France : Le salafisme… Bientôt considéré comme une secte ? 4° partie…

Pour lutter contre le salafisme,  M. Bernard CAZEAU, présentait Lundi 9 juillet, le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur l’évolution de la menace terroriste après la chute de l’État islamique. Voici la 4° partie de notre synthèse. Lisez aussi : 1ère partie, 2° partie et 3° partie. 

63 propositions dont 10 « principales » ressortent des travaux parlementaires pour faire face à une menace « sournoise ». Ils notent que :

« La plupart des passages à l’acte sur le territoire français ont été commis par réseaux organisés à plus ou moins grande échelle. Les terroristes bénéficiant le plus souvent d’un appui logistique, à minima ».

Les services de renseignement ont bien précisé :

« Si tous les salafistes ne sont pas des terroristes, en revanche, peu de terroristes ne sont pas passés par le salafisme ».

La commission d’enquête sénatoriale souhaite inscrire le salafisme sur la liste des dérives sectaires de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

Sylvie Goy-Chavent souhaite que la Miviludes planche sur cette possible corrélation :

« On peut se poser des questions sur le lien entre un salafisme dur et des propos qui pourraient nuire à l’harmonie de la République (…) Il faudrait que la Miviludes voie si le salafisme fait partie des dérives sectaires ou non ? »

De même, la commission d’enquête souhaite un arsenal juridique destiné à lutter contre les troubles à l’ordre public provoqués par le salafisme comme l’interdiction du niqab dans l’espace public ou la fermeture des lieux de culte « incitant à la violence et la discrimination ». Elle invite les dignitaires de l’islam de France à mieux se structurer et à se financer de manière transparente, conformément aux vœux du chef de l’État qui souhaite un cadre et des règles.

Accès au fichier FSPRT pour les municipalités !

Les sénateurs préconisent la possibilité d’un accès au (FSPRT), « liste des individus inscrits au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste », pour les maires. Et même que ces soient conviés aux réunions des groupes d’évaluation départementaux (GED). Certains élus militent en outre pour la mise en place d’un pôle de lutte contre l’islam radical, à l’échelon communal.

Enfin, les sénateurs proposent des solutions, déjà maintes fois évoquées, en matière de lutte antiterroriste. Certaines figurent déjà dans le droit français, comme la possibilité de déchoir de sa nationalité un binational condamné pour terrorisme.

Pourrait-on interdire le salafisme en France ?© DR

Je vous propose ici un peu d’Histoire, elle nous ramène au 7° siècle, mâtinée de réflexions contemporaines, notamment de Majid Oukacha, essayiste et blogueur, auteur de “Il était une foi, l’islam…” et de Yara El-Khoury, dans les Clés du Moyen-Orient Ils tentent de nous éclairer sur ces questions…

 

« Bien que le Coran ait pour auteur légendaire un Dieu totalitaire à l’intelligence supérieure« , écrit Majid Oukacha, « la réalité du terrain que vivent les sociétés islamiques à travers le monde tend à démontrer que l’islam est une religion qui divise les Hommes plus qu’elle ne les fédère.« 

Il faut dire que dès le départ c’est compliqué… Comme dans toutes les familles on se bat pour l’héritage… En l’occurrence celui de Mahomet ! Tout commence en 632 à sa mort.

 

Comme le décrypte Yara El-Khoury. Dépourvu de descendance masculine, le Prophète n’a pas désigné son successeur… On suppute autour de sa disparition, lui attribuant des propos, des hâdiths au cours desquels il aurait manifesté une préférence pour l’un ou l’autre de ses proches, parmi lesquels deux candidats se détachent de par leur proximité avec le prophète : la querelle prend alors forme entre Ali Ben Abi Taleb et Abou Bakr. Elle donnera lieu au grand schisme de l’Islam, avec la constitution de deux factions antagonistes, les sunnites (du mot Sunna, la ligne de conduite de Mahomet) et les chiites (du mot Cha’ïa = fraction, parti, nom un peu péjoratif que leur donne les sunnites, qui se disent seuls orthodoxes).

 

Ali est le cousin du Prophète, ils ont grandi ensemble, car Mahomet, orphelin, avait été confié à la garde de son oncle Abi Taleb. Ali a épousé Fatima, une des filles que le Prophète a eues avec sa première épouse Khadija. Leur descendance pose les premiers jalons d’une dynastie prolifique, les Alides, dont se réclament de nos jours par exemple les souverains du Maroc et ceux de Jordanie.

Si le choix se portait sur Ali, la succession du Prophète s’engageait alors sur le mode héréditaire au sein des Ahl al-Bayt, c’est-à-dire la famille.

 

Abou, dit al-Siddiq, qui signifie le Juste. Compagnon de la première heure, est le père d’Aïcha, l’épouse préférée du Prophète. Entrée très jeune dans son harem, elle n’aura pas d’enfant, mais elle sera le réceptacle des versets du Coran qu’elle conservera dans sa mémoire prodigieuse.

 

Alors qu’Ali est réputé pour sa grande piété et sa sagesse, Abou Bakr, tout aussi pieux, est un meneur d’hommes et son autorité est grande sur la communauté. Si cette dernière devait le choisir, cela signifierait qu’elle s’engageait sur la voie de la cooptation à l’hérédité. Préférant le consensus aux liens du sang.

 

A suivre…

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