ailleurs que les munitions de calibre 7,62×51, qu’elles soient de précision ou perforantes, sont fabriquées en majeur parti par l’armurier allemand Metallwerk Elisenhütte GmbH. 

Autant d’éléments qui font penser que l’armée française sera de moins en moins équipée par la France…

1 commentaire sur D’abord le FAMAS, aujourd’hui les fusils de précision : et si l’armée française n’était plus équipée par de l’équipement français ?

  1. Pour le remplaçant du FAMAS Verney-carron était sur les rangs mais avec Israël Weapon Industry (qui lui a d’ailleurs fait un transfert de technologie) et son AR15 n’etait pas sorti de la phase prototype, aucun retour d’utilisation et encore moins moyen de tester l’arme, à part faire un achat a l’aveugle de 300 millions d’euros.

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