France TV, l’INA, Radio France : la cour des comptes fusille le CE de l’audiovisuel public

Un prérapport de la cour des comptes qu’à pu consulter le JDD, épingle la gestion et les dépenses du comité interentreprises des grands groupes de l’audiovisuel public. Une fuite de bonne augure au moment des discussions sur la généralisation de la redevance télévisuelle. 

via GIPHY

L’audiovisuel aurait-il tendance à ne pas compter ses dépenses ? Par le biais d’un prérapport qu’a pu se procurer le JDD, la cour des comptes estime que le comité interentreprises lié au groupe France Télévisions, Radio France et à l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) serait très voire trop gourmand. 

Surnommé le CI ORTF, cette structure créée en 1974 gère les activités sociales et culturelles de près de 14 000 salariés. Malgré un budget de 20 millions d’euros, le document montre que la structure n’est gérée que par un trésorier et une secrétaire mais pas par un directeur général.

Une organisation défaillante

D’après le gendarme financier, 40% du budget partirait dans les dépenses de personnel. Le service compte 50 salariés permanents mais aussi 110 intermittents. La rémunération moyenne serait de 3 835€ mensuels. 

Par ailleurs, la cour des comptes fait savoir que le CE des groupes de l’audiovisuel français aurait la main leste sur les remboursements. Ainsi, les sages de la rue Cambon citent un ancien trésorier qui avait déclaré habiter dans le Var, tout en ayant un logement sur Paris. Il aurait reçu, entre 2010 et 2014, plus de 50 000€ pour ses frais de déplacement et d’hébergement.

De nombreux errements

Comme tous les grands CE, le « CI ORTF » dispose aussi d’un parc immobilier. En somme, les salariés du groupe peuvent profiter de 9 centres de vacances dont le château de Lalinde, situé en Dordogne, et qui s’étend sur 115 hectares. Mais là encore, la gestion défaillante se fait sentir.

En 2008, des travaux de rénovation et d’aménagement débutent. Ces derniers sont censés durer quatre ans, pour un budget de 3,5 millions d’euros. Le 31 décembre 2016, la note est de 5,8 millions d’euros ! Et ce, alors même qu’une « large partie de ce qui avait été prévu et budgété n’a pas été réalisée ».

L’exemple le plus notable est celui qui concerne la rénovation de la piscine. Le budget initial était de 250 000€. La facture finalement payée est de 993 000€ en raison de nombreuses malfaçons.

De même, la Cour des comptes mentionne aussi la médiathèque du comité interentreprises, une structure « déserté par les utilisateurs« . Le cout annuel de fonctionnement est de 200 000€ alors que les statistiques montrent que seulement 7 livres par jours sont empruntés. Ça fait cher la page…

Récemment, la question de la généralisation systématique de la redevance télévisuelle agitait le débat. En 2017, Matthieu Gallet, PDG de Radio France, annonçait vouloir qu’elle soit « universelle et automatique« , un souhait réaffirmé par Françoise Nyssen, ministre de la Culture. Ce rapport devrait donner quelques arguments aux opposants à cette mesure. 

2 commentaires sur France TV, l’INA, Radio France : la cour des comptes fusille le CE de l’audiovisuel public

  1. Quel homme(s) politique(s) aura(ont) le courage de lancer une campagne punitive contre une telle incurie.
    je paie beaucoup d’impôts mais pars pour çà!!! Si non à quoi sert la cours des comptes …
    j’en ai la nausée, c’est à croire que l’argent se gagne facilement. Le pire est qu’il doit bien y avoir une loi pour arrêter de tels abus. voilà une occasion d’organiser une belle manif devant l’assemblée

  2. Eh oui, on n’est jamais si bien servi, en l’occurrence sur un plateau d’argent, que par soi-même. On pourrait presque dire que c’est humain si ça n’était notre portefeuille qui morfle à tous les coups.

    Et si ça n’était que ça, mais c’est partout pareil, sauf que dans certains cas c’est beaucoup plus épineux/difficile/impossible de le dire/le faire remarquer/l’écrire noir sur blanc/le dénoncer, parce que, vous comprenez… nan, finalement, il n’y a rien à comprendre et strictement rien à excuser.

    Heureusement qu’il-y-a maintenant autre chose que la presse moribonde aux ordres et que ça se sait (Jupiler 1er va sans doute classer ça dans les fake news), et plus ça se sait, plus c’est insupportable pour l’Homme de la rue.
    Seulement, un jour, ledit Homme de la rue s’apercevra vraiment que les dés sont pipés et que les sang pour sang coupables et irresponsables sont toujours récompensés (on pense à une certaine super-promotion au sinistère de l’inculture très récemment) et, peut-être, décidera-t-il de (re)prendre sa vie en main et d’exercer sa responsabilité individuelle – ce jour-là, à défaut de taxi grassement payé par la ripoublik, il faudra vraisemblablement courir vite…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Lire les articles précédents :
Ille-et-Vilaine : le médium promettait de trouver le bonheur contre seulement 460 000€

La cour de cassation a, le 12 septembre, refusé de revenir sur les condamnations prononcées à l'encontre d'un prétendu médium...

Fermer