Hollande, le plus anti-keynésien de tous

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Hollande se prétend social-démocrate. L’analyse des chiffres montre que sa politique est pourtant fondamentalement anti-keynésienne et aux antipodes des préconisations économiques de la gauche réformiste. Les premières analyses de l’INSEE sur la comptabilité nationale 2015 le montrent.

1.042 milliards de recettes fiscales

En lisant le tableau de synthèse de la comptabilité nationale produit par l’INSEE, il est impossible de ne pas souligner les points les plus frappants de nos finances publiques:

Hollande

On notera que la totalité des recettes publiques dépasse les 1.165 milliards d’euros (pour un PIB de 2.181 euros…), dont 1.042 milliards d’impôts et cotisations sociales. Cette somme coquette est en soi un premier indice sur la logique économique qui prévaut au sein du gouvernement. Les impôts ont en effet augmenté de 2,1% en un an. Pas mal! mais pas très keynésien, dans la mesure où, dans le même temps, le mot d’ordre était de réduire le déficit public et, comme on le sait, Keynes préférait l’inverse: augmenter le déficit et baisser les impôts…

La lente mort de l’investissement public

Parallèlement à cet étouffement progressif par la recette publique, un autre phénomène anti-keynésien se produit: la baisse de l’investissement public. Sur l’ensemble des administrations publiques, celui-ci a baissé de 5% en un an, dont 10% dans les collectivités locales.

Cette stratégie de baisse de l’investissement public est l’élément le plus frappant de la politique économique actuelle. Alors que les dépenses publiques continuent à croître de 1% par an, l’investissement s’effondre.

Les mauvais esprits verraient dans ce désordre le produit d’une politique contra-cyclique. Augmenter les impôts et les dépenses publiques improductives en sacrifiant l’investissement n’est pas loin du diviseur keynésien! En tout cas, à rebours de la théorie de la social-démocratie, il faut bien admettre que la politique gouvernementale n’est ni très à « gauche » ni foncièrement tournée vers la croissance. Au-delà des postures, les chiffres sont têtus!

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