Pourquoi Donald Trump veut-il supprimer l’Obamacare ?

Article de Vincent Fromentin paru sur la Lettre de Galilée.

Comme promis, le premier décret présidentiel signé par Donald Trump a sonné la charge contre l’Obamacare afin de limiter « la charge financière sur le patient« . Il s’agissait d’une promesse de campagne : sur son site de campagne, on pouvait y lire « au premier jour de l’administration Trump, nous demanderons au Congrès de proposer immédiatement une abrogation complète de l’Obamacare. » Les mises en garde sur les dangers du retrait de cette réforme majeure de l’administration Obama n’ont pas manqué de fuser. Pourquoi Donald Trump veut-il signer la fin de l’Obamacare ? Décryptage.

 

Le bilan de l’Obamacare

L‘ObamaCare est l’appellation non-officielle de la loi sur la protection et l’accès aux soins médicaux abordables du patient (en anglais, « Patient Protection and Affordable Care Act« ), une loi de réforme de la santé, signée le 23 mars 2010 par le président sortant Barack Obama. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2014. Elle oblige tous les américains à s’affilier chaque année à une assurance santé, sous peine d’une amende (« ObamaCare Penalty« ). Ceux qui ne peuvent pas se permettre de souscrire une assurance peuvent bénéficier de l’aide du gouvernement. Une réforme profonde du système de santé qui était nécessaire : malgré une dépense de santé par habitant parmi les plus importantes au monde, selon l’OCDE, les Etats-Unis dépensent 17,7% de leur PIB pour la santé (8.508 $ par personne), on estime à 48 millions d’Américains (même si le chiffre est parfois contesté) sans couverture maladie et ainsi écartés du système de soins (sur 408 millions de citoyens).

La Lettre de Galilée

L’idée initiale est de réformer un système jugé inégalitaire (en anglais, on parle  souvent du « ‘broken’ U.S. healthcare system« ) : effectivement, jusqu’en octobre 2013, l’ancien système de santé avait exclu des millions de personnes non assurées à cause de leur revenu : soit elles étaient trop riches pour être éligibles aux subventions fédérales, soit pas assez pauvres pour être admissibles au Medicaid. Et l’Obamacare avait précisément pour but de résoudre ce problème : rendre les soins de santé obligatoires pour étendre la couverture aux plus pauvres, via le Medicaid, financée par l’État fédéral.

The Coverage Gap

Mais l’Obamacare, dès sa rédaction, a souffert de fortes tensions et oppositions entre Démocrates et Républicains. Selon The Economist, la réforme santé a souffert de cette bataille politique qui, à cause de l’accumulation de réglementations au cours du processus législatif (la loi au final fait plus de 1000 pages), a abouti à « enlaidir » le système (« an ugly patch on an ugly system« ) et entretenir un sentiment de confusion, compromettant ses chances de réussir et rendant son application sur le terrain assez aléatoire selon les états. En effet, les états du Sud, traditionnellement contrôlés par les républicains, ont refusé d’étendre Medicaid en vertu d’une décision de la Cour Suprême qui avait rendu son application optionnelle. Alors que l’expansion de Medicaid devait être nationale, cette décision de la Cour suprême de juin 2012 la rendait essentiellement facultative pour les États. Et malgré d’intenses campagnes de communication, de nombreux américains sont restés non-assurés.

print

1 commentaire sur Pourquoi Donald Trump veut-il supprimer l’Obamacare ?

  1. Vous confondez Medicaid et « Obamacare ». Ce ne sont vraiment pas les même programme. Cette article est vraiment vide. Vous n’évoquez même pas le point de la « precondition » qui faisait toute la force de ce programme pour la population.
    Les américains détestent payer des impôts. Le GOP tape sur ce clou depuis 50 ans. L’Obamacare prévoyait que les cotisations « patronales » et individuelles pour les plus riches allaient augmenter sous Clinton. Énormément d’électeurs financièrement à l’aise ont votés Trump simplement pour ne pas voir leurs impôts augmenter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Hey, salut toi le lecteur de Décider et Entreprendre.


Ça fait maintenant deux ans que D&E existe et continue de se développer. Et le tout, sans jamais avoir reçu de subvention. Alors depuis maintenant un mois, D&E a décidé et entrepris d'intégrer quelques publicités sur sa homepage, mais aussi au cœur de ses articles. Car D&E rémunère ses équipes.


Derrière D&E se cachent des journalistes, des développeurs informatiques, des responsables communications, mais aussi des éditorialistes de passage. Tout ce petit monde travaille d'arrache-pied pour ramener de l'information fraîche, des points de vues tranchés, mais argumentés et autres gaudrioles à l'un des seuls médias en ligne complètement indépendant, à la ligne éditoriale libre, mais aussi en plein développement.


Alors, voilà, aujourd'hui, cher lecteur, on te demande un petit geste de pas grand-chose. Non, range ton portefeuille (bien que l'on accepte aussi les dons). Non, on te demande juste de désactiver ton bloqueur de pub (Ad-Block, AdThwart, Webmail Ad blocker, etc) le temps de ta navigation sur notre site ou de mettre une exception de blocage qui concerne D&E.


Le simple fait d'afficher les pubs sur notre site nous permet de rémunérer nos « incroyables » équipes. Promis, les publicités ne sont pas invasives ni agressives. On peut même les cacher si on veut (avec la petite croix dessus).


Ça nous ferait vraiment plaisir et ça permettrait qu'on s’achète notre table de ping-pong continue à écrire librement, à titiller les puissances en place, mais aussi à proposer d'autres pistes de réflexion sur des sujets habituellement traités par les médias subventionnés.


Un petit geste pour toi, mais un grand pas pour Décider & Entreprendre.


Merci à toi, ô lecteur de D&E. Et bonne lecture.

Lire les articles précédents :
Négociation Unédic : vers une surtaxation des contrats courts ?

La seconde séance de "diagnostic" sur l'état de l'assurance chômage, qui s'est tenue mercredi dernier, a été l'occasion d'aborder la...

Fermer