Le président de la FFF assure sa réélection en taclant la Cour des comptes

Le 2 juin dernier, Noël Le Graët, président de la Fédération Française de Football, taclait sévèrement la Cour des Comptes qui avait épinglé sa gestion de la plus haute nationale du football. Par la même occasion, il s’adjuge un important soutien. 

« La Cour des comptes ne s’est pas rendu compte que la Fédération française de football est devenue une grosse affaire et qu’elle travaille sérieusement. Parmi les reproches qu’on nous a faits, c’est d’être trop à l’aise. C’est un compliment. » Cette déclaration est signée Noël le Graët, président de la fédération Française de Football. 

A l’occasion de l’assemblée générale de la FFF du samedi 2 juin, il est revenu sur le rapport de la Cour des comptes qui épinglait sa gestion de « père de famille » du budget. Un rapport que l’homme de 76 ans a sévèrement taclé.

Une polémique qui ne plait pas au football amateur…

Pourtant, tout ne semblait pas si rose à la FFF. Cette dernière était même dans l’embarras après avoir été épinglée par la Cour des comptes en mars dernier. Le gendarme financier était revenu sur la période 2011-2015 où il avait constaté des « conditions de rémunérations et de travail très favorables« . 

La politique salariale s’est avérée très généreuse ces dernières années : augmentations générales de 3 % par an, abondement du plan d’épargne entreprise, accord relatif à la participation, accords d’intéressement basés pour partie sur les résultats financiers de la Fédération, alors qu’il conviendrait de privilégier des critères correspondant à l’objet même de cette dernière (le développement de la pratique sportive).

Outre l’explosion de la masse salariale et l’attribution de primes exceptionnelles, la Cour des comptes pointait aussi du doigt la nomination de l’actuel sélectionneur des Bleus : Didier Deschamps. Son intégration n’aurait jamais fait l’objet « d’une communication devant le comité exécutif, à tout le moins, pas en réunion. »

Une situation qui avait particulièrement écoeuré Eric Thomas, président de l’Association française de football amateur. Invité à s’exprimer chez FranceInfo, il expliquait que la Fédération était « murée dans son splendide isolement pendant que les clubs amateurs tirent le diable par la queue. »

Chaque année, les 14.000 clubs amateurs font remonter 150 millions d’euros à la fédération, aux ligues et aux districts, à travers les cotisations licences, à travers les frais d’arbitrages, à travers toutes les amendes qui nous tombent sur le dos. Ce n’est pas de l’argent privé (…) c’est l’argent des licenciés. 4.000 clubs amateurs sont morts ces dernières saisons dans l’indifférence générale de nos instances.

Et pourtant, Noël le Graët s’assure le soutien du foot amateur !

Dans son rapport, la Cour des comptes revenait aussi sur les voyages en avion du président de la FFF. Et plus particulièrement sur la mise à disposition d’un Airbus lors du Mondial 2014 au Brésil. Le vol aurait coûté près d’un million d’euros. Pour Noël le Graët, la dépense était parfaitement justifiée pour cet « aller-retour qui a concerné plus de 175 personnes« .

Cette opération a été financée par la dotation que nous avons perçue de la Fifa pour la compétition. Elle avait déjà été mise en place, sur ce même principe, pour la Coupe du monde en Allemagne et elle le sera à nouveau, dans les mêmes conditions, pour la Coupe du monde en Russie si nous réalisons de bons résultats, ce que nous souhaitons tous.

Durant l’AG du samedi 2 juin, le président a annoncé a expliqué qu’il ferait de même pour le mondial en Russie. Une annonce qui provoquait les rires du public mais aussi une pointe de méfiance. Jusqu’à ce qu’il annonce emmener les présidents des fédérations amateures.

Vous les présidents de ligues et districts, vous serez avec nous à Moscou, malgré la Cour des Comptes.

Ou comment s’assurer un troisième mandat consécutif à la tête de la FFF. Pour rappel, Noël Le Graët avait été réélu en 2017 avec 57% des voix au premier tour. Loin devant Eric Thomas qui culminait à seulement 0,5%.

Lors de ces élections, seuls 216 électeurs sont amenés à se prononcer. On les appelle les « grands électeurs ». Ceux-ci se composent de représentants du monde amateur (présidents de ligues, de districts, une poignée de délégués par ligue, ainsi que des représentants des clubs nationaux amateurs) et ceux du monde professionnel (présidents des clubs de L1 et L2 ou leurs suppléants).

Avec Noël le Graët, c’est droit au but.

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