Les ordonnances Macron entrent dans la dernière ligne droite

Alors que la ratification des ordonnances réformant le code du travail ne fait pratiquement aucun doute, la contestation s'organise pour ce qui semble être un ultime baroud d'honneur. 

Les ordonnances modifiant le droit du travail passeront donc ce mardi à l'Assemblée. Alors qu'elles ont été signées par le président de la République, elles doivent encore être ratifiées, faute de quoi elles deviendraient caduques. Cette ratification, qui ne fait presque aucun doute, symboliserait la première grande réforme sociale de ce quinquennat. 

Un passage obligatoire qui ne devrait pas poser problème

Les députés vont passer au crible ces textes pendant une semaine, en ayant la possibilité d'y apporter toutes les modifications qu'ils jugeront nécessaires. Et ce, jusqu'à mardi 28 où se déroulera le vote solennel avant la transmission du dossier au Sénat. 

Parmi toutes les mesures contenues dans ces ordonnances, on retrouve la fixation du barème des indemnités prud'homales, la possibilité pour les entreprises de lancer des plans de départs volontaires autonomes si l'accord est homologué par l'administration du groupe ou encore l'appréciation au niveau national plutôt que mondial des difficultés économiques d'un groupe licenciant. 

Une ratification presque sans suspens

Il y a peu de chances que ces textes ne soient pas approuvés dans leur globalité tant le projet de loi a été largement approuvé début août avec les voix des majorités LREM et MoDem mais aussi des LR et Constructifs. 

Mais une fronde tente, tant bien que mal, de s'organiser. Et ces sont les trois groupes de gauche -la Nouvelle Gauche, les communistes et les insoumis- qui vont tenter de modifier les ordonnances tant qu'elles ne sont pas ratifiées. Pas sûr pour autant que ce projet de fronde soit viable. LREM ne souhaite pas "rejouer les débats amples et intenses" de l'été, où ces groupes avaient tenté de faire barrage à presque chacune des dispositions. "Nous nous attendons à un peu plus de mesure dans l'hémicycle, explique le rapporteur Laurent Pietraszewski (LREM). Je n'ai pas vu de volonté d'obstruction" dans le récent examen en commission. 

Le seul argument qui pourrait éventuellement faire reculer le gouvernement serait une mobilisation massive dans la rue comme le rappelle Adrien Quatennens. Mais là encore, ce scénario a peu de chances de se produire aux vues de la dernière manifestation ce jeudi où l'union syndicale et la mobilisation n'ont été que peu présentes. 

Pour LREM, les ordonnances sont "un ensemble cohérent".

La Nouvelle Gauche dénonce "un élément supplémentaire d'une politique économique libérale qui accroîtra encore les inégalités.

De leur côté, les Communistes ont promis de "continuer la bataille pour contester ou limiter au maximum les ordonnances."

Chez les Insoumis, la mobilisation reste forte face à "un plan de marche anti-social" alors que Jean-Luc Mélenchon reconnait que "la résistance a beaucoup pâti de la division syndicale."

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