France : Le salafisme… Bientôt considéré comme une secte ?

Lundi 9 juillet, dans le but de lutter contre le salafisme, M. Bernard CAZEAU, (LREM), président de la commission d’enquête sur l’organisation et les moyens des services de l’État pour faire face à l’évolution de la menace terroriste après la chute de l’État islamique, et sa rapporteure, Mme Sylvie Goy-Chavent, (centriste), présentaient leurs conclusions à M. Bernard LARCHER, Président du Sénat.

Cette commission d’enquête était composée de :

 M. Bernard CAZEAU; Mme Sylvie Goy-Chavent, rapporteure ; Mme Esther Benbassa, M. Pierre Charon, Mme Hélène Conway-Mouret, MM. Marc-Philippe Daubresse, Alain Fouché, Jean-Noël Guérini, Rachid Temal, vice-présidents ; Mme Martine Berthet, M. Philippe Bonnecarrère, Mme Jacqueline Eustache-Brinio, M. Jacques Genest, Mme Marie-Pierre de la Gontrie, MM. Laurent Lafon, Jean-Yves Leconte, Antoine Lefèvre, Rachel Mazuir, Ladislas Poniatowski, André Reichardt, Hugues Saury.

Je vous propose une synthèse en 5 parties ? Voici la première…

Les travaux de la commission ont donc débuté le 6 mars 2018. Outre les 49 auditions, dont 23 confidentielles à huis clos, traitées par les parlementaires, ceux-ci s’appuient également sur le constat alarmant d’une note des renseignements français sur le Salafisme, établi fin mai 2018.

La note s’inquiète de la lecture de l’islam qui est faite par les imams des mosquées salafistes et dresse le bilan suivant… Largement repris dans le rapport des sénateurs.

Les salafistes de plus en plus nombreux !

De 5 000 individus en France en 2004, ils seraient aujourd’hui entre 30 000 et 50 000. La fourchette laisse sans voix ! (ndlr)

« Mais tous n’appartiennent pas au salafisme djihadiste. La plupart des salafistes français sont des « quiétistes » et sont opposés à la violence. La porosité entre les courants est une réalité avérée et l’on constate régulièrement des passages de la catégorie pacifique à l’autre ».

Conclut la note du Service central de renseignement territorial (SCRT).

J’en profite ici pour vous donner un peu d’éclaircissement sur les trois grandes tendances du salafisme. Telles que signées par la plume de Samir Amghar dans le magazine « Science-Humaine ».

1) Le salafisme quiétiste est convaincu que la seule solution aux problèmes des musulmans réside dans ce qu’il nomme al-tasfiyatu wal-tarbiyya, la purification et l’éducation : purifier la religion des « innovations » (interprétations) pour revenir à la religion transmise par le Prophète ; éduquer les musulmans à délaisser les mauvaises coutumes (politique ou révolutionnaire) ne faisant que les détourner du bon chemin.

Proche des autorités religieuses saoudiennes, cette tendance est ultra majoritaire en France. 

2) Le salafisme politique défend une vision militante et politique de l’islam, à la manière des Frères musulmans. La création de partis politiques, de syndicats et d’associations est défendue comme moyen pacifique d’accéder au pouvoir ou de faire pression sur celui-ci. Les thèmes politiques (intégration des musulmans en Occident, citoyenneté, politique américaine, conflit israélo-arabe…) s’accompagnent d’une vision très conservatrice de la société. Cette tendance est quasi inexistante en France.

3) Le salafisme révolutionnaire lui, prône le jihad dans sa dimension de lutte armée. Produit d’une scission avec l’idéologie des Frères musulmans, il a conservé de la doctrine « frériste » l’idée que les actions politiques et sociales doivent nécessairement s’inscrire dans une perspective islamique. Il marie à cette perspective une lecture littéraliste des textes coraniques à connotation politique, concernant le califat et le pouvoir, le tout tendant vers une action révolutionnaire.

Le discours et les actions sont radicaux et réfutent toute idée d’engagement et de collaboration dans les sociétés musulmanes ou occidentales. Hostiles à une action religieuse limitée à la prédication (da’wa), ces militants révolutionnaires placent le jihad au cœur de leur croyance et en font une obligation religieuse.

A suivre…

1 commentaire sur France : Le salafisme… Bientôt considéré comme une secte ?

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