La sécurité sociale responsable des déserts médicaux?

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Les déserts médicaux progressent en France: la sécurité sociale et son monopole sur la médecine en est-elle la première responsable? C’est ce qu’affirme un interne en médecine dans un courrier envoyé au maire de La Roche-Derrien, commune bretonne qui avait fait le buzz en publiant une annonce de recrutement pour un druide.

Ce courrier présente un intérêt majeur: il décrit de façon concrète le désarroi des « médecins libéraux » face à une étatisation de la politique de santé qui se fonde sur un blocage du prix de la consultation. Au nom de l’égalité d’accès aux soins, cette politique décourage peu à peu la pratique libérale et accélère la désertification médicale.

On notera que l’auteur du courrier rappelle que la désertification médicale ne concerne pas que les campagnes. Paris est également touchée par le phénomène. En 2014, aucun médecin généraliste ne s’est installé à Paris. Les arrondissements de l’est parisien sont sévèrement touchés par la réduction du nombre de praticiens.

Au passage, le fonctionnement de la sécurité sociale porte une responsabilité écrasante dans la désaffection des jeunes médecins pour les cabinets libéraux. Le contrôle tatillon des dépenses, les vérifications interminables pour trois francs six sous, les erreurs administratives, condamnent les médecins généralistes à passer énormément de temps sur des tâches subalternes au lieu de se consacrer au métier pour lequel ils ont été formés.

De façon très symptomatique, ce jeune interne plaide pour le salariat. On n’en sera pas surpris. La sécurité sociale se nourrit de cotisations sur les salaires. En période de disette, elle a besoin de remplacer le travail indépendant par du travail salarié. Ce principe général vaut aussi pour les médecins…

Pas sûr que les Français aient bien compris à quoi cette dangereuse pente les condamnera tôt ou tard.

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2 commentaires sur La sécurité sociale responsable des déserts médicaux?

  1. On ne peut avoir la liberté de choix du praticien et une attention à la hauteur des besoins et la rationnement de la rémunération qui se traduit inexorablement par le rationnement des soins! Le NHS britannique a aussi ses contempteurs!
    Ceci dit, mon toubib ouvre son cabinet 3 heures 9 1/2 journées par semaine. Il lui reste donc 33 heures pour la paperasse et la formation, quant à l’agenda de mes spécialistes, j’ai pu y voir de nombreuses plages “absent” d’où des délais d’attente de plusieurs semaines, sinon plusieurs mois!
    Mais au total cette lettre m’a fait découvrir de nombreux points qui me font voir les médecins sous un autre angle!
    Il ne faut pas être devin pour voir que bientôt la médecine sera à 2 vitesses avec la consultation “au noir”!
    Mais si c’est que le malade souhaite…..

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