Face aux risques sanitaires, la France restreint l’utilisation de la créosote

La polémique glyphosate à peine retombée que celle sur la créosote prenait le pas. Mais ce mardi 23 avril, la France prend de cours la Commission Européenne en limitant drastiquement les champs d’utilisation d’un autre produit cancérigène : la créosote

C’est peu dire que la Commission Européenne maîtrise parfaitement l’art du contre-pied. Alors que les représentants se réunissaient pour statuer sur le sort du glyphosate, l’UE autorisait dans le même temps l’utilisation de la créosote, « une substance cancérogène, très persistante, très bioaccumulable et toxique« . 

Cette substance est souvent utilisée pour traiter le bois contre les insectes et les champignons, mais aussi les bois utilisés pour allumer sa cheminée. Certains médicaments contiennent aussi de la créosote. Mais cette substance est particulièrement visible sur les poteaux électriques ou sur les traverses de chemins de fer : les gouttes noires qui coulent lors des fortes chaleurs sont de la créosote. 

Un premier pas venu de France

Seulement, comme nous le montrions en décembre 2017, le risque sanitaire lié à la créosote se faisait de plus en plus pressant (malgré les critiques sans fondements qui nous accusaient de colporter de fausses informations). La SNCF avait d’ailleurs été condamné pour « manquements graves » après le décès soudain de quatre employés. 

Dans le cadre d’une étude européenne, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a strictement restreint l’utilisation de la créosote au traitement des traverses de chemin de fer. 

Ces autorisations de mises sur le marché sont assorties de conditions d’usage strictes visant à éviter l’exposition des travailleurs et à limiter les risques pour l’environnement et s’accompagnent d’un plan de substitution qui sera mis en oeuvre par les opérateurs du réseau ferroviaire afin d’éliminer progressivement la créosote. 

Le Ministère de la Transition écologique a ensuite annoncé que plusieurs arrêtés seraient pris pour interdire complètement l’utilisation et l’importation de la créosote en France, quel que soit son usage, à la fin de l’autorisation temporaire de l’utilisation de la créosote.

Le gouvernement annonce par le biais de son communiqué qu’il « saisira la Commission européenne dans les prochains jours pour l’inviter, au regard des évaluations de risques par l’Anses, à généraliser ces dispositions au niveau européen« .

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
Tiers-payant intégral, prix des audioprothèses, scandale des médicaments: les dernières nouvelles de la santé

La ministre Buzyn a réaffirmé son intention de déployer le tiers-payant intégral en 2019, en recevant sur ce sujet un rapport de...

Fermer