Gattaz bientôt récompensé par le gouvernement en échange d’un départ anticipé?

Le Canard Enchaîné vient de révéler que Pierre Gattaz envisageait l'achat d'un château à 11 millions € dans le sud de la France pour y passer une retraite paisible. Mais la nouvelle vie du président MEDEF risque bien de ne pas s'arrêter là.

La nouvelle n'est pas très rassurante pour les patrons: le président de la confédération d'employeurs la plus puissante prépare sa retraite au moment même où le gouvernement négocie le bout de gras sur une réforme en profondeur du Code du Travail. C'est évidemment la porte ouverte à toutes les tentations, et le pire est à craindre.

Gattaz parisotisé au sein du MEDEF?

Selon nos informations, ils sont nombreux, au coeur de la maison MEDEF, à craindre le coup fourré. Gattaz ne serait en effet plus le même et aurait trop bu le sirop de la notoriété pour désormais pouvoir s'en passer. Ah! les lambris de la République, les interviews dans la presse, les dîners dans les salons qui comptent de la capitale. Tout cela est si grisant!

Là où Gattaz avait fait profession de rompre avec la logique Parisot, les paillettes ont eu raison des réticences les mieux ancrées. 

Macron veut se passer de Gattaz

Le renard Macron aurait senti la bonne affaire. S'il juge le président du MEDEF trop incertain ou imprévisible, il a compris qu'il pouvait le circonvenir en lui offrant une retraite dorée aux frais de la République. 

Il se murmure donc que, d'ici à la fin de l'année, une nouvelle fracassante pourrait intervenir, comme une promotion de Gattaz dans la sphère de la francophonie. L'actuel président du MEDEF pourra y tester les bienfaits de la dépense publique somptuaire. 

Une succession précipitée à la tête du MEDEF

L'enjeu, pour Macron, se tient sur le fond. Le Président peut légitimement imaginer que le boomerang des ordonnances atteint progressivement le bout de sa course aller et qu'il devrait rapidement revenir dans la figure de ses initiateurs. Face à un très plausible scénario de crise et de rentrée chaude, une nouvelle étape de réformes sociales pourrait être annoncée, cette fois sans Muriel Pénicaud, grillée par ses affaires judiciaires... et sans Pierre Gattaz, jugé non fiable. 

Cette seconde étape viserait à redorer le blason "social" du gouvernement. 

Vers un patronat paternaliste

Pour mener à bien cette phase seconde, Macron préfèrerait un patron plus social. Henri de Castries lui aurait glissé l'idée de s'appuyer sur Jean-Dominique Sénard, président de Michelin, pour l'épauler dans ce "renouvellement". 

Celui-ci consisterait notamment à imposer l'actionnariat salarial, y compris dans les PME, et la représentation des salariés dans les conseils d'administration. Faire participer le travail au capital: une vieille idée gaullienne qui promet de beaux discours macroniens pour commémorer les bons souvenirs devant des journalistes subventionnés ébahis. 

On s'en régale par avance. 

Le calendrier du MEDEF bouleversé

Le comité des investitures devait se prononcer en octobre sur les candidatures à la présidence en 2018. Manifestement, l'ordre des choses sera changé et des élections anticipées (et pipées) devraient avoir lieu. 

Les services et l'industrie se sont d'ores et déjà mis d'accord sur la candidature du président de Michelon, Jean-Dominique Sénard. Voilà qui clôt au moins quelques candidatures périphériques comme celle de Bernard Spitz, président de la Fédération Française des Assurances, qui s'imaginait succéder à Gattaz. 

Reste à savoir si Roux de Bézieux maintiendra la sienne...

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