Les hélicoptères militaires français volent au tiers !

Le sénateur d’Ille-et-Vilaine, Dominique de Legge, a présenté récemment les résultats de la commission sénatoriale sur la disponibilité des hélicoptères du ministère des armées. Selon son rapport sur l’état de la flotte d’hélicoptères militaires français, seuls 36% d’entre eux sont en état de voler…

Le pâle état des pales !

Selon la commission, l’état de la flotte est préoccupant ! Malgré une augmentation des crédits consacrés au maintien en condition opérationnelle (MCO), seul un hélicoptère sur trois est en mesure de décoller. En 2017, le taux de disponibilité moyen des hélicoptères du ministère des Armées s’élevait à 36%. Ainsi, sur un parc de 467 aéronefs, 161 (35%) étaient immobilisés dans l’industrie, 135 dans les forces (29%) et 171 seulement étaient disponibles.

La nouvelle LPM va-t-elle aider à rectifier l’état des hélicoptères ?

Le sénateur n’en est guère convaincu :

Les cibles fixées dans la précédente loi de programmation militaire (LPM) telle qu’actualisée en 2015 sont globalement maintenues. 
La LPM 2019-2025 ne mentionne cependant pas la commande NH 90 TTH permettant d’atteindre la cible de 115 hélicoptères de manoeuvre (pour compenser le retrait de service des derniers Puma), seule la cible de 74 aéronefs étant reprise dans le cadre de l’ « Ambition opérationnelle 2030 ».
Par ailleurs, le programme « hélicoptère interarmées léger » (HIL), qui se substituera à six flottes actuelles, est retardé. Les premiers aéronefs devraient par conséquent être livrés après la fin de la programmation, à partir de 2028, alors que Jean-Yves Le Drian avait annoncé une accélération de la procédure d’acquisition, avec une première livraison dès 2024. Or ce report n’a été que partiellement pris en compte.

Enfin, la marche financière la plus importante prévue en LPM n’étant prévue qu’en 2023, l’amélioration de la disponibilité des hélicoptères et l’augmentation de l’activité ne devraient intervenir qu’en seconde partie de programmation.

Dominique de Legge, sénateur 

Les rapporteurs de la commission recommandent 3 axes et 14 propositions d’amélioration… Les voici : 

Axe n° 1. Améliorer le pilotage financier

Recommandation n° 1 : afin de renforcer l’information sur l’état réel des parcs d’équipements, prévoir, au sein des documents budgétaires, des indicateurs permettant de mesurer la disponibilité technique (DT) des matériels et non uniquement la disponibilité technique opérationnelle (DTO).

Recommandation n° 2 : afin de mieux identifier le coût global du maintien en condition opérationnelle (MCO) aéronautique, déployer une comptabilité analytique agrégeant les dépenses des programmes 146 « Équipement des forces », 178 « Préparation et emploi des forces » et 212 « Soutien de la politique de défense » de la mission « Défense », le cas échéant par type d’aéronef (avions, hélicoptères, drones, etc.) et permettant, à terme, la mise en place d’une comptabilité générale retraçant les valeurs d’exploitation (stocks, immobilisations, etc.).

Axe n° 2. Renforcer l’efficacité du soutien opérationnel

Recommandation n° 3 : prévoir un indicateur permettant de mesurer la « profondeur des retards » des livraisons de pièces dans les contrats logistiques dont le suivi serait assuré par le maître d’ouvrage délégué.

Recommandation n° 4 : afin de réduire les cas d’indisponibilité liés aux attentes de pièces, mieux dimensionner les stocks de rechanges au sein des forces et chez les industriels.

Recommandation n° 5 : sous réserve d’un bilan coût-efficacité positif, étendre à d’autres flottes l’expérimentation menée sur le Caïman consistant à confier l’intégralité de la gestion du stock de rechanges à l’industriel.

Recommandation n° 6 : afin de renforcer l’efficience de la chaîne logistique et d’alléger la charge incombant aux maintenanciers, à défaut d’un système d’information logistique (SIL) unique, développer l’interfaçage des SIL existants et rendre systématique l’interfaçage des nouveaux SIL avec les actuels. Par ailleurs, afin de favoriser les échanges de données entre les différents acteurs du MCO aéronautique, développer des instruments permettant leur interopérabilité.

Recommandation n° 7 : afin de réduire la fréquence et la durée des immobilisations, passer en revue les règles de navigabilité et procéder à des ajustements, qu’il s’agisse des procédures suivies comme de la réglementation et l’interprétation qui en est faite.

Recommandation n° 8 : afin de permettre aux forces de bénéficier de certains savoir-faire des industriels en Opex, étudier les possibilités de recours accru à des personnels civils placés sous statut de réservistes.

Recommandation n° 9 : afin de pallier les difficultés dues à l’hétérogénéité des flottes et éviter les écueils liés au maintien des flottes anciennes, accélérer les livraisons du programme « hélicoptère interarmées léger » (HIL).

Axe n° 3. Faire évoluer les relations avec les industriels

Recommandation n° 10 : pour éviter de remettre en cause des dispositifs éprouvés, dans le cadre de la « verticalisation » des contrats,conserver les relations contractuelles bilatérales lorsque celles-ci donnent satisfaction, tout en veillant à une meilleure articulation entre les interventions de chaque acteur.

Recommandation n° 11 : dans ce même objectif, mettre en place des plateaux techniques co-localisés rassemblant personnels des forces et des industriels.

Recommandation n° 12 : afin de garantir le succès de la « verticalisation » des contrats, renforcer et professionnaliser la fonction « contractualisation » au sein de la direction de la maintenance aéronautique (DMAé).

Recommandation n° 13 : afin d’anticiper la fin de vie des matériels, intégrer le service industriel de l’aéronautique (SIAé) suffisamment tôt dans le cycle de vie.

Recommandation n° 14 : afin de garantir au SIAé une souplesse de fonctionnement liée à son caractère industriel tout en conservant une autonomie stratégique, envisager sa transformation en établissement public industriel et commercial et non en société anonyme.

Finalement le Général de Villiers disait-il autre chose que ce rapport sur ce point précis ? 

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