Pour Jean-Luc Mélenchon, ” François 1er aurait combattu l’auto-entreprise “

Principal sujet de débat pour les députés ce jeudi 19 octobre, les articles 10 à 15 du PLF 2018, avec entre autres, l'augmentation du plafond des revenus des auto-entrepreneurs. Et si ce dernier a bien été multiplié par deux, la réforme n'a pas manqué de faire réagir l'opposition. 

Annoncée dans le PLF 2018 par Emmanuel Macron, l'article 10 prévoyait "l'Augmentation des seuils des régimes d’imposition des micro-entreprises".  Cette mesure était attendue par les artisans et les auto-entrepreneurs. Censée instaurer une concurrence plus loyale entre les deux statuts, elle devrait concerner jusqu'à 6 000 personnes. 

Les communistes et les Insoumis opposés à cette réforme

Au-delà de 82 800 euros annuels pour les activités d'achat/vente de marchandises et 33 2000 euros annuels pour les activités de services, l'entrepreneur devait passer du statut d'autoentrepreneur à celui d'entrepreneur classique. Ce processus avait pour conséquence de lui faire perdre le droit de jouir d'un régime fiscal et social simplifié. Les députés ont donc décidé de doubler ces plafonds de revenus sans pour autant modifier le plafond de franchise de TVA pour rassurer les artisans.

Mais de leur côté, les représentants des communistes et de la France Insoumise ont fait front commun contre cette réforme. Jean-Luc Mélenchon n'a par ailleurs, pas hésité à rappeler son opposition contre le statut de micro-entrepreneur, expliquant que l'auto-entreprenariat n'est rien d'autre que " du travail à la tâche ". 

" Le premier à avoir réagi contre l'emploi du travail à la tâche est le roi François 1er. C'est dire que ce n'est pas comme vous le dîtes une querelle franco-française de religion, c'est une analyse que nous faisons de la nature du travail. Le législateur ne peut, en effet, enregistrer que les moeurs conduisent ceux qui vivent dans un océan de chômage à préférer le statut d'auto-entrepreneur à celui de chômeur. On peut des fois n'avoir de travail que parce qu'on est obligé d'avoir le statut d'auto-entrepreneur. Mais nous, législateurs, pouvons-nous perdre de vue le sens que nous donnons au travail et à la création de richesses, qui n'est pas que de la création de valeurs comme vous dîtes. Eh bien, qu'est-ce que l'auto-entreprise ? C'est le final de la théorie de ruissellement de la baisse du prix du travail. La grande entreprise se resserre sur ce qu'elle appelle "son coeur de métier", et ensuite elle vend à la tâche tous les compartiments de son activité réelle. Quelqu'un a-t-il remarqué que depuis qu'il existe de l'auto-entrepreneur, la production est augmentée d'une quelconque manière par l'auto-entreprise ? Non ! Nulle part ! Jamais ! Pas du tout ! Et bien de compartiment en compartiment, on arrive à la fin à une personne toute seule qui vend son aptitude au travail. Mais la même chose était réalisée dans le collectif de travail et les grandes entreprises ont plus de stabilité quand elles couvrent l'ensemble du champ qui correspond à la qualification de ce qu'ils produisent que quand elles le resserrent à un seul compartiment. Ainsi, Alstom était plus stable quand elle avait le chantier Atlantique et hydraulique... [il s'adresse aux députés qui le contestent] Mais c'est ça messieurs, dont on parle mesdames. Vous êtes en train de relever le plafond de cotisation du travailleur à la tâche. C'est tout ! Et progressivement, vous le relèverez jusqu'au point où il ne paiera rien et par conséquent la concurrence est totalement déloyale ! "

Jean-Luc Mélenchon, France Insoumise

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