Les souffrances des esclaves de la dette commencent, par Simone Wapler

Cet article provient du site La Chronique Agora.

Le resserrement monétaire de la Fed commence à produire ses effets. Les taux montent et les taux de défaillance commencent à embrayer.
 
Les taux montent…
 
C’est lorsque les taux montent que les déficits et les dettes – qui n’avaient pas d’importance jusque là – deviennent douloureux.
 
Le gouvernement américain emprunte désormais à 10 ans à 3,08%.
 
Les rendements du bon du Trésor US à trois mois s’approchent de 2%, comme en 2008.
 
 
Qui se souvient encore de la dernière remontée des taux ? La Fed a pratiqué le resserrement monétaire de 2004 à 2006 – et à un peu plus de 5% sur ses taux directeurs, les défauts de paiement se sont multipliés et la pyramide de dettes s’est finalement effondrée, comme le rappelle Bill Bonner.
 

Les contribuables, esclaves de la dette publique

 
Un peu d’arithmétique élémentaire : si un pays est endetté à hauteur de 100% de son PIB et que la croissance de son économie est inférieure au taux d’intérêt moyen de sa dette, il va être difficile à ce pays de prétendre qu’il peut honorer sa dette. Les esclaves de la dette publique – les contribuables – seront appelés à la rescousse.
 
Aujourd’hui, aux Etats-Unis, la croissance est de 2,9%, le taux d’intérêt du bon du Trésor à 10 ans dépasse 3% et le ratio dette sur PIB est de 105,40%.
 
En Europe, la planche à billets le BCE actionnée par Mario Draghi suffit encore à maintenir les taux d’intérêt largement en dessous du seuil fatidique de 2,5% (le taux de croissance de la Zone euro) mais la croissance baisse et la chute de l’euro n’encourage pas les prêteurs étrangers.
 
Enfin, les pays émergents, qui ont emprunté en dollar, peuvent bientôt se retrouver en difficulté en raison de la hausse du dollar. Des fonds de pension se sont chargés de dette des pays émergents pour aller chercher des rendements, et des retraités risquent de voir leur rente chuter. Une crise de la dette émergente pourrait se profiler.
 

Les esclaves de la dette privée bientôt à genoux ?

 
Les esclaves de la dette privée sont les consommateurs à crédit et les acheteurs d’immobilier à crédit. Le taux de défaillance sur cartes de crédit commence à monter aux Etats-Unis.
 
Rappelons que dans le monde, la plupart de ces crédits sont contractés à taux variable.
 
Le cas de la France – où les banques accordent des crédits immobiliers à taux fixe – est une exception. D’ailleurs, la Banque centrale européenne, le Comité de Bâle et même le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) ont rappelé plusieurs fois aux banques françaises le danger de cette pratique dans un contexte de hausse des taux. Le Comité de Bâle souhaitait même que cette exception cesse.
 
Le comité a reporté sine die son projet. Car le travail de lobbying a porté ses fruits, et parce qu’il y a eu une véritable prise de conscience au niveau européen, notamment, des effets dévastateurs des propositions concernant le risque de crédit. Mais attention, aucun risque n’est jamais écarté, même s’il y a eu un consensus autour de la nécessité de ne pas avancer dans la voie proposée par le comité de Bâle.
 
cBanque, Crédit immobilier : les taux fixes à la française sont-ils sauvés ?
 
Dans les pays pratiquant le crédit immobilier à taux variable, la situation pourrait vite se dégrader.
 
Les amoureux français de la pierre seraient-ils quant à eux sauvés par l’exception du taux fixe ?
 
A priori, les emprunteurs français souffriront moins, sauf en cas de besoin de refinancement.
 
Car il ne faut pas perdre de vue un grand principe : lorsque les taux sont bas, tout se paye cher ; lorsque les taux montent, les prix baissent car il y a moins d’acheteurs pour un même bien. [NDLR : Vous planchez sur votre IFI et vous vous demandez comment estimer au mieux vos biens immobiliers ? Notre Rapport Spécial vous donne les clés d’une juste évaluation de vos biens. Que ce soit dans le cadre d’une estimation pour l’impôt sur la fortune immobilière, d’une transmission ou d’une mutation, de la sortie d’une indivision, vous aurez toutes les méthodes de chiffrage, y compris celles utilisées par le fisc et celles qui lui sont opposables.

Article écrit par Simone Wapler pour La Chronique Agora.

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