La démission de Villiers, premier tournant du quinquennat

18th Chairman of the Joint Chiefs of Staff Army Gen. Martin E. Dempsey and French Chief of Defense Staff Gen. Pierre de Villiers salute in front of the Pentagon during an honor cordon in Arlington, Va., April 23, 2014. DoD photo by Mass Communication Specialist 1st Class Daniel Hinton

La démission de général de Villiers, annoncée ce matin, constitue un premier tournant dans le quinquennat. Alors que le candidat Macron avait promis un relèvement du budget de la Défense, l'inflexibilité du Président sur les économies de 850 millions€ imposées cette année par Bercy (l'équivalent du coût des missions extérieures) constitue un reniement majeur. La gestion capricieuse de la crise par le Président risque fort de lui porter préjudice. 

Quelques minutes avant le Conseil de Défense, le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers a annoncé qu'il renonçait à ses fonctions. Il met ainsi un terme à une crise ouverte par son intervention à huis clos devant la Commission de la Défense de l'Assemblée Nationale. 

Les étapes d'une crise

Tout est parti de l'annonce par Gérald Darmanin, le 11 juillet, de l'effort demandé aux Armées cette année: 850 millions € d'économies, là où Bercy réalise à peine 200 millions € d'efforts. Pour l'armée, cette annonce est aussi liée à la nomination de Florence Parly au ministère. Les généraux considèrent que Bercy a pris l'armée en main, et que celle-ci va redevenir la variable d'ajustement interministériel. 

Auditionné le 12 à l'Assemblée Nationale, le général de Villiers déclare devant les députés: "Je ne vais pas me faire baiser comme ça par Bercy". La séance est à huis clos. 

Le lendemain, le 13 juillet, Emmanuel Macron recadre publiquement le chef d'état-major en expliquant qu'il est le chef des armées et qu'il ne peut souffrir de contestation publique de ses ordres. Petit problème: la contestation n'est pas publique, elle est prévue par le processus démocratique, et le chef d'état-major a visé Bercy et non le Président. 

Le bras-de-fer entre les deux hommes s'est terminé ce matin par la démissin du chef d'état-major. 

Macron déjà hanté par le spectre de la caporalisation

Pour le Président, ce départ est un signal qu'il tirera comme un boulet jusqu'à la fin de son quinquennat. Personne ne soupçonne en effet le chef d'état-major d'avoir voulu se mettre en avant pour des motifs personnels. 

En revanche, nombreux seront ceux qui vont instruire le procès personnel du Président. Sa réaction semble impulsive et essentiellement dictée par le caprice personnel, là où l'intérêt général devrait primer. Emmanuel Macron fait-il passer ses fantasmes jupitériens et narcissiques avant l'intérêt du pays?

On a désormais clairement la réponse. 

En marche vers la caporalisation. 

4 commentaires sur La démission de Villiers, premier tournant du quinquennat

  1. au contraire, Macron installe son autorité.
    bien sûr, cela peut passer par des décisions et prises de position injustes.
    Mais c’est à ce prix qu’il renforce sa légitimité et le respect de la décision tranchée.
    Redresser un pays n’est pas une affaire d’arbitrages mous ni de volte-faces !

  2. Voilà un exemple d’enfantillage auquel il fallait s’attendre d’un président qui endosse un costume trop grand pour lui, même sous le couvert de manières policées ! Et ce n’est certainement pas fini : Quand on n’a pas connu et compris la nécessité des limites à l’adolescence, il est périlleux de les découvrir à l’âge adulte.

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