Le système éducatif français ne s’est pas amélioré depuis 2006

L'OCDE vient de republier d'utiles notes sur les résultats de l'enquête PISA (comparaison des niveaux scolaires). Ces documents montrent clairement l'incapacité du système éducatif français à s'améliorer.

Performance en sciences (domaine majeur d’évaluation de l’enquête PISA 2015)

• En sciences, Singapour devance tous les autres pays et économies participants. Le Japon, l’Estonie, la Finlande et le Canada sont les quatre pays les plus performants de la zone OCDE. La Turquie et le Mexique ferment la marche pour les pays de l’OCDE 

• La France avec un score de 495 points se situe, avec l’Autriche, les États-Unis et la Suède, dans la moyenne des pays de l’OCDE (493 points), derrière l’Allemagne ou la Belgique, toutes deux audessus des 500 points, et devant l’Italie (481 points). Cette performance est stable depuis 2006

• On observe entre 2006 et 2015 une proportion stable d’élèves très performants en France (niveau 5 ou 6 de compétence) : ils représentent environ 8 % de l'ensemble des élèves de 15 ans. En 2015, ce résultat place la France au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE. En outre, la proportion d’élèves performants (niveau 4 de compétence) représente plus de 21 % des élèves, soit un pourcentage supérieur à la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 19 % 

• Par rapport aux résultats de 2006, la proportion d’élèves en difficulté (sous le niveau 2 de compétence) est en très légère augmentation en 2015 (21% en 2006 contre 22% en 2015). En 2015, comme lors des trois enquêtes PISA précédentes, la France affiche donc une proportion d’élèves en difficulté légèrement supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE

Performance en mathématiques et en compréhension de l’écrit

• La France se situe également au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE en mathématiques (493 points). La performance en mathématiques de ses élèves a significativement baissé entre 2003 et 2012 et est restée stable depuis.

• La performance en compréhension de l'écrit des élèves de 15 ans en France se situe quant à elle légèrement au-dessus de la moyenne de l'OCDE en 2015 (499 points contre 493 points pour la moyenne des pays de l’OCDE).

Deux facteurs expliquent cette amélioration: les garçons ont obtenu de meilleurs résultats en 2015 qu’en 2009, et la proportion d'élèves très performants (niveau 5 ou 6 de compétence) a augmenté sur cette même période. En revanche, la proportion d'élèves en difficulté (au-dessous du niveau 2 de compétence) est restée stable entre 2009 et 2015

• En sciences et en mathématiques, l’écart de performance entre les garçons et les filles s’est réduit et n’est plus significatif. Cette réduction est en grande partie due à une légère baisse du niveau des garçons (qui réussissaient en général mieux que les filles dans ces deux matières) par rapport aux évaluations PISA précédentes.

En compréhension de l’écrit, l’écart s’est lui aussi réduit entre 2009 et 2015 (passant de 40 points à 29 points), mais reste néanmoins toujours largement en faveur des filles.

Impact du contexte socio-économique sur les performances des élèves de 15 ans

• Dans tous les pays et économies participant à l’enquête PISA 2015, les élèves de 15 ans les plus défavorisés (quartile inférieur de l’indice du milieu socio-économique) sont moins susceptibles de réussir à l’école que leurs camarades plus favorisés (quartile supérieur de l’indice du milieu socio- économique). La différence de résultats entre ces deux groupes d’élèves est particulièrement marquée en France, où la relation entre performance et milieu socio-économique des élèves est l’une des plus fortes parmi les pays et économies participant à l’enquête PISA 2015. En d’autres termes, plus on vient d’un milieu défavorisé en France, moins on a de chances de réussir à l’évaluation PISA 2015 

• La progression d’une unité de l’indice PISA de statut économique, social et culturel entraîne une augmentation du score en mathématiques de 38 points, en moyenne, dans les pays de l’OCDE, et de 57 points en France – soit l’équivalent de bien plus d’une année de scolarité. La France affiche la différence de score la plus marquée de tous les pays et économies partenaires participants à l’enquête. Cette différence est stable depuis 2006 

• En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les élèves de 15 ans immigrés de la première génération accusent des scores en sciences inférieurs de 53 points à ceux des élèves non immigrés (contre un écart de 87 points en France). Les élèves immigrés de la deuxième génération obtiennent toutefois de meilleures performances et accusent des scores inférieurs de 31 points aux élèves non immigrés, en moyenne, dans les pays de l’OCDE (contre un écart de 50 points en France) 

• En France, les élèves de 15 ans des milieux les plus défavorisés sont surreprésentés dans les filières professionnelles. La différence de score en sciences entre les élèves des filières générales et ceux des filières professionnelles est de l’ordre de 43 points, après prise en compte de leur milieu socio-économique (contre une différence de 22 points en moyenne dans les pays de l’OCDE).

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
Cyril Hanouna, bouc-émissaire du nouvel ordre moral, par Éric Verhaeghe

Cyril Hanouna, dans son émission "Touche pas à mon poste!" sur C8, multiplie les blagues de mauvais goût. Cet humour...

Fermer