Emmanuel Macron, défenseur de la liberté de la presse ou l’hypocrisie à son paroxysme

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Le président de la République est monté au créneau pour défendre le journal Le Point dont le dernier numéro déchaîne les passions. Seulement, son numéro apparaît peu crédible quand on repense à ses déclarations précédentes et ses actions contre la presse française. 

Les vidéos postées sur les réseaux sociaux sont plutôt éloquentes. La dernière une du journal Le Point a attisé la colère des pro-Erdogan. Elle annonce une enquête sur le président turc dont le titre est « Le Dictateur ». Ces derniers se sont réunis devant plusieurs kiosques de France pour retirer les affiches concernées. 

Emmanuel Macron et Françoise Nyssen répliquent

Les kiosquiers ont été fortement choqués par ces actes. L’un de ceux qui a vu des pro-Erdogan se réunir devant son kiosque explique s’être fait « interpeller par un passant lui demandant s’il n’avait pas honte d’afficher ça sur son kiosque ».

Ça râlait au café d’en face. Il a fallu que j’explique que nous, kiosquiers, n’avions ni écrit les articles ni choisi d’afficher la une du Point sur le kiosque.

De son côté, Emmanuel Macron, en voyage en Turquie, a réagi sur Twitter en indiquant que la « liberté de la presse n’avait pas de prix : sans elle, c’est la dictature.« 

Françoise Nyssen, ministre de la Culture, dont nous avons récemment relaté la position sur la liberté de la presse et d’opinion des français, a aussi réagi sur Twitter. 

Les pro-Erdogan ne sont pas restés silence bien longtemps. Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu décrit la réaction des partisans de Rcep Tayyip Erdogan comme étant « citoyenne et démocratique« . 

De l’hypocrisie du gouvernement sur la liberté de la presse

Emmanuel Macron et le gouvernement s’inquièterait-il vraiment de la liberté de la presse en France ? C’est effectivement ce qu’il sous-entend par ses déclarations sur les réseaux sociaux. Et encore plus lorsqu’il conclut en affirmant que « sans liberté de la presse, on s’offre à la dictature. » 

Pour rappel, Emmanuel Macron et son gouvernement ne sont pas avares de relectures et de coupes des interviews politiques. Ce sont toujours eux qui avaient, en février dernier, déplacé la salle de presse installée depuis 40 ans à l’intérieur de l’Elysée, dans une annexe. Officiellement, il s’agissait d’en augmenter la capacité. Seulement, la décision avait été prise « unilatéralement, sans concertation. » 

Avec le gouvernement Macron, on ne compte plus le nombre de fois où la presse a vu sa fonction être constamment attaquée. Mais comme nous le rappelions précédemment dans cet article, Françoise Nyssen, ministre de la Culture, n’est pas non plus étrangère à ce phénomène.

Le 22 mai dernier, elle était auditionnée dans le cadre d’un questions-réponses sur le projet de loi anti fake news. C’est alors qu’elle se faisait remarquer en justifiant le choix de créer une instance chargée de discerner, pour les français, les « bonnes informations » et les « fake news » en affirmant qu’ils ne sont pas capables de faire ce travail eux-mêmes. 

Désireux de mettre le gouvernement face à ses propres contradictions, nous nous inquiétions déjà du sort qui serait réservé aux médias alternatifs qui souhaiteraient soulever des problématiques différentes, pas forcément fausses, mais qui ne plairaient pas forcément à nos hommes et femmes politiques.

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