Hôpital public, associations caritatives: ce climat social pourri

Dans l’imagerie d’Epinal volontiers véhiculée par la classe politique, il y a deux mondes. Celui, où le climat social est idéal, de l’économie sociale et solidaire ou du service public: là où le profit n’est pas un but en soi, là où l’homme est au centre de la machine. Et puis il y a l’horrible monde capitaliste où le salarié n’est qu’un outil à produire, où il est mis plus bas que terre… l’enfer en quelque sorte.

Il suffit pourtant d’ouvrir les yeux pour que la réalité nous inflige la démonstration du contraire. D&E se propose aujourd’hui d’illustrer 24 heures d’actualités sociales dans le domaine de la santé et de la vie associative pour montrer comment la conflictualité est particulièrement intense dans l’ensemble des structures présentées comme le réceptacle de l’émancipation humaine.

L’hôpital public, ou la quintessence de la conflictualité

En tête de ces renversements de valeur vient l’hôpital public. L’opinion publique nationale est assez mal informée de la situation réelle de ses hôpitaux, et de la dégradation très forte du climat social qui y règne. Cette méconnaissance tient au caractère local des conflits qui y sévissent. À moins d’être abonné à l’ensemble de la presse régionale, le lecteur ordinaire n’a aucun moyen de se faire une idée sur les innombrables grèves qui surviennent, l’une dans un service d’urgence d’un hôpital, l’autre dans un service de chirurgie, une autre encore dans un service logistique invisible pour le patient.

Pourtant, chaque jour, une dizaine de grèves environ frappe l’hôpital public en France. Nous en donnons quelques illustrations aujourd’hui.

Les associations caritatives et le mépris managérial

Mais le malaise dans le climat social en France touche d’autres structures dont la mission est pourtant à rebours de la conflictualité. C’est particulièrement vrai dans les associations caritatives ou humanitaires, où les rapports sont souvent extrêmement tendus. Nous prenons aujourd’hui l’exemple de l’association des Paralaysés de France (APF) où les organisations syndicales dénoncent la souffrance au travail.

C’est évidemment très curieux de voir qu’une association qui se revendique de la défense des plus faibles soit traversée en son sein par des conflits qu’on s’attendrait mieux à trouver dans des structures capitalistes.

Une fois de plus, démonstration est faite qu’il ne suffit pas d’afficher des valeurs pour les mettre en pratique. Toute la question, comme toujours, est de savoir s’il vaut mieux une structure qui cherche les profits et qui respecte les hommes, plutôt qu’une structure qui déteste le profit mais méprise ceux qui la font vivre.

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