L’assurance mondiale: le calme avant la tempête systémique? par Jean-Marc Boyer

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Article paru sur la Gazette de l’Assurance.

L’organisation mondiale des superviseurs d’assurance (IAIS) a publié son rapport annuel sur l’assurance. Cette organisation va changer de Secrétaire Général, Jonathan Dixon (qui a servi en Afrique du Sud) va succéder en novembre à Yoshihiro Kawai.

Selon cet organisme, l’assurance mondiale continue de bien fonctionner, malgré un environnement financier et macro-économique de plus en plus difficile. En réalité, les problèmes financiers sont devant nous : les dettes mondiales se sont accrues à 225% du PIB (source FMI) et des banques centrales (BCE, Bank of England, Bank of Japan) ont poursuivi leur politique monétaire accommodante.

Le rapport insiste sur :

–       La compétition en dommages, surtout en risques d’entreprises, d’immobilier et de catastrophes, et en réassurance. Le marché dommages a cru moins rapidement en 2016 (2,4% net d’inflation, source Sigma). Une croissance des primes est attendue en couverture des cyber-risques (5Md$ prévu pour 2018).

–       L’assurance vie est vulnérable aux taux bas prolongés, surtout en Europe. C’est notamment le cas pour les contrats longs termes à taux garantis (84% des encours en Allemagne) ou aux bilans dont les durations au passif et à l’actif sont déséquilibrées. L’IAIS préconise de revoir les contrats et de les re-tarifer (attention, forcer un client à transférer vers un contrat moins rentable relève du défaut de conseil). Dans la zone euro, 10% des contrats ont un taux garanti supérieur au taux de rendement des actifs.

–       Les assureurs vie sont sous pression concurrentielle pour réduire leurs coûts. L’IAIS considère que des assureurs vie ne vont pas fournir de retour sur fonds propres suffisants pour attirer les investisseurs. L’étude montre que le coût du capital est pratiquement égal en moyenne au rendement du capital.

Au-delà de la solidité financière, l’IAIS préconise de mieux gérer l’accumulation des risques et les changements structurels. La rentabilité des assureurs diminue alors que les encours croissent. Les primes en vie ont progressé de 5,4% net d’inflation en 2016. Deux tendances sont mises en cause : l’acquisition d’actifs plus performants mais plus risqués en vie (évolutions des allocations d’actifs à l’appui), et la volonté en non-vie de vouloir préserver son activité au risque de sous tarifer.

Le rapport étudie également des sujets spécifiques comme :

–      Le changement climatique et la régulation de l’assurance. Les assureurs sont impactés en tant que porteurs de risque, en tant qu’investisseur et en tant qu’entreprise. Le rapport présente un outil d’estimation de l’engagement contre le changement climatique, avec l’exemple du sondage de la NAIC (le régulateur des assurances aux USA).

–     Les transferts de risques aux marchés financiers. Il y aurait environ 75Md$ de capitaux en risque (Collateralised reinsurance, Industry Loss Warranties, Sidecars and Bonds), ce qui représente 15% des capacités globales de réassurance.

–      Le retour d’expérience de solvabilité 2, avec le stress test de l’EIOPA (European Insurance and Occupational Pensions Authority) de 2016 (cf les articles de La Gazette sur le sujet).

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