L’erreur chirurgicale qui coûte un demi-million d’euros à un hôpital

C’est un accident qui va coûter cher à l’hôpital de Fougères. Suite à l’erreur chirurgicale d’un praticien survenue sur une patiente en 2009, l’établissement est condamné à verser près de 580 000€ entre les indemnités versées à la patiente, son assureur et sa mutuelle. De quoi ternir l’image de l’établissement.

Tandis que la Fédération Hospitalière de France alerte du déficit plus qu’alarmant qui règne dans les hôpitaux publics, un nouvel établissement défraie la chronique. Cette fois, ce n’est pas sa mauvaise gestion qui est remise en cause, mais son image… En 2009, une erreur chirurgicale subie par une patiente s’est accompagnée de multiples dépenses de santé supplémentaires. Une erreur qui coûte cher puisque le tribunal de Rennes a condamné l’hôpital à verser plus d’un demi-million d’euros, dont 25 000 euros à la patiente, 127 000 euros à son assureur (AXA) et 426 000 euros à la mutuelle sociale agricole (MSA).

Une erreur lourde de conséquences

Les conséquences ne sont pas seulement lourdes pour l’établissement, puisque la patiente subit de lourdes contraintes physiques suite à cet accident. Les faits surviennent en 2009 quand une patiente de 72 ans est opérée pour une tumeur colorectale. Un cas qui nécessite une intervention complexe dans le champ de la chirurgie digestive. Au cours de l’intervention, le praticien lui aurait sectionné l’uretère, nécessitant un transfert en urgences vers le site du CHU de Rennes. 

Depuis, la patiente accuse de nombreuses complications post-opératoires, avec neuf interventions survenues par la suite. En plus des frais d’hospitalisation, la patiente doit aussi assurer de nombreuses dépenses de santé liées notamment « à la dénutrition, la colostomie et la vessie neurologique » précise le tribunal.

L’hôpital reconnait sa responsabilité mais parle d’un « cas isolé »

C’est seulement trois ans après l’incident que l’hôpital breton a reconnu sa responsabilité suite à une expertise. Mais les deux parties ne sont pas tombées d’accord sur les montants d’indemnisation. L’année dernière, l’établissement a été condamné une première fois à verser à la victime et son assurance 75 000 euros.

Une chose est sûre, cette affaire risque de porter sérieusement atteinte à l’image de l’hôpital de Fougères. Mais la directrice ne semble pas plus inquiétée que cela, indiquant qu« (…)il s’agit d’une situation isolée qui ne remet pas en cause la qualité des soins et des interventions réalisées dans le bloc opératoire ». Mais les patients risquent bien de réfléchir à deux fois avant de se faire opérer dans le centre hospitalier.

Il y a un mois, un autre établissement a été condamné pour une erreur chirurgicale, celui de Lannion. L’hôpital a dû verser près de 268 000 euros à une patiente pour une prothèse de hanche mal implantée, qui a provoqué une maladie infectieuse sérieuse.

Le tribunal de Rennes précise que la patiente doit recourir « à l’intervention d’un personnel infirmier une fois par semaine pour la douche et une fois tous les deux jours pour les soins de stomie ». A cela s’ajoute l’aide d’une aide ménagère et l’aide quotidienne de son mari 

 

 

 

 

 

 

 

Le régime d’assurance maladie dont dépend la patiente estime que les frais engagés pour soigner son assurée sont revenus à près de 320 000 € depuis son accident chirurgical.

La MSA y ajoute les soins « futurs » liés aux dépenses pharmaceutiques, aux soins infirmiers et au matériel médical comme son lit médicalisé. Ces frais ont été évalués à 110 000 €. 

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