Face à la crise, un EPHAD à 20 millions d’euros reste vide !

Alors que la crise dans le milieu hospitalier et dans les EHPAD fait rage, le cas de l’EHPAD de Quévert, dans les Côtes-d’Armor interpelle ! Alors qu’il a coûté 20 millions d’euros et qu’il devait ouvrir en juin 2017, l’ouverture ne serait programmée que pour le 9 avril prochain. En attendant, sa non ouverture occasionne des frais conséquents et les locataires prévus continuent de s’entasser dans une structure trop petite !

Sortie de route

Au début des travaux en 2015, Didier Lechien, maire UDI de Dinan, annonçait que l’ouverture de la structure flambant neuve était prévue pour juin 2017. Mais force est de constater que dix mois après, les portes restent closes et les chambres désespérément vides. Un comble quand on connait la situation actuelle dans les EHPAD. 

A l’origine du retard : la publication d’une nouvelle norme comptable

La situation reste ubuesque mais surtout elle témoigne d’un manque évident dans l’anticipation des normes en vigueur pour ouvrir ce type d’établissement. A l’origine de la non ouverture de l’établissement, on retrouve la publication d’une nouvelle norme comptable qui a plombé le budget de l’EHPAD.

En clair, avant même son ouverture, la structure se retrouvait avec un déficit de 400 000 € ! Pour Arnaud Guyader, futur directeur de l’EHPAD, repousser l’ouverture était une évidence. 

Il valait mieux qu’on prenne un peu de temps pour rediscuter le plan de financement. On a préféré cela, plutôt que de se dire : “on y va, on rentre dans l’Ehpad », alors que tous nos résidents ne sont pas à la rue !

Arnaud Guyader, le futur directeur de l’Ehpad de Quévert

Les résidents continuent d’attendre et la facture grimpe !

Et pourtant, même si les grilles sont fermées, l’EHPAD coûte cher. Très cher même ! Car il faut payer le nettoyage mais aussi la vidéosurveillance. De même, les canalisations et le chauffage doivent être régulièrement mis en fonction pour être prêts lors de l’ouverture. Au final, la note serait officiellement de 4 000 € mensuels. Mais les syndicats annoncent que ce serait dix fois plus !

En plus d’un gaspillage important d’argent public, il se pourrait bien que les résidents supportent aussi le coût de cette mauvaise gestion. D’après Force Ouvrière, « dans le plan de financement initial, le forfait journalier des résidents devait être de 60 € par jour pour chaque résidant. Sauf qu’à ce prix-là, le déficit annuel de l’Ehpad serait compris entre 350.000 et 500.000 €. C’est pour cela que l’ouverture a été repoussée. Pour arriver à l’équilibre, il faudrait un forfait compris entre 62 et 65 € par jour. C’est presque 10 € de plus que ce que les gens paient actuellement dans l’Ehpad des Malorines, soit 300 € de plus par mois à la charge de chaque résidant. »

Vous l’aurez compris, ce sont les retraités qui risquent à nouveau de trinquer. En attendant, ils sont bien obligés de rester dans leur structure aux « Malorines ». Aucun problème pour Arnaud Guyauder qui assure « qu’ils s’y trouvent très bien ». 

Du côté des Malorines, EHPAD vieux de 40 ans où 120 retraités séjournent, le constat n’est pas partagé. Pour Roger Lepère, 92 ans, la situation devient intenable. 

On est deux dans la même chambre, on est l’un sur l’autre, y’a pas moyen ! Je n’ai pas une chambre pour moi, tandis que dans le nouvel Ehpad ça va changer.

Sinon, il paraîtrait que l’Etat souhaite s’occuper dignement de ses retraités. A voir…

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