Négociations Unedic : les jeunes CDI et les employeurs punis ?

Le 1er octobre 2017, la nouvelle convention d'assurance chômage, négociée avec les syndicats de salariés, entrera en vigueur. Et l'un des points qui déchaine les passions est la fin de l'exonération temporaire de la contribution patronale de l'assurance chômage pour les salariés de moins de 26 ans signés en CDI. Si le gouvernement et les syndicats se félicitent, les patrons et les jeunes accueillent la mesure avec beaucoup de méfiance. 

Depuis le 1er juillet 2013, un jeune de moins de 26 ans embauché en CDI (soit directement, soit dans le cadre d'un CDD transformé en CDI) donnait droit à une exonération de la part patronale de la contribution d'assurance chômage, dans la limite de 4%. Suivant la taille de l'effectif de l'entreprise, la durée d'exonération s'entendait de 4 mois à 3 mois. Concrètement, avec la suppression de cet avantage financier, le coût du CDI va connaître un augmentation de son coût.

A l'inverse, l'utilisation des CDD courts n'était pas la solution puisque pour les contrats dont la durée était inférieure ou égale à 3 mois, une majoration de 0,5% de la part patronale des contributions dues au titre des CDD d’usage reste appliquée jusqu'en mars 2019. Elle varient selon la durée et le motif du recours au contrat à durée déterminée. 

Les jeunes de moins de 26 ans cotisent-ils pour un système dont ils ne peuvent pas profiter ?

Avec un peu de vice, il serait facile d'affirmer que le coût de la protection sociale serait un producteur de chômage. Cependant, en 2015, la Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques mettait en évidence le que le CDI n'était plus un gage de stabilité pour le salarié comme pour l'employeur. Une énorme partie des contrats signés étaient rompus en moins d'un an. En majeure partie, le motif est une démission pure et simple.

 En 2015, plus de 80,2% des CDI chez les 15-34 ans étaient rompus dans l'année de leur signature !

Alors, est-ce que le modèle de cotisation des jeunes pour l'assurance chômage est vraiment efficient ? Pas sûr sachant qu'actuellement, il faut pouvoir justifier d'au moins quatre mois de travail, mais aussi avoir subi un licenciement. 

Sauf que, la question de pouvoir ouvrir "les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent" une fois tout les cinq ans est débattue. Une mesure qui pourrait très fortement déplaire aux entrepreneurs qui verraient leurs salariés démissionnaires se faire indemniser.

 

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