Le montant des primes des français médaillés au JO d’hiver de 2018 publié au Journal Officiel

Le gouvernement a publié au Journal Officiel le montant des primes versées aux athlètes français médaillés durant les Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang (Corée du Sud) en 2018. Ces primes à la performance versées par l’Etat ne sont, par ailleurs, plus soumises à l’impôt sur le revenu. 

Sportifs de haut-niveau et impôts. Une association qui fait rarement bon ménage. Mais dans un soucis de transparence, le gouvernement a publié ce jeudi 19 avril au Journal Officiel, le montant des primes perçues par les athlètes français médaillés aux Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang. 

Des primes d’Etat depuis 1984

Le système de primes à la performance ne date pas d’aujourd’hui. Les premières primes françaises datent de 1984 lors des JO de Los Angeles. Et jusqu’en 1996, les montants étaient différents s’il l’athlète était paralympique ou non. Ainsi, les médailles d’or, d’argent et de bronze rapportaient respectivement  38 113€, 18 294€ et 12 196€ à un athlète valide. Pour son homologue touché par un handicap, elles n’étaient que de 1 524€ pour l’or, 915€ pour l’argent et 610€ pour le bronze.
 
Les montants pour les deux catégories augmentent à chaque édition mais il faut attendre 2008 et les JO de Pékin pour voir une égalité entre athlètes olympiques et paralympiques. Ainsi, elles correspondent aux montants évoqués dans le décret (ci-dessus) soit 50 000€ pour la plus haute marche du podium, 20 000€ pour une seconde place et 13 000€ pour le bronze. 
 

Martin Fourcade, grand gagnant : 270 000€ de primes entre 2014 et 2018

Evidemment, ces primes sont cumulatives en cas de bons résultats dans plusieurs disciplines. Et à ce jeu là, le biathlon français est la discipline qui « coûte » le plus cher à l’Etat français. Et pour cause, Martin Fourcade est l’un des athlètes les plus talentueux de sa génération. Il est le français le plus titré aux JO avec 5 médailles d’or et 2 médailles d’argent.
 
Il a d’ailleurs été particulièrement prolifique lors des derniers JO d’hiver à Pyeongchang en Corée du Sud avec trois médailles d’or, soit 150 000€ de primes. Pour rappel, il avait déjà remporté deux médailles d’or et une médaille d’argent à Sotchi, en Russie, quatre ans auparavant soit 120 000€.
 
Au total, la France a remporté 5 médailles d’or, 4 médailles d’argent et 6 médailles de bronze aux JO de Pyeongchang. Elle a donc versé 408 000€ à ses athlètes valides. 
 
Il faut aussi rendre hommage aux sportifs paralympiques français qui ont opérés une véritable razzia sur les médailles en Corée du Sud avec 20 présences sur le podium. Marie Bochet a réalisé un quadruplé en or. Finalement, la France repart des JO Paralympiques 2018 avec 7 médailles d’or, 8 d’argent et 5 de bronze. Les comptes ont eux, été délestés de 575 000€. 
 

Mais les sportifs ne touchent pas l’intégralité des primes. Une partie est reversée à leur staff. En ce qui concerne les guides qui accompagnent les sportifs mal-voyants, ils touchent la même somme que les athlètes qu’ils accompagnent.

Gare à ceux qui voudraient frauder !

Ces primes ne sont plus soumises à l’impôt sur le revenu depuis 2016 car nombre de sportifs ne vivaient pas de leur sport ou de leur contrat de sponsoring. Dans ce cas, le gouvernement prévoyait l’étalement des primes touchées sur quatre ans, permettant des paiements d’impôts minorés. 

La tentation était aussi grande de s’expatrier afin d’éviter les redressements fiscaux. Dans ce cas, l’article 2 du décret entrait en jeu. Il prévoit la « une minoration de la prime de 15% pour les athlètes fiscalement résidant hors de la France.« 

Une situation qu’a refusé de connaître Martin Fourcade. Face à Jean-Jacques Bourdin, il expliquait qu’il ne pourrait jamais s’expatrier, encore moins en Suisse.

C’est quelque chose qui nous traverse l’esprit quand on est sportif de haut-niveau, que l’on a de hauts revenus. Mais ce quelque chose qui ne me correspond pas. Et si un jour je pars habiter en Suisse, je n’exclue pas cette hypothèse, ce ne sera pas pour des raisons fiscales. Ce sera pour un travail. Je n’exclus pas d’habiter à l’étranger mais ce ne sera jamais pour des raisons fiscales. 

Lors de l’apparition des primes en 1984, McDonald’s lance une opération marketing associée à la compétition. Les clients liés aux événements reçoivent un soda en cas de médaille de bronze à une épreuve, un lot de frites en cas de médailles d’argent et un hamburger pour un titre olympique. Les calculs étaient fait sur les Jeux de 1976 où les Etats-Unis ont remportés 94 médailles.

Seulement, avec le boycott de la compétition par l’URSS, les Etats-Unis remportent 174 médailles dont 83 en or. McDonald’s passe tout près de la banqueroute et perd des millions de dollars. 

Si les primes françaises pour une médaille d’or s’élèvent à 50 000€, certaines nations n’hésitent pas à offrir des sommes mirobolantes en cas de podium. Ainsi, d’après l’étude de l’agence Statista portant sur les Jeux de Rio, l’Azerbaïdjan promettait 450 000€ à ses athlètes en or. Du côté de l’Indonésie, la prime était de 345 000€ pour un titre olympique. Les athlètes français sont moins bien loties que leur homologues italiens qui reçoivent 150 000€ mais beaucoup mieux que les allemands qui émanent à 20 000€. Les athlètes dorés américains recevaient 22 500€ quand les anglais ne recevaient aucune prime.

Source : Statista   

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