Le gouvernement face au déficit comme une poule face à un couteau

Le gouvernement a-t-il vraiment une stratégie face au déficit public? Ou improvise-t-il dans une forme de panique qui laisse songeur? Le discours de Gérald Darmanin aux États Généraux des comptes publics fait craindre le pire.  

Le gouvernement improvise-t-il joyeusement face à un déficit plus important que prévu, ou a-t-il une stratégie réfléchie? En écoutant le discours de Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, on commence à avoir quelques sueurs dans le dos. Parce qu'à part proposer des états généraux, qui débouchent sur des cahiers de doléance dont remonteraient des solutions futures, on voit mal quelles idées sont les siennes pour diminuer les dépenses publiques. Et si, tout simplement, il ne savait et était dépassé par la situation? et avec lui l'ensemble du gouvernement. 

Le Premier ministre l’a rappelé mardi : aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche ne seront sanctuarisés.

Cela veut dire que chaque ministère devra participer en cherchant partout les territoires d’efficience : ce n’est pas parce que nous embauchons des professeurs, ouvrons des classes pour pouvoir avoir des groupes de 12 élèves, qu’il n’y a pas ailleurs des pistes d’économie à trouver au sein de l’Education Nationale par exemple.

Etre un ministère prioritaire ne veut pas dire un ministère sans réforme.

L’Etat prendra donc sa part dans l’effort collectif, mais celui‐ci sera réparti sur l’ensemble des administrations publiques : les administrations de Sécurité Sociale et les collectivités territoriales devront contribuer à hauteur de leur poids respectif dans la dépense publique totale.

Il faut arrêter avec l’idée qu’il faut faire des économies en général mais jamais en particulier.

Nous ferons des réformes justes, corrigées et justes, adaptées à ce que chacun peut consentir et en veillant à préserver la solidarité nationale pour les plus fragiles d’entre nous.

A ceux qui seraient tentés de s’opposer au sérieux budgétaire choisissant la politique de l’Autruche ou la procrastination, nous disons que c’est l’immobilisme qui met à risque notre modèle social, notre bien commun le plus précieux.

(...)

Alors, par où commencer ? Nous avons regardé dans quels domaines nous dépensions comparativement plus que nos voisins. Eh bien le résultat est que la plupart des politiques publiques coûtent plus cher chez nous que chez les autres !

 Dans tous les domaines de l’action publique, les Français ont‐ils pour autant le sentiment que le service est mieux rendu ? Pas toujours. L’objectif est d’améliorer l’efficacité de ces politiques en termes concrets pour les usagers tout en parvenant à limiter leur coût.

Nous ne sommes pas des idéologues de la dépense publique, nous serons pragmatiques avec l’argent des Français !

(...)

Lorsque je suis arrivé à la tête de ce Ministère, on m’a tout de suite posé la question des suppressions de postes de fonctionnaires.

Je comprends que le sujet inquiète et il est certain qu’il faudra faire un effort de l’ordre de 120 000 postes dans la fonction publique, comme l’a annoncé le Président de la République.

Mais il faut prendre les choses dans le bon ordre.

Quel service public voulons‐nous ? Et en partant de là, discutons des moyens et des hommes et femmes pour les délivrer.

‐ L’Etat doit continuer de faire et mieux faire : grâce au numérique (une partie du plan d’investissements de 50 milliards y sera consacrée), à la simplification, à l’innovation ou encore à une véritable politique managériale.

‐ L’Etat doit aussi se remettre en question et s’assurer que toutes ses missions répondent toujours aux priorités de nos concitoyens. Les temps ont changé, les services publics du XXIème siècle ne peuvent être les mêmes qu’à l’après‐ guerre.

Avec une finalité : un Etat qui assumera mieux le cœur de ses compétences, un Etat qui sera meilleur sur l’essentiel. L’Etat doit être fort mais agile. L’Etat, c’est la modernité ; le conservatisme, c’est sa mort.

(...)

Nous allons lancer une consultation publique, déclinée dans les territoires, à laquelle chacun pourra participer : tous les citoyens, les agents publics, les entreprises, les élus, les associations.

Cela implique de mettre autour de la table l’ensemble des acteurs – Etat, opérateurs, collectivités –, dans un dialogue franc, parfois même contractuel (ce n’est pas un vilain mot !).

La transformation publique devra notamment être à l’ordre du jour de la grande conférence des territoires qui se tiendra à la fin de cette année.

Si nous y arrivons, les Français verront plus dans l’administration une alliée qu’une entrave ; les agents publics se sentiront reconsidérés et la transformation publique pourra contribuer, sur la durée, à une meilleure utilisation de la dépense publique.

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