Equipement de l’armée française : pour les armuriers français, l’armée cède face aux lobbys

L’appel d’offres diffusé par la Direction Générale de l’Armement (DGA) exclue toute les entreprises qui ne présentent pas un chiffre d’affaires minimum de 50 millions d’euros sur les trois dernières années. De facto, ce sont tous les armuriers français qui sont exclus. Verney-Carron accuse le gouvernement de céder face aux lobbys étrangers et de délaisser les PME françaises.

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La nouvelle a fait grand bruit. Le 16 août dernier, la Direction Générale de l’Armement (DGA) lançait un appel d’offres pour le remplacement du fusil de précision FRF2 en dotation dans l’armée française. Les entreprises retenues devront fournir 2 600 nouveaux fusils avec des optiques, des systèmes de soutien mais aussi des munitions OTAN.

Seulement, pour pouvoir candidater, l’appel d’offre fait savoir que les entreprises doivent présenter de sérieuses garanties financières. Elles doivent avoir un chiffre d’affaires annuel sur les trois derniers exercices qui soit au moins égal à 50 millions d’euros. 

Les armuriers français s’érigent contre les lobbys

De fait, cette ultime mention exclue de facto tous les armuriers français. Du côté de Verney-Carron (Saint-Etienne), on accuse le coup sachant que la PME stéphanoise avait déjà été déboutée lorsqu’il était question de remplacer le fameux fusil d’assaut FAMAS. A l’époque, ce n’étaient plus 50 millions d’euros de CA qui étaient demandé mais 80 millions. La PME affiche en moyenne 13 millions d’euros annuels…

Au micro de France Bleu, Guillaume Verney-Carron, PDG de l’entreprise, s’interroge sur la licité de ces contrats et la volonté du gouvernement de vraiment promouvoir le « made in France ». Il explique avoir déjà alerté les services concernés sur ces appels d’offres. Il déclare que « les PME françaises auront du mal à répondre à ce type de marché. Pour autant, rien ne change. »

On a les moyens d’une PME industrielle de 90 salariés qui fait 13 millions d’euros. Et on est très loin des chiffres d’affaire de nos concurrents européens qui sont plutôt sur des bases de 200, 450 millions d’euros de chiffre d’affaire.

Guillaume Verney-Carron, PDG de Verney-Carron

Pour Guillaume Verney-Carron, les appels d’offres diffusés, plus particulièrement les clauses sur les garanties financières des entreprises candidates, résultent d’activités de lobbying. S’il trouve logique que le gouvernement face appel à des entreprises avec « Ides reins solides », il se désole aussi que l’armée française et plus particulièrement le gouvernement puissent céder face à l’appel des gros chèques présentés par des candidats étrangers, quitte à défavoriser les entreprises françaises.

Moi, je pense que de gros fabricants européens font probablement appel à des lobbyistes. Mais on peut tout trouver. De vraies sociétés de lobbying. Mais on pourrait aussi faire appel, comme ça se fait souvent dans le secteur de la sécurité, à d’anciens généraux à la retraite qui ont gardé un réseau et qui peuvent faire passer des informations. 

Guillaume Verney-Carron, PDG de Verney-Carron

D’après les premières rumeurs, ce serait l’allemand Heckler & Koch qui tiendrait la corde. L’armurier fournit déjà les fusils d’assaut HK416 qui ont remplacés les FAMAS. Par ailleurs, ce fusil équipe aussi le GIGN, le RAID, les commandos de Marine ou encore les commandos de parachutistes. Heckel & Kock propose d’ailleurs le HK417 pour remplacer le FRF2.

Mais Verney-Carron tient à rester dans la course. L’entreprise propose un fusil basé sur l’AR-10 américain : le VCD10. Seulement, les garanties financières nécessaires ne sont pas présentes. L’entreprise pourrait alors former un regroupement avec un ou plusieurs groupes afin de satisfaire aux exigences de l’appel d’offres. 

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