Le gouvernement projette de tuer la production française de spiritueux

Après le tabac et les sodas, le gouvernement songerait à taxer plus durement les spiritueux français. Sous couvert du plan de prévention contre l'alcoolisme, c'est un bénéfice de 150 millions d'euros qui pourrait être fait. Problème : cette nouvelle taxe toucherait en particulier les vendeurs directs et les petits producteurs. 

De nouvelles campagnes de prévention voient sans cesse le jour pour éviter au français de trop " lever le coude ". Et elles semblent porter leurs fruits puisque la France n'occupe plus la première place des pays européens consommateurs d'alcool. Avec 15 litres consommés par personne par an, la France se place 3e. Ce sont les portugais qui sont champions, pays où 47,5% des habitants boivent plus d'une fois par semaine. 

Vous reprendrez bien un verre de taxes ?

Les petits producteurs risquent de se réveiller avec une sacrée gueule de bois fiscale. Dans son programme de lutte contre les produits les plus sucrés, l'ONU recommande d'augmenter les taxes sur ces derniers. Une idée que souhaite mettre en place Olivier Véran, député En Marche!.

Mais loin de ne vouloir s'arrêter qu'aux soft-drink, le gouvernement compte bien alourdir la fiscalité concernant les spiritueux de plus de 15 degrés. Une mesure qui ne concernerait ni la bière, ni le vin. Cette hausse devrait s'élever entre 10 et 15%, rapportant au passage quelques 150 millions d'euros aux caisses de l'Etat.  

Les différentes augmentations :

  • octobre 2017 : préparation de la hausse de 10% à 15%
  • décembre 2013 : +10% sur les rhums des départements d'Outre-Mer
  • décembre 2012 : entre +8% et +30% pour les bières , +10% pour l'energy drink
  • janvier 2012 : +12% (6% en octobre 2011 et 6% en janvier 2012) sur les sodas, jus de fruits et laits aromatisés

Une mesure pas si facile à mettre en oeuvre

Alors oui, cette mesure permettrait de lutter contre la consommation excessive et les problèmes de santé qui l'accompagnent. Parfait n'est-ce pas ? Seulement, plusieurs points viennent remettre en question la légitimité d'une telle mesure. Le premier concerne la consommation d'alcool en France qui diminue. Les usages quotidiens sont plus rares et les fréquences d'achats en recul. 

Le deuxième c'est que cette taxe, si elle est appliquée, a de grandes chances d'asphyxier les producteurs en vente directe et les petits distributeurs. Le gouvernement Sarkozy avait déjà largement modifié la fiscalité en 2012, avec des hausses de 17% (pour le pastis) à 45% (pour le whisky). La réaction a été terrible puisque les ventes ont chuté et les caisses de l'Etat ont été moins remplies que prévu (on parle d'un écart de 100 millions d'euros). 

De plus, c'est prendre le risque de tuer un marché qui fonctionne bien en France. Tous les spécialistes s'accordent à dire que le secteur se porte bien. Les exportations de vins ont augmenté de 13% à 4,0 milliards d'euros au cours des six premiers mois de l'année, tandis que celles de spiritueux ont progressé de 9% à 1,9 milliard, tirées par une hausse de 14% dans le cognac, selon les chiffres publiés par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS).

D'après le syndicat Coordination Rurale, "Cognac, Armagnac et les eaux-de-vie de fruits françaises sont des produits hauts de gamme qui n’interviennent pas ou peu dans les comportements dépendants ou abusifs : ce sont des produits chers qui sont consommés avec parcimonie. Taxer fortement ces productions impacterait très négativement les vendeurs directs et les petits négociants qui commercialisent leur production en France et représentent des entreprises fragiles. Les gros négociants, eux, ne contribueraient pas à cette taxe car ils exportent plus de 95 % de leur production. Il serait injuste qu’une mesure destinée à bénéficier à tous soit supportée uniquement par les plus faibles. "

Agnès Buzyn va prendre le temps de la réflexion

Pour le moment, la ministre de la Santé Agnès Buzyn ne se montre pas pressée de mettre en place la taxe sur les spiritueux et sur les sodas. Elle estime qu'imposer une nouvelle fois les sodas reviendrait tout simplement à "taxer les plus pauvres", et qu'il existe d'autres méthodes pour lutter contre les deux maux précédemment cités. Pour la ministre, l'urgence porte surtout sur la taxation du tabac car " depuis vingt ans, nous n'avons eu que de petites augmentations qui n'ont pas eu d'impact.

En tous cas, elle affirme que les prix des sodas et des alcools n'augmenteront pas simultanément. Un ouf de soulagement, mais pour combien de temps encore ?

En 2013 déjà, Sylvie Henon, présidente de la fédération française des spiritueux pointait du doigt " une fiscalité particulièrement violente et discriminatoire. Les spiritueux représentent 23% des volumes d'alcool pur vendus en France, mais 83% des taxes sur l'alcool. "

Source : le Figaro

1 commentaire sur Le gouvernement projette de tuer la production française de spiritueux

  1. tout ça pour financer ses soudards, ses sbires, ses spadassins, ses malandrins et autres gibiers de potence qui si il ne sont pas abreuvés de pièces sonnantes et trébuchantes vont se révolter (Tout par l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État)

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