La décision de Google de bannir les pubs liées au cryptos jugée égoïste et immorale

En mars dernier, les géants du web Google, Facebook et Twitter décidaient de bannir toutes les pubs liées aux cryptomonnaies. Cette décision forte faisait suite à la prolifération d’arnaques aux ICO. Seulement, plusieurs grands noms de la finance jugent cette décision immorale, égoïste et au seul service des géants du web.

L’AMF et le FMI ne cessent de mettre en garde les utilisateurs contre les arnaques et les fraudes aux ICO qui pullulent à mesure que les cryptomonnaies se développent. Dernièrement, Google, Facebook et Twitter prenaient une décision radicale : bannissement de toute publicité en lien avec des cryptomonnaies.

Des voix s’élèvent contre cette décision

Sur les réseaux sociaux concernés, la réponse des investisseurs en cryptomonnaie ne s’est pas faite attendre. Tout le monde, ou presque, étaient unanime pour décrier cette décision. 

Mais ces investisseurs anonymes ne sont plus seuls contre les membres du GAFA. Philipp Nunn, CEO de la firme britannique du groupe Blackmore, a rejoint la résistance. Il dénonce le discours contradictoire des géants du web.

Je comprends que Facebook et Google subissent de fortes pressions pour réglementer ce que leurs utilisateurs lisent, mais ils continuent de faire de la publicité pour des sites Web de jeux d’argent et d’autres pratiques contraires à l’éthique.

Philipp Nunn, CEO chez Blackmore Group

Une décision pas si philanthrope que ça ?

Interrogé par The Independant Monday, il explique aussi que cette opération cache sa véritable nature. Pour lui, Facebook et Twitter, Google dans une moindre mesure, travailleraient de concert pour lancer leur propre cryptomonnaie. 

Je soupçonne que l’interdiction a été mise en œuvre pour s’adapter aux plans potentiels d’introduction de leur propre cryptocurrency sur le marché dans un avenir proche et donc la suppression d’autres publicités cryptographiques leur permet de le faire selon leurs propres termes.

Des contacts entre les dirigeants des réseaux sociaux et des fondateurs de cryptomonnaies avaient par ailleurs été rapporté par nos confrères outre-Atlantique. En mai dernier, Google avait noué quelques contacts avec le fondateur de l’Ethereum. Officiellement, il s’agissait de questions-réponses autour de la sécurisation de projets futurs. 

Ces rapprochements interviennent aussi dans un contexte étonnant. Une étude du fact thank Pew Research Center établissait que les jeunes américains étaient de moins en moins nombreux à utiliser les réseaux sociaux Facebook et Twitter. Une conclusion corroborée par Médiamétrie en France. 

Est-ce que si ces deux réseaux sociaux intégraient les cryptomonnaies, ils arriveraient à ramener de nouveaux utilisateurs ? Rien n’est moins sûr. 

La décision de Google d’agir en tant que quasi-régulateur dans ce contexte est une évolution potentiellement troublante compte tenu de son vaste pouvoir commercial.

Gareth Malna, avocat fintech du cabinet britannique Burges Salmon

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