Le ministère de la Santé porte plainte contre le syndicat des médecins remplaçants des hôpitaux

Face à la fronde des médecins remplaçant et intérimaires qui officient dans les hôpitaux et qui dénoncent le plafonnement de leur rémunération, le ministère de la Santé a répondu avec la plus grande fermeté. Le syndicat des médecins remplaçants et sa présidente son visé par une plainte qui émane directement du cabinet d’Agnès Buzyn. 

Entre le ministère de la Santé, Agnès Buzyn, et les hôpitaux, c’est la guerre. Dernièrement, le média en ligne Le Quotidien du Médecin nous informe que le Syndicat national des médecins remplaçants des hôpitaux (SNMRH) et sa présidente, le docteur Lynda Darrasse, sont visés par une plainte qui émane directement du cabinet de la ministre.

Le ministère leur reproche d’avoir publié une carte de France des hôpitaux où la rémunération des médecins intérimaires est plafonnée. Une attitude jugée « irresponsable ».

La politique de la terreur pratiquée par Agnès Buzyn ?

Pendant plusieurs mois, les rémunérations, parfois supposées, des intérimaires a largement fait débat dans les hautes sphères politiques. Ainsi, en 2013 déjà, Olivier Véran rendait un rapport au vitriol dans lequel il fustigeait les « rémunérations outrancières des praticiens intérimaires« . Il estimait leur rémunération à « plus du triple du coût normal d’une journée de travail pour un praticien hospitalier (médecin titulaire) » soit un surcoût annuel « de l’ordre de 500 millions d’euros ». 

A son tour, Agnès Buzyn annonçait dans l’été partir en guerre contre les médecins remplaçants qui gagnent en un « jour le salaire moyen de beaucoup de français ». Elle estimait qu’il s’agissait de « mercenaires payés 2 000 euros par jours. » Les intérimaires et remplaçants avaient alors répliqué en publiant une liste d’hôpitaux qui encadraient leurs émoluments. Visiblement, le gouvernement est passé à l’étape suivante pour « mater la rébellion. »

Le ministère de la Santé a donc déposé plainte à l’encontre du syndicat mais aussi de la sa présidente. Plus encore, Agnès Buzyn a expressément demandé, d’après les indiscrétions du « Quotidien », à l’Ordre des médecins la suppression d’exercice pour trois mois du docteur Lynda Darasse.

Son avocat s’est immédiatement saisi du dossier et il dénonce une « politique de la terreur ». Il estime anormal que le gouvernement formule une plainte à l’encontre du syndicat et encore moins de sa présidente, sans qu’ils n’aient été reçu une seule fois par le ministère.

Les médecins n’ont fait qu’exprimer une protestation, une liberté syndicale. Ils auraient dû attaquer le décret au Conseil d’État, mais ils étaient mal conseillés, c’était spontané.

Me Marc Bellanger, avocat du docteur Lynda Darrasse

L’avocat décrit une plainte qui repose uniquement sur « des e-mails et des articles de presse ». Des arguments peu probants pour « faire porter à sa cliente la responsabilité des pénuries à l’hôpital. »

Lynda Darasse dispose d’un mois pour préparer sa défense avant une éventuelle réponse de la ministre. Si elle intervient, d’après Me Bellanger, ce ne serait pas avant l’été 2019. Quant au ministère, il assume la plainte et assure qu’il s’agit d’un dispositif exceptionnel pour dénoncer un comportement contraire à la déontologie dont il faut souligner la portée symbolique.

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