Les français pris en otage par leurs policiers

Nicolas Sansu, le maire de Vierzon a fait la demande expresse d'effectifs supplémentaires pour le commissariat de Vierzon. De cette façon, il rejoint les syndicats de police qui demandent aussi des renforts. Pourtant, on constate aussi que Vierzon n'est pas la ville la plus criminogène de France. Loin de là...

La grogne date de mercredi 22 septembre. Une réunion sur la sécurité a eu lieu à la mairie, afin de créer un groupe ayant pour objectif de mieux cibler la délinquance pour la combattre plus efficacement.  

Une criminalité particulière à Vierzon

La ville a mis en place un Groupe Local de Traitement de la Délinquance. Ce nouvel outil opérationnel réunit plusieurs services et ciblera un problème spécifique. "Cela peut être une rue, une famille, des personnes." explique le procureur. Le but est de travailler au cas par cas. 

En 2017, 1342 faits de violence ont été recensés, soit 5% de baisse par rapport à l'année précédente. Par la même occasion, on compte aussi 830 atteintes aux biens et une recrudescence des vols à la roulotte et d'opportunité avec violence, commis par des mineurs. D'où la création du GLTD. Pour autant, ce nouvel outil n'apporte aucun effectif supplémentaire de police. Le ministère les juge déjà suffisants, "surtout avec les renforts de Bourges". Version très largement remise en question par les principaux intéressés. 

" Vierzon n'est pas Chicago mais une ville qui mérite qu'on se serre les coudes. "

Catherine Ferrier, préfète du Cher

" Si on demande des effectifs, ce n'est pas du luxe ! Les services d'investigation sont noyés. Sur les cinquante fonctionnaires opérationnels, il y a les malades et les stages. "

David Auroi, d'Unité SGP police FO 

Problème de moyens ou absence de motivation ?

Sans revenir sur les problèmes de moyens dont souffrent les forces policières en France, on peut questionner cette demande d'effectifs supplémentaires. Ne tournons pas autour du pot trop longtemps : Vierzon n'est pas la ville qui mériterait en premier des renforts. L'Observatoire national de la délinquance place le département du Cher loin derrière la Seine-Saint-Denis par exemple. Alors, est-ce plutôt une question de motivation ? Cet épisode rappelle celui de Castelsarrasin dans le Tarn-et-Garonne, où les policiers dénonçaient des journées éreintantes.

En clair, la question de la juste répartition des forces de police sur le territoire se pose encore, sachant que le sous-effectif et le manque de moyen touche aussi des zones où la délinquance est très forte. Ces nouvelles demandes semblent simplement montrer que les commissariats les plus revendicatifs, sont situés dans des zones peu criminogènes. 

" Il faudrait une enveloppe supplémentaire de 1,5 milliards d'euros, notamment sur l'insalubrité des commissariats, la rénovation de ceux-ci et le matériel inexistant avec l'entretien des véhicules. "

Fabien Vanhemelryck, syndicat alliance police nationale

Entre la police nationale, la gendarmerie nationale et les forces de sécurités, ce sont 16 384 postes qui ont été créés depuis 2013. 

Source : Inspection Générale des Finances

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