Lancer une cryptomonnaie pour doper une monnaie nationale : fausse bonne idée ?

Empêtré dans une crise financière sans précédent, l’Iran veut se doter d’une cryptomonnaie nationale pour relancer son économie. Mais tous les indicateurs ne semblent pas être au vert.

Après le Venezuela et son Petro, c’est au tour de l’Iran de lancer sa propre cryptomonnaie. Le projet était dans les petits papiers de Téhéran depuis  plusieurs mois. Mais samedi dernier, le ministre iranien des Technologies a annoncé que le modèle expérimental de monnaie virtuelle à usage interne était finalisé.

Pourquoi Téhéran lance une cryptomonnaie nationale ?

Clairement, c’est le contexte géopolitique du pays qui a motivé la finalisation de ce projet. Avec la menace de voir revenir des sanctions économiques en cas de sortie des Etats-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien, la monnaie nationale, le rial, a été fortement dévaluée ces derniers jours. Jusqu’à atteindre des niveaux historiquement bas. 

Comme le confirme l’AFP, le rial a perdu près de 30% de sa valeur face au dollar américain. Le rial avait déjà vu sa valeur lourdement chuter après que Donald Trump ait refusé de certifier l’accord sur le programme nucléaire. 

Pour contrer ce phénomène et doper son économie, Téhéran a donc décidé de se doter d’une cryptomonnaie nationale. Cette dernière permettrait de contourner l’interdiction d’utiliser le rial en dehors des frontières du pays. 

Pour l’instant, on ne sait que peu de choses sur cette énigmatique monnaie virtuelle. On ne connait ni son nom, ni même la valeur qui lui sera accordée. Sera-t-elle indexée sur la valeur des richesses du pays comme le Petro avec les barils de pétrole au Venezuela ? Ou sa valeur fluctuera-t-elle selon les lois du marché ? Toujours plus de questions qui devront trouver des réponses très prochainement.

Une cryptomonnaie nationale peut-elle fonctionner ?

Paradoxalement, cette annonce survient quelques jours après que la Banque centrale iranienne ait demandé à toutes les banques du pays d’arrêter de traiter des transactions en cryptomonnaies. Et ce, officiellement, pour une seule raison: limiter les risques de blanchiment d’argent.

Une interdiction globale qui ne semble pas faire reculer Mohammad Javad Azari-Jahromi, ministre des Technologies de communication et d’Information. 

L’interdiction faite par la banque centrale ne signifie pas une prohibition ou une restriction sur l’utilisation des devises digitales dans le développement intérieur. 

Pour autant, une telle cryptomonnaie peut-elle réunir des adeptes ? Difficile à dire. Il faut tout d’abord savoir si cette crypto sera étatiquement régulée ou non. Si la réponse est positive, elle pourrait faire fuir les investisseurs car cela irait à l’encontre même de la nature des cryptomonnaies qui est d’être des monnaies alternatives. 

Deuxièmement, l’étude de l’agence D-Cyfor constatait que 56% des anglais interrogés n’investiraient pas dans une cryptomonnaie si le gouvernement en régulait les échanges. De même, 60% ne supporteraient pas la Banque d’Angleterre si cette dernière lançait une cryptomonnaie. 

Au final, même si l’intérêt mondial pour les cryptomonnaies est grandissant, pas sûr que l’annonce de la création d’une monnaie virtuelle accolée à une monnaie traditionnelle permette de relancer cette dernière. Surtout si elle connait une chute historique. 

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