L’école publique en France, fabricante d’inégalités des chances

L'école publique en France est la première fabricante d'inégalités des chances, bien avant la naissance ou l'entreprise. L'OCDE l'a encore montré dans la dernière étude PISA. 

En France, les inégalités dans le niveau de performance des élèves en sciences sont toujours aussi fortes en 2015 qu'en 2006, alors même que l’insertion professionnelle des jeunes les moins qualifiés est difficile. Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’une des leçons d’OCDE - PISA 2015 est le lien étroit entre l'équité et la performance générale du système d’éducation. En d'autres mots, la capacité d’un système à faire progresser les élèves en difficulté améliore la qualité générale du système et donc sa performance globale. Or, plus on vient d’un milieu défavorisé en France, moins on a de chances de réussir selon l’évaluation PISA 2015. Ce constat est aussi valable pour les élèves de 15 ans issus de l'immigration (voir le Graphique I.7.4 de PISA 2015 ci-dessus).

• Dans tous les pays et économies participant à l’enquête PISA 2015, les élèves de 15 ans les plus défavorisés (quartile inférieur de l’indice du milieu socio-économique) sont moins susceptibles de réussir à l’école que leurs camarades plus favorisés (quartile supérieur de l’indice du milieu socio-économique). La différence de résultats entre ces deux groupes d’élèves est particulièrement marquée en France, où la relation entre performance et milieu socio-économique des élèves est l’une des plus fortes parmi les pays et économies participant à l’enquête PISA 2015. 

• La progression d’une unité de l’indice PISA de statut économique, social et culturel entraîne une augmentation du score en mathématiques de 38 points, en moyenne, dans les pays de l’OCDE, et de 57 points en France – soit l’équivalent de bien plus d’une année de scolarité. La France affiche la différence de score la plus marquée de tous les pays et économies partenaires participants à l’enquête. Cette différence est stable depuis 2006 

• En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les élèves de 15 ans immigrés de la première génération accusent des scores en sciences inférieurs de 53 points à ceux des élèves non immigrés (contre un écart de 87 points en France). Les élèves immigrés de la deuxième génération obtiennent toutefois de meilleures performances et accusent des scores inférieurs de 31 points aux élèves non immigrés, en moyenne, dans les pays de l’OCDE (contre un écart de 50 points en France) 

• En France, les élèves de 15 ans des milieux les plus défavorisés sont surreprésentés dans les filières professionnelles. La différence de score en sciences entre les élèves des filières générales et ceux des filières professionnelles est de l’ordre de 43 points, après prise en compte de leur milieu socio-économique (contre une différence de 22 points en moyenne dans les pays de l’OCDE).

Réformer l’École pour concilier excellence et réussite scolaire pour tous est le meilleur moyen de s’attaquer aux inégalités sociales à la racine. Il est également important de souligner que, contrairement aux idées reçues, les premiers bénéfices d’une bonne réforme peuvent déjà s’obtenir au bout de quelques années comme le montre les différentes études PISA. Plus encore, dans nombre de pays, les réformes fixant comme priorité la réduction des inégalités sociales n’ont pas conduit à un nivellement par le bas des performances. Bien au contraire, la proportion d’élèves en échec scolaire y a diminué, alors que, dans le même temps, celle des bons élèves y a augmenté.

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