Favoritisme, gestion hasardeuse et rémunérations qui explosent : le maire de Givors mis en cause

On sait profiter de la vie à la mairie de Givors. La Chambre régionale des comptes vient de publier un rapport terrible sur la commune qui vient confirmer les accusations qui accablaient l'ex-maire communiste Martial Passi.

Une expression bien connue dans le verbiage lyonnais est "de faire comme à Givors", c'est à dire acter en s'affranchissant des règles. Alors qu'elle est normalement plutôt réservée aux habitants de la capitale des Gones, la Chambre régionale des comptes a montré que le maire de la commune au sud de Lyon avait aussi une tendance à se montrer négligent vis-à-vis des règles en matière de finances publiques. 

Recrutements facilités, rémunérations au-dessus de la réglementation...

Difficile de trouver des points positifs quand on lit le rapport de la Chambre régionale des comptes tant les manquements se multiplient, de la tenue des conseils municipaux aux accusations de favoritisme et de recrutements très favorables voire carrément contraires aux textes de lois en vigueur. Ainsi, les points les plus importants du rapport concernent Martial Passi, l'ex-maire communiste de Givors. 

Dans le chapitre qui concerne son cabinet, la Chambre met en lumière que le nombre d'emplois de cabinet est limité à 2 collaborateurs maximum, or Martial Passi possédait, jusqu'en 2014, un cabinet pléthorique de 22 personnes sans directeur de cabinet. Mais les rémunérations perçus par les membres du cabinet interrogent aussi. Madame G. (voir encadré ci-contre) s'est vu accorder des rémunérations "non conformes à la réglementation." De même, Monsieur F. qui a occupé le poste de directeur général des services percevait une rémunération équivalente à un directeur territorial et non pas à celui d'un DGS pour une ville de 10 000 à 20 000 habitants. Autrement dit, le surplus de rémunération était de 65%, soit 73 021€ !

Une commune pas finie d'être inquiétée

Ainsi, les magistrats financiers ont commencé d'enquêter dès 2015 sur la commune. A l'époque, Martial Passi avait répondu que la situation entre 2008 et 2014 était "tout à fait normale". Seulement, le maire commence à être inquiété dès septembre 2017 où il était accusé d'avoir engagé sa soeur cadette, Muriel Goux (madame G.) comme directrice générales des services. Finalement, il décidait de démissionner le 12 septembre pour se consacrer à sa défense. Tout en affirmant que "si le jugement du 6 juillet dernier devait faire jurisprudence, il plongerait l'ensemble des maires de France dans une véritable insécurité juridique."

Le rapport précise tout de même qu'une madame G... exerçait à la fois les fonctions de directeur de cabinet et de chef de cabinet. Cependant, elle n'a jamais été détachée officiellement sur ce dernier poste contrairement à la réglementation applicable qui
interdit d’affecter directement un fonctionnaire en position statutaire d’activité sur un emploi de
cabinet.

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