Le pouvoir du crédit, le poids de la dette, par Simone Wapler

Cet article provient du site la Chronique Agora.

Les instances officielles s’effarouchent à propos de la dette mais cautionnent le crédit infini. Jubilé pour effacer la dette ou esclavage pour la payer, il faudra bien choisir.
 
L’Opinion titre ce matin : « Dette : pourquoi tout le monde s’en fout » avec un dessin humoristique à l’appui.
 
 
 
Je pense avoir une idée sur ce sujet…
 
« Tout le monde » se fout de la dette parce que « tout le monde » vit à crédit.
 
Le système monétaire et financier actuel repose sur une fiction : on peut créer du crédit à l’infini sachant que tout sera payé avec les profits tirés du futur ou l’argent extorqué aux contribuables.
 
Pour que cette fiction tienne, il suffit que les intérêts – et seulement les intérêts – soient payés. Evidemment, la dette grossissant, les intérêts deviennent de plus en plus lourds. Mais là encore, ceux qui vivent du crédit et ont la main sur le système financier ont la solution : il suffit de faire en sorte que les taux d’intérêt baissent en continu.
 
Ainsi des entreprises zombies ou des gouvernements zombies trouvent toujours à se financer sans affoler personne.
 
Des noms, des exemples, me réclamez-vous, cher lecteur… En voici deux tout frais d’hier.

 

Netflix : médaille d’or du zombie privé

 
L’entreprise Netflix, notée junk bond ou obligation pourrie, vient d’emprunter hier 1,9 milliard de dollars via une émission obligataire.
 
Morgan Stanley, Goldman Sachs, J.P. Morgan, Deutsche Bank et Wells Fargo sont les banques d’investissement impliquées dans cette émission obligataire. Les titres, qui arriveront à échéance en novembre 2028, rapportent 5,875%.
 
La dette à long terme de Netflix atteint désormais 8,4 milliards de dollars ; en perte, elle va brûler plus de trois milliards de dollars en 2018.
 
« Notre niveau d’endettement est relativement modeste rapporté en pourcents de notre valeur d’entreprise, » (1) peut-on lire dans le dernier rapport trimestriel.
 
Qui fixe la valeur d’entreprise ? Les mêmes qui placent les obligations achètent des actions à crédit en en faisant monter les cours.
 

Le gouvernement américain : médaille d’or du zombie public

 
Hier toujours, le gouvernement américain a placé sans difficulté son émission de bons du Trésor à 10 ans sous 3% de rendement : 2,996% pour être précis, nous dit Bloomberg. Les spéculateurs qui s’étaient placés à la baisse sur les obligations américaines en sont pour leurs frais. Trump peut dépenser tout ce qu’il veut, il trouve de l’argent à emprunter sous le seuil symbolique des 3% alors même que la Fed rachète moins de bons du Trésor.
 
Cette cavalerie tiendra tant que la confiance durera.

Article écrit par Simone Wapler pour La Chronique Agora.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

1 commentaire sur Le pouvoir du crédit, le poids de la dette, par Simone Wapler

  1. et ils permettent à casino de faire des achats à crédit comme aux USA mais ce n’est pas nouveau si vous avez une carte de carrefour et autres magasins vs avez le choix entre comptant credit ou differé cela me fit penser quand j’étais gosse dans les années 50/60 ou les « manards » travaillaient à redresser le pays (les riches d’aujourd’hui !)et que l’on allait et oui j’ai pas honte de l’écrire chez l’épicier le boucher prendre à « croume » comme on disait mais le jour de la paye les parents payaient et c’était gratos que celui qui n’a pas connu cela est un menteur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
Face aux risques sanitaires, la France restreint l’utilisation de la créosote

La polémique glyphosate à peine retombée que celle sur la créosote prenait le pas. Mais ce mardi 23 avril, la...

Fermer