Les infirmiers en Corse touchent des primes égales à 12 dimanches travaillés par mois !

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La chambre régionale des comptes de Corse a mis en ligne un rapport d’observations accablant sur l’hôpital de Castelluccio. On y apprend par exemple qu’un total de près de 300 000€ de primes ont été indument versées en trois alors que l’hôpital possède un budget extrêmement déficitaire. 

La Corse n’est pas non plus épargnée par la gestion désastreuse de son parc hospitalier. Et cette fois, la chambre régionale des comptes s’est penchée sur l’établissement de Castelluccio (Ajaccio). 

La CRC a mis en lumière des défaillances tout bonnement incroyables alors même que la situation financière est très préoccupante. En somme, de 2010 à 2014, tous les exercices sauf 2011 ont fini en déficit. En 2014, il était de 2 millions d’euros. Avec de tels résultats, le rapport explique que le CH de Castelluccio se classe parmi les 10% d’établissements en France les moins performants alors même que des dotations exceptionnelles ont été accordées. 

300 000€ de primes versées, pour le plaisir

La prime de service est versée annuellement à l’ensemble des agents titulaires et stagiaires de la fonction publique hospitalière. Les agents contractuels, temporaires, vacataires, les médecins et praticiens hospitaliers en sont normalement exclus à moins que des dispositions soient prévues dans les contrats. Or la CRC constate que ces derniers en ont tous bénéficié, quel que soit leur statut, disposition contractuelle présente ou non. Pour le gendarme financier, le préjudice représenterait 109 130€ en 2012, 103 502€ en 2013 et 86 931€ en 2014. 

De même, des primes dites de « camping », qui n’ont aucune justification réglementaire ont été versées (6 249€ entre 2012 et 2014). La prime spécifique dite prime Veil a aussi été détournée de façon à ce que tout le monde puisse la toucher (70 938€ de 2012 à 2014). 

Des médecins qui travaillent 8, 10 et 12 dimanche par mois

Le rapport devient tout bonnement ubuesque quand il se penche sur les indemnités versées quand les employés travaillaient un dimanche ou un jour férié. Dire qu’il y a eu peu de contrôle sur les déclarations est un euphémisme…

Pour l’année 2013, le versement de cette indemnité a représenté une dépense de plus de 560 000 € pour 380 agents bénéficiaires dont la moitié sont des personnels non médicaux. Les vérifications de la chambre ont montré une forfaitisation pour plusieurs agents, qui non seulement perçoivent invariablement cette indemnité à fréquence mensuelle, mais encore à hauteur de plusieurs taux pour le même mois. Ainsi, un agent a perçu 263,68 € au cours d’un même mois soit cinq dimanches. D’autres perçoivent, selon les mois, les sommes de 378,24 €, 472,8 €, ou même 567,36 €, ce qui correspond à huit, 10, et 12 dimanches et jours
fériés au cours d’un même mois, ce qui paraît peu plausible.
On se dit au choix que soit les personnels de l’hôpital sont extrêmement consciencieux, soit qu’un système frauduleux a été mis en place.
 
Enfin, le rapport met aussi en lumière des coûts de fonctionnement qui n’ont cessé d’augmenter du fait de l’augmentation des effectifs (+9% de 2009 à 2014) mais aussi de l’absentéisme qui a littéralement explosé (+99% de 2009 à 2014) !
 
On attend avec impatience les réponses de l’hôpital.
Ainsi, il s’avère que, depuis 2013, l’établissement a bénéficié de dotations complémentaires allouées par l’ARS. Ces dotations exceptionnelles de fonctionnement ont été accordées à titre de soutien à la trésorerie et pour le maintien d’une activité déficitaire. Elles ont été d’un montant de 2,45 M€ en 2013 et de 3,165 M€ en 2014

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