Hamon est-il sous-estimé par les sondages d’opinion?

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Benoît Hamon est-il sous-estimé aujourd’hui par les sondages d’opinion (comme il l’avait été durant la campagne des primaires, d’ailleurs)? En comparant les résultats récents annoncés par la presse et les scores affichés par notre Predicto, la question mérite d’être posée.

Hamon bénéficie d’un capital de sympathie plus élevé que Fillon et Macron

Certes, Benoît Hamon suscite deux fois moins de réactions sur Twitter que François Fillon. Mais la sympathie qu’il suscite est de façon constante supérieure à celle de ces deux rivaux annoncés avec un meilleur score que lui au premier tour. Ce hiatus surprend dans la mesure où les sondages indiquent volontiers que Benoît Hamon plafonne à 5 points sous Macron et près de 10 points sous Fillon.

Une chose est sûre, en tout cas: la perte de popularité ou d’intention de vote que Benoît Hamon accuserait dans l’opinion ne se traduit pas à ce stade dans l’expression favorable dont il bénéficie sur les réseaux sociaux. Il est bien entendu difficile d’en tirer une conclusion dans un sens ou dans un autre: l’analyse sémantique des réseaux sociaux en est à ses débuts et nous ne disposons pas d’outils suffisamment étayés scientifiquement pour tirer des conclusions claires de ces éléments contradictoires.

Reste que, du point de vue de la simple observation, on peut noter que des éléments sérieux laissent à penser que Benoît Hamon pourrait créer la surprise et qu’il existe probablement un biais dans les sondages sur sa candidature.

Le renversement en cours concernant Mélenchon

Inversement, s’agissant de Jean-Luc Mélenchon, la quotation des expressions sur Twitter laisse à penser que le dévoilement de son programme a suscité des opinions négatives et devrait produire un recul du candidat dans les intentions de vote. Il est d’ailleurs le seul aujourd’hui à totaliser des expressions négatives supérieures aux expressions positives. On notera aussi qu’il suscite globalement moins de réactions que les autres candidats.

Il sera intéressant de suivre, dans les prochains jours, l’éventuelle confirmation qui sera donnée à cette tendance globale par les sondages eux-mêmes.

Pour notre part, nous sommes assez convaincus que la mesure des expressions sur les réseaux sociaux permet d’approcher de façon plus rapide et plus précise la réalité de l’opinion que ne peuvent le faire les sondages eux-mêmes, même si, répétons-le, nous sommes encore loin de maîtriser toutes les arcanes de ces variations.

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3 commentaires sur Hamon est-il sous-estimé par les sondages d’opinion?

  1. Si vous n’analysez que Twitter vous n’irez pas loin. Il y a beaucoup plus de monde sur Facebook et Youtube, et autant de monde sur Google+ (et oui). De ce que je vois, Mélenchon domine nettement sur Youtube et Google+, par exemple (à confirmer numériqueemnt bien sûr).
    Le Pen reste à part, mais il faut aussi comparer les commentaires et messages de ses fans: ils dénotent un QI proche de la moule ou des esprits perturbés en général; le fait que tous les tarés se concentrent autour de Le Pen n’est peut-être pas très significatif.

  2. Vous accumulez les raccourcis qui rendent votre démarche extrêmement discutable. Tout d’abord, comme l’a écrit Mr. Florac, le fait de ne centrer l’analyse que sur Twitter est un manque de sérieux immense : les Plateformes Sociales n’ont rien de neutre, elles impliquent toutes leur propre type de communauté. Pour caricaturer odieusement, disons que si un électeur du Front National peut se suffire facilement de 140 caractères pour marquer son ressenti, l’électeur insoumis (plus tourné sur l’intellect) cherchera un espace pour exposer sa pensée en la développant. De facto, les plateformes comme Facebook et Youtube seront préférées par ceux-ci du fait de l’absence de limite de caractères.

    Par ailleurs, le principe même de Capital Sympathie est un concept qui ne suffit pas… En effet, vous ne pouvez pas chiffrer le capital “indifférence” et “évitement”.
    Jean-Luc Mélenchon dispose de 972.000 abonnés Twitter, contre 333.000 pour Benoît Hamon.
    Mélenchon attire davantage de monde, et en plus suscite l’opposition de tout ceux conditionnés à aboyer en voyant son nom. Hamon est plus neuf, il les laisse un peu indifférent, sans “rejet” sinon celui au Parti socialiste.
    Vous pouvez aussi vous demander pourquoi Marine Le Pen, aux 1.027.000 abonnés, dispose d’un si bon capital sympathie. Je l’explique par le fait que son électorat fonctionne sur le ressenti, et de ce fait toute critique enclenchera un renforcement irrationnel de leur adhésion. La majorité a bien compris qu’il ne faut pas s’aventurer à tenter d’argumenter avec eux.
    (Quand ils en ont le droit, les pro-FN suppriment même les témoignages contestataires, là où les insoumis sont toujours ouverts au débat.)

    Enfin… Comment est calculé ce capital sympathie lui-même ? Ceux qui causent sont-ils vraiment les plus représentatifs ? Comment juge-t-on qu’un commentaire est négatif ? Son nombre d’allusion à Castro, à l’Amérique du sud et autres dictatures ? Votre analyse transpire de partis-pris qui ne s’assument pas, c’est de la malhonnêteté intellectuelle sous-couvert d’une prétendue analyse objective machinale.

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