Les cryptomonnaies font un pas de géant pour leur acceptation par le monde islamique

La société américaine Stellar a reçu une certification de conformité avec la charia de la part de spécialistes financiers islamiques. Cette approbation concerne la blockchain mais aussi la cryptomonnaie accolée. Un premier pas pour la reconnaissance des cryptomonnaie par le monde islamique. 

C’est une première qui pourrait avoir de grandes conséquences. Comme le rapporte l’agence Reuters, la société californienne Stellar, a reçu une plus que précieuse certification. Plusieurs spécialistes islamiques auraient donné leur approbation pour le développement d’une plateforme blockchain mais aussi, et plus surprenant, d’une cryptomonnaie conforme à la charia. 

Le Lumens, cryptomonnaie hallal

Cette décision est historique dans le contexte actuel. Non pas parce qu’il s’agit d’une cryptomonnaie hallal. Ces dernières existent déjà. On vous avait, par ailleurs, déjà parlé du OneGram, une cryptomonnaie hallal dont la valeur est indexée sur le cours de l’or.

L’approbation qu’a reçu le Lumens, la cryptomonnaie développé par l’entreprise Stellar, va surtout modifier les interprétations de la nature d’une monnaie, que proposaient les érudits islamiques. L’islam définit comme monnaie « tout ce qui possède une valeur intrinsèque et dont les parties contractuelles sont satisfaites. » D’où l’autorisation du OneGram.

Seulement, dans le cas du Lumens, il s’agit d’une cryptomonnaie plus classique et dont la valeur est virtuelle et définit par les lois du marché comme n’importe quelle cryptomonnaie.

Pour obtenir sa certification, Stellar, dont le Lumens souffre aujourd’hui d’une capitalisation boursière de 4,3 milliards de dollars, a « exploré des partenariats avec des sociétés financières de la région du Golfe et la recherche d’une certification de conformité à la charia a contribué à élargir ces discussions. »

Nous avons cherché à travailler avec des entreprises qui facilitent les transferts de fonds, notamment aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite et à Bahreïn. C’est un énorme marché.

Lisa Nestor, directrice du partenariat chez Stellar

Si certains régulateurs avaient, par ailleurs, exprimés leur scepticisme, la présence du Bahreïn aurait changé la donne. L’Etat souhaite explorer les possibilités offertes par les cryptomonnaies pour devenir une plaque tournante des marchés financiers de la région. Et le Lumens serait particulièrement indiqué. Lisa Nestor explique qu’elle pourrait être utilisée pour des paiements transfrontaliers mais aussi pour la numérisation d’actifs.

Une définition qui change dans l’Islam

Cette certification a été donnée par le Shariyah Review Bureau (SRB), une société de conseil islamique agréée par la banque centrale de Bahreïn. Les érudits islamiques ont étudié la volatilité des cryptomonnaies et aussi la type d’actifs qui se trouvent derrière les jetons numériques.

N’ayant pas de valeur intrinsèque, ce dernier aspect posait particulièrement problème aux érudits. Mais le SRB a trouvé la parade en déclarant que le commerce du Lumens ne devait pas être considéré comme un moyen d’éviter d’avoir des actifs physiques, de payer des intérêts ou encore de faciliter la spéculation. Pour le SRB, le Lumens est avant tout un transfert de droits. Un commerce totalement admissible par l’Islam.

Alors que le monde islamique se posait encore la question de la considération des cryptomonnaies, certains la déclarant hallal, d’autres haram, cette récente décision pourrait ouvrir la voie à une intégration plus grande des cryptomonnaies.

Surtout, il s’agit de la deuxième bonne nouvelle en très peu de temps qui concerne les cryptomonnaies. Hier, nous annoncions à nos lecteurs que le Conseil de Stabilité Financière (FSB) estimait n’étaient pas un risque majeur pour la stabilité financière mondiale.

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