Déserts médicaux : l’UFML-S publie une carte des communes que les médecins doivent fuir

Opération coup de poing pour l’Union française pour une médecine libre-syndicat (UFML-S) qui publie une carte interactive des zones où les médecins ne doivent pas s’installer. Les déserts médicaux risquent-ils encore d’avoir de beaux jours devant eux ?

Les déserts médicaux risquent de mettre encore quelques temps avant de disparaître. Et ce, même si cette problématique fait partie d’un plan de santé annoncé en grandes pompes par Agnès Buzyn. Le 9 juillet dernier, la ministre de la Santé saluait les « avancées significatives » permit par son « plan anti-désert médicaux » de 2017.

Parmi les reformes prévues par ce plan, on note la création d’une prime mensuelle de 200€ pour les internes qui feraient un stage ambulatoire dans une zone peu fournie en médecins. De même, les médecins qui voudront ouvrir un deuxième cabinet verront leurs démarches allégées. Et ceux qui effectueront des consultations dans des zones peu fournies verront leurs honoraires recevoir un bonus.

Des positions locales fustigées par l’UFML-S

Mais ces mesures nationales doivent aussi être accompagnées de mesures plus locales. Et ces dernières ne sont pas toujours ni comprises, ni acceptées par les professionnels. 

Le 11 juillet dernier, l’Union française pour une médecine libre-syndicat (UFML-S) publiait sur son site une carte interactive des lieux « où ne pas s’installer« . Cette carte de France recense les communes qui font surgir des « situations ubuesques qui illustrent 30 ans d’erreurs politiques et qui ont conduit la France à se vider de ses médecins« . 

Ainsi, Calais est une commune à fuir car «  les élus installent des mages (coach) en maison médicale. Mathématiquement, la mairie préfèrera louer à deux charlatans qu’à un seul médecin. »

Vous pouvez vous y installer si vous aimez les baguettes magiques et travailler tous les jours avec des charlatans  qui recherchent  une crédibilité médicale en s’installant avec des vrais professionnels de santé.

UFML-S

Et les exemples ne manquent pas. Le syndicat note quatre problématiques majeures : des élus locaux qui « affichent leur mépris pour les étudiants en médecine et qui imposent une coercition à l’installation, les communes qui financent des maisons de santé où se trouvent des médecines parallèles, mages et guérisseurs ; les hôpitaux dans lesquels les médecins dénoncent les sous-effectifs et les conditions de travail et les communes ou circonscriptions pour lesquels les élus se sont engagés pour inclure les médecins dans les réseaux de soins.« 

La démarche aura-t-elle un impact ?

Le syndicat créé en 2017, termine en expliquant être « parfaitement conscients que lancer une carte des territoires dans lesquels nous déconseillons l’installation peut surprendre et choquer à l’heure des déserts médicaux et de leur généralisation, mais les erreurs commises et la violence faite à notre profession sont bien plus choquantes encore. »

Reste donc à savoir si cette mesure pourra réellement avoir un impact. Et la question trouve difficilement une réponse car si les louanges concernant la création de ce syndicat sont nombreux, il n’existe, pour l’heure, aucun chiffre officiel sur la représentativité de ce syndicat. Aucun pourcentage ou quelconque chiffre n’est présent dans les documents mis en ligne par l’UMFL-S.

Il faut remonter en 2013, quand l’UFML-S n’était pas encore officiellement constituée en syndicat, pour trouver un semblant de réponse. A cette époque, l’UFML-S présentait une carte montrant son implantation dans toute la France. Mais aucun chiffre pour donner sa représentativité dans la profession.

Pas sûr donc que cette initiative, même si elle revêt une symbolique forte, ne puisse avoir un vrai poids dans les débats. 

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