Le bâtiment signe un contrat avec l’État sur la sécurité au travail

Le nombre d'accidents de travail dans le BTP ne cesse de diminuer. Dans l'optique d'améliorer ces résultats, le Ministère du travail a signé avec la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAM TS), l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles (INRS) et l’Organisme professionnel de prévention du BTP (OPPBTP) un accord pour l'amélioration de la santé et sécurité au travail dans les Travaux Publics.

La tendance du nombre d' accidents de travail depuis 2011 est largement à la baisse. Mais cette dernière peut s'expliquer par la diminution du nombre de salariés dans les industries du bâtiment et des des travaux publics. Ces chiffres seraient donc à nuancer. 

Un accord pour continuer les efforts

Cet accord signé entre les 5 organisations, repose sur des engagements forts, qui devront voir le jour tant au niveau national que régional. Et c'est surtout la prévention des risques qui va être mise en avant. Pour cela, six axes de travail ont été définis pour une durée de 5 ans. On compte développer la culture de la prévention, identifier et promouvoir les bonnes pratiques, favoriser les échanges entre les réseaux partenaires, accompagner la mobilisation des entreprises pour réduire le nombre d'accidents, renforcer l'importance de la prévention dans les formations, et développer la connaissance des risques chimiques, des troubles musculo-squelettiques et sensibiliser les maîtres d'ouvrages aux obligations de renforcement de la sécurité des salariés. 

Ignorer la partie immergée de l'iceberg ?

Quand on observe les chiffres de la Caisse Nationale de l'Assurance Maladie, on ne peut que se questionner sur la pertinence du renouvellement pour 5 ans de cet accord, car l'efficacité de la collaboration de ces acteurs ne semble pas porter ses fruits. Le nombre global d'accident du travail, certes, diminue. Mais la propension de femmes victimes d'arrêts ne cesse d'augmenter. Par ailleurs, le nombre de maladies professionnelles a aussi subi une augmentation par rapport à 2011 (6 660 à 6750 en 2015). Là encore, pour ce qui est des bonnes pratiques, les résultats sont plus que questionnables. Le nombre d'affections péri-articulaires a diminué depuis 2014, mais la fréquence de blessures dues au port de charges lourdes à lui bien augmenté. 

Alors, un tel accord sera-t-il efficient en seulement 5 ans ? Pour l'instant nous n'avons aucun moyen d'en être sûr. Aucune date butoir pour l'application de mesures concrètes n'a été annoncée. Le flou règne aussi du côté des moyens mis en oeuvre. Le précédent accord n'a été efficace que sur certains points mais il a aussi présenté de nombreuses lacunes.

La prévention et l’anticipation des risques professionnels sont des enjeux majeurs pour la qualité de vie au travail et un levier de compétitivité pour l’entreprise. Je salue la démarche de la fédération professionnelle des travaux publics, qui je l’espère, sera un exemple pour l’ensemble des branches professionnelles.

Muriel PÉNICAUD, ministre du Travail

La prévention des risques professionnels demeure plus que jamais une priorité pour la branche des Travaux Publics et cette nouvelle convention illustre la volonté de la profession de poursuivre et de renforcer ses efforts dans ce domaine. Peu de branches professionnelles peuvent se targuer de réunir une telle capacité d’expertise collective au service de la santé au travail.

Bruno CAVAGNÉ, Président de la fédération nationale des Travaux publics

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