La Marine Nationale lance la commande de 6 navires : un nouvel échec en vue ?

La Marine Nationale a lancé sa consultation pour le renouvellement d’une partie de sa flotte. Six nouveaux patrouilleurs devraient garnir les rangs d’ici 2024. Mais la prudence est de mise quant à la gestion de ce projet. Trop souvent, le pilotage a fait défaut et les projets étaient abandonnés. 

L’annonce n’avait rien d’exceptionnelle. C’est au travers d’un « classique » appel d’offres et un avis de marché lancé par la Direction générale de l’armement que l’on apprenait que la Marine Nationale avait lancé une consultation pour renouveler sa flotte. On y apprend que six nouveaux navires devraient garnir les rangs de la Marine Nationale.

Combattre la pêche illégale, la contrebande et sécuriser les cotes 

D’après le quotidien Le Marin, « le marché prévoit le « développement », la « réalisation » et la « fourniture de patrouilleurs hauturiers destinés à la Marine nationale et inclut leur « maintien en conditions opérationnelles » ainsi que la « réalisation de prestations associées. »

Parmi les nouveaux bâtiments qui seront mis en fonction entre 2022 et 2024, deux navires seront notamment mis à dispositions de l’Outre-Mer. Ils permettront de remplacer les patrouilleurs vieillissant P400, Le Malin et L’Arago. 

D’un point de vue technique, les nouveaux patrouilleurs mesureront 70m, auront une vitesse minimum de 22 noeuds (environ 40 km/h) avec un tirant inférieur ou égal à 3,8m. Ils emporteront un équipage de 35 membres et avec une capacité d’accueil de 18 passagers supplémentaires. Par ailleurs, ils emporteront aussi des systèmes de communications civils et militaires et auront une autonomie de 30 jours sans ravitaillement. Par contre, aucune information sur l’armement qu’ils embarqueront. 

Néanmoins, on peut déjà supposer qu’il s’agira d’un armement assez léger. Ces navires n’auront pas pour mission de s’attaquer à des navires de guerre. Ils devront plutôt sécuriser les frontières maritimes françaises tout en combattant la pêche illégale, la contrebande et l’importation de drogues. 

Et si le projet prenait l’eau ?

L’avis déposé vendredi 10 août reprend les grandes lignes de l’ex-projet Batsimar (Bâtiment de surveillance et d’intervention maritime) qui prévoyait déjà le remplacement d’une partie de la flotte française. Il était d’abord question de remplacer les bâtiments jugés désuets par un même modèle de patrouilleur. Seulement, ce projet fut repoussé de 10 ans !

Pour des questions stratégiques, l’Outre-mer n’ayant pas les mêmes besoins que la métropole, et de coûts, il fut décidé de scinder la demande en deux. L’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine National, proposait de « de déployer outre-mer des bateaux deux à trois fois moins chers, pour les avoir plus vite. Je suis donc prêt à échanger du niveau de spécification contre un raccourcissement des délais. » Les marins auront donc droit à du matériel au rabais du fait d’un mauvais pilotage de la procédure initiale.

On peut aussi se poser des questions quant au pilotage du projet actuel tant les défaillances montrées lors d’anciennes procédures ont entraînées des retards, des malfaçons voire l’arrêt des procédures. On rappellera par exemple que lors du renouvellement de la flotte de la douane, plusieurs navires n’étaient pas opérationnels du fait d’un système de surveillance inadapté. 

Plus surprenant, un navire avait dû rester au port de longs mois car il fallait y installer… un four à pizza.

On notera aussi les défaillances dans l’entretien de la flotte aérienne de l’armée de l’air, mises en lumière par le rapport de Dominique de Legge, remit au Sénat en juillet dernier. Ce dernier constatait que seulement 36% des hélicoptères de l’armée de l’air étaient en capacité de voler.

Enfin, en avril 2018, la Cour des comptes revenait aussi sur les nombreux échecs de la coopération militaire européenne, entre des hélicoptères commandés mais jamais fabriqués, des frégates qui disparaissent des bons de commandes ou encore le fiasco que représente l’abandon du projet de porte-avion franco-britannique. La note s’élevait tout de même à 214 millions d’euros.

La prudence est donc de mise concernant ce nouveau projet de renouvellement de la flotte de la Marine Nationale. Un projet qui fut donc retoqué plusieurs fois. Et quand bien même les navires seront livrés, reste à savoir comment ils seront entretenus. Un mauvais entretien et la note risquerait encore de gonfler. 

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