Lafarge essuie une plainte pour complicité de crime contre l’humanité

Le groupe français Lafarge n'a pas fini de faire parler de lui. Il est cette fois ciblé par une plainte pour complicité de crime contre l'humanité, déposée par un collectif de défense des chrétiens d'Orient.

Il y a plus d'un an, en juin 2016, le groupe Lafarge était épinglé par Le Monde, qui dévoilait que la cimenterie a payé des taxes à l'Etat Islamique. Pendant deux ans (2013 et 2014), la présence de l’organisation Etat islamique dans la région syrienne de Jalabiya, a contraint la cimenterie à négocier des droits de passage aux checkpoints tenus par les djihadistes pour ses camions. Ainsi, Lafarge a payé des taxes à l‘organisation de l'EI pour pouvoir continuer à fonctionner pendant la guerre.  Aujourd'hui, le dossier revient sur le devant de la scène, suite à une plainte déposée par un collectif de défense des chrétiens d'Orient (CHREDO), accusant Lafarge de "complicité de crimes contre l'humanité". En effet, le collectif dénonce les exactions commises par  l'Etat Islamique en tant que crimes contre l'humanité. La participation de Lafarge, qui a financé indirectement des groupes de l'Etat Islamique, le rendrait coupable d'avoir aidé à la préparation de ce crime, selon les dires du collectif. 

Une enquête est en cours concernant les activités de Lafarge en Syrie

Pour rappel, d'autres plaintes ont déjà été déposées contre Lafarge. En octobre 2016, le ministère de l'Economie déposait plainte contre Lafarge, déclenchait l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le parquet de Paris. A ce titre, le Service national de douane judiciaire (SNDJ) a confirmé que le groupe français a "effectué des paiements aux groupes djihadistes", dans un rapport obtenu par l'AFP. Un mois plus tard, en novembre 2016, l'ONG Sherpa, association française de dépense des victimes de crimes économiques, le Centre européen des droits constitutionnels de Berlin, ainsi que onze anciens employés, décidaient égelement de poursuivre le groupe, dénonçant les conditions d'activité en 2013 et 2014 de sa cimenterie à Jalabiya, en Syrie.

Des agissements couverts par des dirigeants du groupe

D'après les enquêteurs, ces paiements auraient été couverts par certains responsables du groupe, dont Bruno Lafont, PDG de Lafarge de 2007 à 2015. A la suite des accusations concernant le groupe, le patron Eric Olsen, s'est d'ailleurs résolu a quitter son poste un an après la révélation, sous la pression de son conseil d'administration. De plus, en juin dernier, Lafarge a assuré qu'après septembre 2012, le site syrien était dirigé uniquement par mail et par téléphone, et que les seules consignes qui étaient adressées concernaient la sécurité des employés. Malgré cela, ces derniers ont été les premiers exposés à la guerre, menacés en cas d'absence sur le site Lafarge de Jalabiya, par le directeur de l'usine Mamdouh Al-Khaled.

"Les exactions commises en Syrie par l'organisation Etat islamique ne relèvent pas de simples actes de terrorisme mais de crimes contre l'humanité. Les dirigeants du groupe Lafarge ont apporté sciemment l'aide et l'assistance à la préparation et la consommation de ce crime", CHREDO.

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